La politique en textes !

APOLOGIE DU SPORT ou les bienfaits du sport.
8 mai, 2010, 18:58
Classé dans : éducation et enseignement

Enfant, j’allais souvent le dimanche matin avec mon grand-père, un pur Vendéen qui s’est senti comme tel toute sa vie, rendre visite à l’Eglise Notre-Dame des Ardilliers où se trouvait la statue d’un Saint Vendéen.

On passait devant le Café des Sports, qui ne méritait en rien son nom, endroit où se réunissaient pas mal d’arsouilles de la ville.

De la rue, j’arrivais à lire de loin dans le fond du café, gravée en lettres d’or, la maxime « LE SPORT AMELIORE LE PATRIMOINE DE LA RACE ».

Cette formule faisait un peu incongrue au milieu de tous ces alcooliques personnages d’anthologie à la trogne toute rouge, qui tournait au violet le soir à la fermeture.

Mais cette maxime avait un grand fond de Vérité. Elle a hélas été effacée sans doute sous la pression des francs-maçons de la ville.

Je ne sais pas si c’est à ce moment-là que j’ai appris. à aimer le sport. L’après-midi, j’aillais toujours avec mon grand-père, voir l’équipe de foot locale, évoluer dans des machts minables contre d’autres équipes de la région. A la mi-temps, c’était le prétexte d’aller pour tous les spectateurs s’envoyer plusieurs canons à la buvette faite de tables de bois.

A l’époque, le sport avait pour moi, l’odeur du gros rouge.

S’il améliorait le patrimoine des joueurs, il ne semblait pas beaucoup améliorer celui des spectateurs.

Dans le fond, je préférais le rugby plus viril à mes yeux.

J’aimais le contact physique des costauds du coin qui se rentraient dans le lard. Les grandes chevauchées qui avaient, à la fois quelque chose de romantique et de sauvage me fascinaient. N’étant pas du midi, j’imaginais un plus beau rugby là-bas, celui du terroir et des clochers qui actuellement devient cosmopolite et celui de l’argent.

La boxe où l’on voyait deux types se taper sur la gueule pendant un bon moment, me plaisait moyennement.

Tous les sports sont louables, mais le sport qui exprime le plus le génie de la race est le vélo. Nos héros nationaux, qu’ils s’appellent Anquetil, Poulidor ou Hinault, sont les plus purs produits du pays. Le Normand Anquetil était l’aristocrate, le Don Quichotte du vélo. Et comme tous les Seigneurs, il était respecté mais pas trop aimé .

Par opposition Poupou était le peuple. On a beaucoup donné d’explications pseudo-intellectuelles sur l’affection des Français envers Raymond Poulidor. La vérité est toujours plus simple. C’est que les Français se reconnaissent physiquement en lui.

Ceux des campagnes croyaient se voir sur un vélo. Quant à ceux des villes, ils s’imaginaient leur père ou leur grand-père en train de pédaler.

Le vélo offre parfois des champions encore plus humains que les humains.

Lorsqu’on regarde en film Jean Robic, on souffre en même temps que lui à chaque coup de pédale.

Toute la souffrance de ce sport s’exprimait sur son visage.

Chaque effort était accompagné d’une grimace où se lisait une douleur indicible. Il montait sur son vélo au début d’une étape, comme d’autres descendent à la mine.

Le voir se battre sur son engin était quelque chose, plus pour gagner son pain que les étapes.

Ce bagnard, ce forçat du vélo transperçait les cœurs.

Maintenant le vélo a pris la couleur du fluo et de la technique ultra-sophistiquée. Actuellement, UlIrich représente la fierté germanique, mais on commence déjà à lui reprocher son physique trop teuton, le racisme anti-allemand n’étant guère dénoncé par S.O.S. Racisme.

(Certes on le verrait bien debout sur la tourelle d’un char d’une Panzerdivision). N’ayant pas cette bassesse, et n’étant jaloux de rien, j’admire ses exploits actuels. Le Tour du France est aussi un prétexte pour découvrir le génie du paysage français.

La seule ombre au sport actuel est l’utilisation des dopants, puisque l’équipe américaine a malheureusement donné l’exemple aux Jeux Olympiques de Berlin en 1936. Il n’y a pratiquement plus de sportif «nature».

En vieillissant on peut toujours pratiquer la course, et soulever de la fonte. Cela conserve à défaut « d’améliorer le patrimoine de la…». Il y a des termes qu’il faut éviter d’employer trop souvent, sous peine d’être poursuivi ou d’être traité comme un pestiféré. Cela ne me dérange pas, car j’ai toujours pensé par moi-même en dehors du terrorisme intellectuel ambiant.

En conclusion, nous n’insisterons jamais assez sur les vertus bénéfiques du sport, qui en plus de forger le caractère est une école de dépassement de soi, terme qu’il est «encore» permis d’utiliser.

Patrice GROS-SUAUDEAU


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