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Le nouvel homme politique
12 mai, 2010, 15:26
Classé dans : politico-historique,politique politicienne

L’annonce par François Bayrou au Baillerou de sa candidature aux élections présidentielles signifie une nouvelle étape de la définition de l’homme politique qui se dessine au XXIème siècle. Finis les chefs charismatiques qui ont existé au XXième siècle où les hommes qui, selon EUX, incarnaient l’intelligence et la morgue comme Giscard qui rappelait ou faisait rappeler en permanence qu’il était un X-énarque. Tout chez lui faisait faux surtout lorsqu’il voulait paraître simple. La valeur en hausse est celle de la médiocrité pour les hommes politiques. Il faut être l’homme moyen envers lequel n’importe quel Français puisse se reconnaître. La guerre aux hommes supérieurs est déclarée. François Bayrou incarne à merveille ce nouvel homme politique de la misère de l’Europe de Maastricht. Physique quelconque, taille moyenne, visage de Monsieur Tout le Monde. Mais on sait depuis Raymond Barre que la politique n’est pas un concours de beauté. François Bayrou qui rappelle de façon incessante son origine modeste (évidemment) possède un langage d’une banalité et d’une pauvreté extrême ce qui est surprenant pour un agrégé de lettres. Il ne semble même pas simuler pour faire simple. Tout chez lui est transparent à force d’insignifiance, bref le misérabilisme triomphant.

Les Français depuis de Gaulle ont eu différents types d’hommes de pouvoir. Le général représentait le pouvoir prestige comme le paysan terrien auvergnat Pompidou représentait la bonhomie. François Mitterand n’était ni scientifique, ni un penseur philosophe sur le trône, ni un technocrate, homme politique de la IVème république ou même de la IIIème, il était l’homme politique malin, roublard qui fonctionnait à l’instinct en fonction de ses intérêts personnels immédiats.

Jacques Chirac a toujours représenté l’ambiguïté. De grande taille, ce qui donne un aspect dominant, visage émacié, nerveux, carnassier (à ses débuts), il a aussi le physique familier du représentant de commerce qu’on verrait bien faire du porte à porte une valoche à la main. Son air nigaud est venu par la suite.

Aux Etats-Unis, l’aspect bête, l’ignorance ont toujours été des atouts pour les hommes politiques. Durant les campagnes électorales, même les présidentielles, les candidats se vantent de n’avoir jamais lu un livre depuis dix ou vingt ans. Lorsque le passé alcoolique de Georges W. Bush a été connu cela a dû le rendre encore plus proche de nombreux électeurs qui ont du reconnaître en lui leur faiblesse. L’impératif pour un homme politique d’aujourd’hui est « ne jamais avoir l’air trop intelligent, trop intellectuel ou cultivé ». L’air niais à la Fernandel de Pasqua lui a permis aux Européennes de faire 13 % .

Quant au physique de Jean-Marie Le Pen, parlons en. Il a incarné pendant cinquante ans l’aryen baraqué et cela a été une insulte et totalement insupportable pour de nombreux lobbies. On ne doit pas donner une image de force de l’homme blanc.

Jean-Marie Rouart, homme du consensuel au Figaro, à plat ventre devant les lobbies dominants aborde la question de la torture en Algérie. Il a déclaré que les militaires auraient du voir dans les fellaghas qui posaient des bombes un visage sémite similaire au Christ. Pourquoi n’a-t-il pas vu à Mantes-la-Jolie lorsque Le Pen s’est mis en colère, Jésus à qui il arrivait aussi de se mettre en colère.

Quant à Arlette Laguiller qu’on ne voit jamais au bras d’un homme, elle a le physique d’une assistante sociale possédant un discours avec des intonations d’un curé de gauche des années soixante (« les petits qui meurent de faim pendant que les gros s’empiffrent »).

Que faut-il conclure de cette analyse sur le physique des hommes politiques. Il est, même, si certains le refusent, de plus en plus important à notre époque médiatique et de la dictature de l’image. Le physique de la femme des hommes politiques a commencé à prendre une importance en France avec Madame Coty qui a fait des efforts démesurés pour amincir. Certains disent qu’elle en est morte. Chacun donc, joue avec son image physique le rôle qui lui est imparti. Mais si cela n’a rien d’exaltant, l’heure est à l’homme moyen sur tous les plans type Bayrou. Viendra ensuite le temps où on demandera aux hommes politiques d’être d’un niveau culturel et intellectuel en-dessous de la moyenne des électeurs avec un physique le plus banal. Ils seraient ainsi plus à l’écoute et abordables et ne complexeront personne.

Ainsi le veut la démocratie !

« Le bas est le sublime du peuple, qui aime à voir une chose faite pour lui et qui est à sa portée »

Patrice GROS-SUAUDEAU



La Constitution, dernières réflexions
12 mai, 2010, 15:02
Classé dans : concernant l'Europe

Un argument souvent avancé est l’incohérence politique du vote non qui va de Besancenot à Le Pen en passant par Buffet, Fabius, Pasqua et Villiers. Cette incohérence politique a pourtant un fondement économique. L’ouvrier qu’il vote Le Pen ou à gauche ressent plus qu’un autre la menace économique qui pèse sur lui. Quant au vote oui les partisans de droite disent que la constitution européenne sortira la France du socialisme, ce à quoi François Hollande répond que la constitution permettra une Europe plus sociale en un mot plus socialiste. Où est donc la cohérence politique du vote Oui ?

La grande différence avec le vote sur Maastricht, c’est qu’en 1992 on avait pu faire croire n’importe quoi sur l’Euro qui allait amener une croissance forte, faire diminuer le chômage… Edmond Alphandéry avait écrit un livre sur le « Soleil de l’Euro ». Les Français n’ont vu qu’une croissance très faible, très inférieure à la croissance mondiale et américaine dans toute la zone euro, un chômage qui augmentait, les délocalisations accentuées par un euro trop fort…

Les électeurs vont coter cette fois en connaissance de cause ? Les fondamentaux sont comme toujours économiques et le vote sera une somme de votes individuels qui seront fondés pour chacun sur la perception que chaque individu a de l’Europe et de son apport ou non pour lui et pas sur la lecture d’un texte dont tout le monde se fiche.

La grande question sous-jacente à l’Europe est son utilité dans un contexte de mondialisation. L’Europe est-elle déjà une idée dépassée, est-elle un rempart contre la mondialisation ou alors l’a-t-elle au contraire accélérée ?

Les partisans du Oui disent pieusement que l’Europe nous protège contre la mondialisation. Ceci est démenti par les faits. Cela fait une belle affaire pour un futur licencié de savoir que son entreprise délocalise en Tchécoslovaquie plutôt qu’en Chine. On a fait miroiter l’Europe puissance aux Français. Ils s’aperçoivent qu’on a construit dans les faits une Europe libérale qui fait du dumping social vers le bas. On a souvent entendu ce slogan ridicule « l’Europe, la France en plus grand » ? Que ne dirait-on pas si les Allemands disaient « l’Europe, l’Allemagne en plus grand », pourquoi pas la Belgique en plus grand !

Il faut aussi rappeler que l’article 1-41 stipule l’intégration constitutionnelle de l’Europe dans l’OTAN. Quelle marque d’indépendance vis à vis des Etats-Unis ! On ne construit donc que l’Europe du pacifisme, des droits de l’homme et du libéralisme débridé qui fait sortir les usines et installer les mosquées. Quel sentiment de puissance peuvent donc éprouver les européistes ? La constitution fait aussi la part belle à l’Islam puisque les musulmans auront le droit garanti pas la constitution de manifester leur religion collectivement en public. Les Français en viennent à se demander si le cadre national n’aurait pas été plus souple face au défi de la mondialisation qu’on nous décrit comme irréversible. Autrefois le capitalisme a pratiqué de façon heureuse une politique de hauts salaires pour les ouvriers. Maintenant le seul discours est qu’ils sont trop chers quoi qu’ils fassent comparés aux autres pays, parfois même d’Europe.

Le vote NON sera un frein aux délocalisations et à une mondialisation trop rapide dans le cadre du libéralisme. Le Non a ainsi de grandes chances de l’emporter pour toutes les raisons vues plus haut.

Patrice GROS-SUAUDEAU



L’AUTODESTRUCTION DU CAPITALISME
12 mai, 2010, 14:44
Classé dans : économie et finance

L’économiste Patrick Artus a écrit un livre très pertinent « Le capitalisme est en train de s’autodétruire ». Ce livre ne comporte pas d’équations qui ne sont souvent qu’un saupoudrage mystificateur.

Le fonctionnement du capitalisme actuel est fondé sur une logique extrêmement simple : dégager le maximum de profit en minimisant jusqu’à l’extrême les coûts salariaux. Le capitalisme appelé libéral/ultra-libéral ou anglo-saxon a une logique purement financière et à court terme. Ceci se traduit par l’exigence de taux de rentabilité bancaire très élevés (10% à 30%). Pour baisser les coûts salariaux, les méthodes sont toujours les mêmes : délocalisations, augmentation de la productivité pour les usines «encore» en France ou en Occident, chantage aux délocalisations pour que les salariés ne demandent pas d’augmentation de salaires, tout en disant défendre la compétitivité, licenciement pour augmenter la rentabilité. Les profits dégagés qui sont énormes vont essentiellement aux PD.G. et aux actionnaires ainsi qu’à certains cadres supérieurs. Le pouvoir d’achat des salariés ne fait lui que diminuer. Le partage profit/salaires est de plus en plus en défaveur des salariés.

Patrick Artus voit le capitalisme s’autodétruire. Disons qu’il s’autodétruit en Occident, les (grands) dirigeants d’entreprise n’ayant rien à faire de leurs congénères. Ils raisonnent à un niveau mondial faisant fi des frontières. Voilà vraiment ce qui signifie le mot mondialisation que certains glorifient et trouvent heureuse. Il est vrai que cela dépend pour qui ! Le capitalisme occidental n’est plus au service de la population autochtone mais simplement aux services des grands P.D.G. et des actionnaires et de quelques privilégiés. Le capitalisme actuel se moque bien d’avoir une croissance forte dans les pays occidentaux, les salaires des privilégiés augmentent malgré cela. Les profits et salaires des dirigeants sont en fin de compte indexés sur la croissance mondiale et non sur la croissance de pays comme la France ou l’Allemagne. Ce cercle est vicieux car plus les entreprises délocalisent et désindustrialisent la France, la croissance interne devient plus faible et cela encourage d’autres entreprises à investir là où la croissance est plus forte, c’est-à-dire les pays émergents. La construction européenne dans tout cela ne sert pas à grand chose si ce n’est à illusionner certains sur des lendemains meilleurs qui chanteront ? On peut même soutenir que la construction européenne a accéléré ce mouvement de fond du capitalisme actuel. On a là sans doute la meilleure explication du non au traité de la constitution. La politique du franc fort suivi de l’Euro fort n’ayant que fait encore perdre des points de croissance et augmenter le chômage.

Le capitalisme qui est foncièrement cynique a fait venir dans les années soixante et soixante dix des immigrés qui servaient ainsi de briseurs de grève et à faire pression sur les salaires, la France connaissant le plein emploi. Citons la déclaration de Georges Pompidou qui était l’oreille du patronat :

« L’immigration est un moyen de créer une certaine détente sur la marché du travail et de résister à la pression sociale ».

Cette phrase cynique avait encore un sens lorsqu’il y avait des usines à forte main d’oeuvre en France. Mais maintenant ces entreprises se sont modernisées ou sont parties à l’étranger. Les dirigeants d’entreprise se sont vite aperçus que les salaires étaient encore moins élevés dans les pays comme la Chine, l’Inde ou la Roumanie qu’en France en faisant travailler des Français/immigrés. Appeler sans cesse à plus d’immigration comme le font certains est la marque d’un nihilisme pervers. On a là aussi l’explication des émeutes en banlieue ou ailleurs. On ne résoudra pas ce problème de fond en débloquant des crédits et en construisant des gymnases et des bibliothèques (brûlées l’année d’après !) Faire porter le chapeau à Sarkozy comme le font certains est d’un simplisme accablant. On a fait et on continue à faire venir en France une population quasi analphabète qui a rejeté l’école et n’a plus sa place pour les emplois restant en France. Elle vit à côté d’une population aisée. Cela ne peut qu’exacerber la haine et les frustrations. Le bêlement humanitaire a été la seule politique vis à vis de l’immigration. Il a montré ses limites. La politique de l’immigration a été faite à la jonction de l’humanitarisme de gauche et du cynisme libérale plus absolu.

Le libéralisme n’étant que l’exacerbation du capitalisme sous sa forme la plus hideuse n’aboutit qu’à la fin de l’Occident.

Patrice GROS-SUAUDEAU STATISTICIEN ÉCONOMISTE


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