La politique en textes !

La dictature de l’extrême centre
20 avril, 2010, 11:30
Classé dans : plus ou moins philo,politico-historique

La polémique actuelle sur le terme extrême-droite est particulièrement intéressante puisque tout est langage en politique plus qu’ailleurs.

Le terme le plus injurieux étant bien sûr «extrême». Lorsqu’on traite quelqu’un d’extrémiste, c’est sous-entendre que la personne qui qualifie ainsi l’autre détient la vérité, la raison, la modération et que l’opinion de l’autre est celle d’un dangereux excité.

Dans le débat politique actuel, la modération consiste donc à accepter l’invasion de son pays et la disparition de celui-ci, l’extrémisme étant de refuser cet état de fait. Vouloir le droit du sang jus sanguinis) plutôt que le droit du sol jus soli) serait une opinion extrême alors que des pays aussi différents que l’Espagne, l’Italie, L’Allemagne, l’Irlande, Israël le pratiquent. Favoriser le retour des immigrés dans leur pays serait aussi d’un extrémisme délirant alors que sous Giscard et Barre ( centristes déclarés) cela avait été organisé. Bref, tout cela pour dire que le terme extrémiste est utilisé comme arme de combat et est donc totalement subjectif.

Ce qui est appelé actuellement le centre exerce donc sur notre pays un véritable totalitarisme de la pensée. Il est en effet caractéristique, lors que l’établissement parle de lui-même (avec l’utilisation de la répétition qui se veut créatrice de vérité) il se définit comme le représentant de l’intelligence, du savoir, du bien et que le courant national ne représente que la bêtise, le mal et l’ignorance. « Le Front National est le mal absolu » (déclaration de Pierre Mauroy). Cette attitude traduit une volonté de dictature intellectuelle sur les esprits. Toute personne par exemple ne partageant pas l’idéologie des droits de l’homme sera ravalée au rang d’individu de second rang sur lequel toutes les sanctions seront légitimes : carrière brisée, préjudices économiques, et financiers et pourquoi pas même perte d’emploi… toutes ces persécutions se justifiant pour défendre les droits de l ‘homme et la liberté sans oublier la tolérance : encore un nouveau terme inventé par les hommes pour en persécuter d’autres en son nom, la tolérance se définissant en fin de compte comme un ensemble d’idées partagées par un groupe politique et décrétant comme intolérables les idées qui ne sont pas celles de ce groupe.

Pourtant la critique des droits de l’homme (non croyance en un homme abstrait sans passé ni Histoire) est assez proche de celle de Marx pour qui cependant l’homme charnel ou concret est celui de sa classe d’origine à la différence de Burke qui le définissait dans sa nation, communauté des vivants et des morts.

Pour tout un courant de la gauche, les droits de l’homme ne sont simplement qu’une construction idéologique au service de la bourgeoisie.

Un domaine où la pensée centriste exerce un véritable terrorisme intellectuel et psychologique est, bien sûr, tout ce qui concerne le racisme. Traiter quelqu’un de raciste prend parfois des allures d’appel à la dégradation morale et sociale et même parfois d’appel au meurtre. Et pourtant, tout comportement humain est fondé sur le choix qui est par nature raciste. Choisir certains plus que d’autres, c’est souvent rejeter les gros, les moches, les incultes, les fauchés … mais tout ceci dira-t-on est parfaitement légal. Il y a donc des racismes légaux et légitimes et d’autres illégaux et illégitimes. Dire par exemple que l’on déteste le biniou ou les danses bretonnes est la preuve d’un parisianisme branché, mais laisser sous-entendre que l’on n’aime pas la musique africaine fait peser un lourd soupçon de racisme. L’idéologie centriste ne a mis en place tout un arsenal législatif pour que les individus ne puissent penser que ce qui est politiquement correct de penser. Si le philosophe Nietzsche avait vécu à notre époque, qu’aurait-il eu le droit d’écrire ?

L’extrémisme centriste secrète ses antiracistes, véritables obsédés de la race, dont les meilleurs représentants sont ceux de la publicité Benetton. En voulant perpétuellement la détruire et prouver qu’elle n’existe pas, ils la font en fin de compte exister plus que chez n’importe quel «raciste» moyen ? « Ce qui a toujours besoin d’être prouvé, ne vaut pas grand-chose » (Nietzsche)

La devise de notre république centriste : « liberté, égalité, fraternité » est devenue sinistre par son hypocrisie, déconnectée de tout ce que ressent la population. Liberté de quoi ? Jamais notre société n’aura produit autant d’individus morts de peur d’afficher des idées qui pourraient leur nuire. Les seules idées «courageusement» affichées sans risque sont celles de l’établissement actuel. Peut-on appeler cela la liberté ?

Passons sur le terme égalité qui rappelle de façon provocante toutes les inégalités physiques (voir le culte des top-modèles), intellectuelles, économiques et autres que constatent tous les hommes. Quant au mot fraternité: dans une société où l’argent est roi, il n’y a que mépris pour ceux qui n’en ont pas, peu ou pas assez. « Celui qui à cinquante ans n’a pas une Rolex est un raté » (Séguéla)

L’étonnement politique de l’établissement centriste à propos de la bibliothèque municipale d’Orange, où l’on a semblé découvrir qu’un parti politique a tendance à favoriser les livres et les journaux qui lui sont proches. Il suffit pourtant d’examiner ce qui se passe dans les municipalités de gauche ou les lycées-collèges tenus par les syndicats gauchistes où il est très difficile si ce n’est impossible de trouver un journal comme Le Figaro, le pouvoir centriste s’appuyant idéologiquement sur la gauche et inversement pour contrecarrer les idées nationales et de droite. Le centre qu’il soit de droite ou de gauche a donc comme tous les courants politiques ses procureurs et ses inquisiteurs comme Martine Aubry véritable «Torquemada» de la laïcité et de la social-démocratie. Ne faudrait-il pas créer un observatoire de l’extrême-centre ?

Nous conclurons donc que le mot d’extrémisme est totalement artificiel et créé par un groupe politique qui arrive à faire croire à une population que les idées actuelles sont la norme et que celles des autres courants ne peuvent être appliquées à cause de la «réalité». Il n’y aurait pas d’autres possibles. L’Histoire qui est mouvement, heureusement prouve que tout peut parfois basculer. Les idées qui étaient qualifiées d’extrémistes deviennent alors la norme et inversement.

Patrice GROS-SUAUDEAU


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