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LES DROITS DE L’HOMME A L’ÉCOLE
24 avril, 2010, 0:23
Classé dans : plus ou moins philo

L’ancien Ministre Malhuret a voulu instaurer l’enseignement des Droits de l’Homme à l’école en nous présentant cela comme une avancée dans notre société. Peu de Français se rendent compte de la gravité et de la menace intellectuelle qui vont peser sur les jeunes Français, pourquoi ?

Il y a en effet trois sortes de discours :

  1. Le discours heuristique ou scientifique,

  2. Le discours dialectique,

  3. Le discours apologétique ou religieux.

Dans le cadre d’un enseignement scolaire ou universitaire, seuls les deux premiers discours ont leur place.

Le discours scientifique étant celui des mathématiques, de la physique et de la biologie… Toute assertion doit être fondée sur la preuve. Ce discours forme donc à la rigueur et ne peut être suspecté d’erreur ou de partialité dans le cadre de la connaissance scientifique actuelle.

Le discours dialectique, émettre une idée, ensuite son contraire et faire la synthèse est celui de la littérature, de la philosophie et de l’histoire, du moins en partie.

Tout élève peut contester une idée, s’il donne des arguments valables qui contredisent une assertion. Ce discours forme à l’agilité des esprits, à l’imagination et à la contestation un des moteurs de la pensée et de l’histoire occidentale, puisque de nombreux domaines de la connaissance ne peuvent être enfermés dans un cadre rigide de logique formelle.

Le seul discours qui n’a donc pas sa place dans un enseignement est le discours apologétique qui est celui des Droits de l’Homme. Cet enseignement né laisse pas d’autres alternatives à l’élève que de les magnifier s’il veut avoir une « bonne note ».

Sur quelles bases scientifiques sérieuses peut-on établir que les hommes naissent égaux. On nous dit sur des bases morales, mais quelle morale ? Y aura-t-il une morale officielle ou d’Etat, ce qui serait en contradiction totale avec la liberté de conscience.

D’éminents esprits européens n’ont pas partagé la philosophie des Droits de l’Homme. En revanche, un élève qui ne la partagera pas saura consciemment ou inconsciemment que cela ne pourra que lui nuire s’il l’expose.

Ce sera donc la première fois dans notre enseignement que de façon institutionnelle, on va opérer à un véritable viol des jeunes consciences. Il faut dénoncer avec la plus grande vigueur ce retour moyenâgeux à une nouvelle scolastique, dangereuse pour l’esprit.

« La caractéristique de la période scolastique est bien à coup sûr celle que Tenneman lui a si exactement attribuée : c’est la tutelle exercée par la religion d’Etat sur la philosophie qui doit se contenter de confirmer, d’illustrer les dogmes capitaux que lui impose cette souveraine »

(A. Schopenhauer).  (Le Monde comme volonté et comme représentation).

Patrice Gros-Suaudeau


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