Classé dans : économie et finance
Les deux caractéristiques essentielles du capitalisme financier sont la mainmise sur l’économie de l’actionnariat et la concurrence effroyable que se livrent les différents pays par la fiscalité, les bas salaires, le taux de la monnaie le plus bas possible ainsi que le minimum de protection sociale et environnementale. De tout ceci on peut dire que la France y a laissé une grande part de son industrie et a donc globalement été perdante si on excepte les actionnaires.
Au-delà des délocalisations et des licenciements que certains veulent déjà interdire, il faut s’attaquer aux racines de ces délocalisations. Pour les Français salariés, la mondialisation ne leur donne l’alternative qu’entre perdre leur emploi ou avoir un salaire de plus en plus réduit.
Il faut donc avant tout sortir du capitalisme actionnarial ou dans un premier temps le réduire. Cela consiste à développer à nouveau le capitalisme bancaire. Les banques sous contrôle de l’état (donc au service de l’intérêt général) auront comme rôle de prêter de l’argent aux entreprises à des taux raisonnables. Il va de soi que les banques ne seront arrangeantes qu’avec les entreprises qui restent sur le sol national.
Chez les libéraux, il est de bon ton de se moquer du capitalisme d’Etat des trente glorieuses où la France avait des taux de croissance de 5-6% et un taux de chômage négligeable ! Les grandes réalisations françaises se sont pratiquement toujours faites sous impulsion étatique.
Pour contrer la deuxième caractéristique du capitalisme financier, c’est-à-dire la concurrence folle que se livrent les différents pays par leurs caractéristiques économiques (fiscalité, faibles coûts salariaux, … ) il n’y a pas d’autre solution qu’un protectionnisme raisonné.
Les partisans acharnés du libre-échange sont de deux sortes :
- les cyniques qui veulent profiter des disparités économiques des différents pays pour augmenter leurs profits en tirant les salaires vers le bas,
- les imbéciles qui croient de façon plus ou moins honnête que le bonheur de l’humanité se trouve dans le néolibéralisme et le libre-échange. Pour eux, il est bon que l’essentiel de la production se trouve en Chine qui utilise ses centrales au charbon ultra polluantes ; les pays européens sont en général plus soucieux de l’environnement.
Les multinationales appartiennent bien sûr aux premiers. Le protectionnisme a aussi l’avantage de pouvoir tenir compte de toutes les préoccupations environnementales, le nationalisme économique ne s’oppose nullement à la défense des salaires et de l’écologie.
Il ne faut pas sous-estimer les puissances financières qui feront tout ce qui est possible pour s’opposer à tout protectionnisme. L’ensemble des médias se trouve entre leurs mains.
L’apologie du libre-échange est une escroquerie intellectuelle qui ne profite qu’à quelques uns au détriment de l’immense majorité des salariés.
Le protectionnisme a toujours existé et existe encore sous des formes extrêmement variées, surtout dans les pays émergents. Ce que les financiers appellent libre-échange n’est que l’utilisation sous toutes ses formes des différents protectionnismes locaux qui existent dans chaque pays.
Cette politique protectionniste ne sera ni de droite, ni de gauche puis que c’est le gouvernement de l’ancien trotskiste Lionel Jospin qui a le plus déréglementé et mis en place le capitalisme financier en France. Cela avait déjà commencé en 86 par Bérégovoy (autre socialiste). La gauche, sur le plan économique, avait complètement accepté le capitalisme financier et son cortège de chômage. Elle est donc très mal placée pour donner des leçons, en étant réduite à faire du sociétal (PACS, favoriser les immigrés au détriment des Français d’origine,… ). On peut d’ailleurs à ce sujet citer la parution burlesque du livre de Delanoë, qui en pleine crise du capitalisme financier, déclare son amour pour le libéralisme. Cela lui a sans doute coûté sa place de secrétaire du parti socialiste. L’éléphante de gauche Martine Aubry en a profité.
Le protectionnisme a aussi l’avantage de limiter les transports puisque la production se fait sur place, autre atout écologique. L’Etat doit inciter à une réelle politique industrielle. Il faut donc sortir de la forme actuelle de la construction européenne qui n’a fait que mettre en place le tout libéral depuis son origine (traités de Maastricht et de Lisbonne).
L’extrême-gauche a souvent été contre la construction européenne par esprit antilibéral. La droite nationale r a été par esprit souverainiste. Une réflexion souvent entendue de la part de Ducon la Joie est celle-ci : « Les extrêmes se valent ». Nous répondrons : « Pas tout à fait », les objectifs n’étant pas les mêmes, la droite nationale ne désirant qu’une économie forte au service d’une France forte où chaque Français pourrait se sentir fier de travailler au service de son pays.
Patrice GROS-SUAUDEAU juin 2009
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