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DISCOURS D’INAUGURATION. À PROPOS DU MUSÉE DES ARTS PREMIERS : CHIRAC EST-IL UN OCCIDENTAL ?
10 mai, 2010, 12:31
Classé dans : politico-historique

On savait déjà que le Président de la France n’avait guère la tripe française, mais cela va beaucoup plus loin: on peut même dire qu’il n’est en rien une émanation de l’Occident sur le plan culturel, ce qui est stupéfiant pour un chef d’état de notre pays.

La décision de créer le musée des arts «premiers» en est la démonstration. Dans le fond, Jacques Chirac n’aime rien de ce qui est occidental ou européen. Tout cela est trop intellectuel, trop complexe, trop raffiné pour son cerveau. A Mozart il préfère les combats de sumos qu’il comprend mieux, ce qui n’est pas vraiment un summum de la culture japonaise. Un homme mal dégrossi peut-il comprendre Bach, lorsqu’il nous prend par la main pour nous emmener au ciel et danser avec les anges ?

Toute la culture occidentale s’est construite sur une complexité grandissante et un raffinement de plus en plus pointu au cours des siècles, toutes choses dont Jacques Chirac n’est manifestement plus à la hauteur. Il préfère les formes plus «primitives» des arts premiers.

Les deux piliers de la culture occidentale depuis les Grecs sont la Science et la philosophie, deux formes de la raison qui à la fois s’opposent et se complètent. Jeune, Chirac avait commencé des études en Mathématiques Supérieures, mais ayant sans doute trouvé les mathématiques trop compliquées, il avait bifurqué vers la politique.

Quant à sa pensée philosophique, à part bêler dans le politiquement correct, on ne lui connaît rien d’autre.

À la différence d’un Pompidou ou d’un Mitterrand, on ne lui reconnaît aucune connaissance ou sensibilité littéraire ou artistique. Giscard était cérébral. Chirac a réussi l’ENA en besogneux.

À Philippe de Villiers atterré ne déclarait-il pas que « Les racines de l’Europe sont autant musulmanes que chrétiennes ». Bien plus qu’une ignorance crasse, ce qui n’est pas si grave, cette phrase dévoile sa pensée (si on peut appeler cela une pensée) et sa personnalité qui se soumet déjà aux futurs occupants selon lui de notre pays. N’avait-il pas déjà déclaré que la France est une puissance musulmane. Le musée des arts premiers n’est que la célébration de la haine de soi de Jacques Chirac et de la haine qu’il éprouve envers la culture occidentale qu’il n’a jamais assimilée, n’en ayant pas les capacités. Quand on n’est pas au niveau de sa propre culture, il ne reste plus qu’à la dénigrer.

Eric Zemmour avait écrit un livre sur « l’homme qui ne s’aimait pas ». Il avait mis le doigt là où ça fait mal. Madame Chirac avait répondu à Eric Zemmour que cela n’était pas vrai, connaissant bien son mari de prés. Le journaliste avait répondu avec pertinence que l’on voyait parfois mieux de loin que de près.

Cette haine de soi a un prolongement curieux puisque le Président d’un pays censé être le garant de son Identité et de son «génie» en vient à célébrer les autres identités et à rabaisser la sienne.

Lorsque Jacques Chirac parle de dialogue entre l’Islam et l’Occident, on devine tout ce que cette proposition contient de malsain et dangereux venant de lui, un dialogue basé sur la négation de soi, la culpabilité et l’acceptation que l’autre nous envahisse et nous supplante physiquement et culturellement. En plus, que veut dire ce dialogue de la part de quelqu’un qui n’est qu’une émanation douteuse de l’Occident et est même passé de l’autre côté. Il faudrait analyser les raisons de cette attitude, sans doute celle d’un homme surestimé par rapport à sa fonction.

La seule consolation est que cela va bientôt finir. On peut quand même être inquiet lorsqu’on voit Sarkozy jouer à plus américain que les Américains et écouter notre hymne national la main sur la poitrine comme les Ricains. « Un caniche des États-Unis » selon l’expression de Laurent Fabius. Sarkozy, petit bonhomme dans le fond très limité et c’est peut-être cela qui plaît tant à certains, a cela de commun avec Chirac d’avoir un niveau culturel médiocre, avec quand même plus d’aisance pour jouer les baratineurs devant les médias, ce qui compte de nos jours. La présence dans son comité de soutien du rappeur camé, au pseudonyme très fleur bleue, Doc Gynéco, nous fait découvrir la conception de la culture occidentale que Sarkozy met en avant. La seule vision politique de Sarkozy consiste à s’agenouiller devant les puissants du moment pour s’en servir. Après avoir roulé dans la farine Pasqua, n’avait-il pas déclaré en triomphateur : « je les ai tous niqués ». C’était grandiose ! Le mot «niquer» est très utilisé par les Arabes. Sarkozy incarne la trahison et le fourberie face à l’honneur et la fidélité.

Finissons quand même par une note optimiste. Le Pape Benoît XVI, sans doute un des plus intellectuels et cultivés que l’Eglise n’ait jamais eus s’est positionné comme un défenseur de l’Occident. Le pape a d’ailleurs un visage très allemand qui exprime la bonté sans la naïveté. Il n’est pas politiquement correct comme Chirac et préfère Mozart au tam-tam. Il a assumé dans la chrétienté tout l’héritage grec comme il l’a développé dans sa brillantissime conférence à l’université de Ratisbonne

Patrice GROS-SUAUDEAU


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