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Sarkozy : Loana de la politique
18 mai, 2010, 18:39
Classé dans : politique politicienne

Après l’orgie de dépenses qu’a constituée la fête de l’UMP, on peut déjà tirer les conclusions. Sarkozy a inventé le débat politique mis au niveau de la Star Academy. Il n’est pas un produit de l’élitisme républicain. Il n’est ni brillantissime, ni nul, ni laid, ni beau. C’est le triomphe de la moyenne et de la banalité, expression ultime de la démocratie. La banalité est aussi consacrée par la télé réalité.

Lorsque Jacques Chirac avait nommé Sarkozy ministre de l’Economie il n’avait dans le fond pas plus de connaissance en la matière que l’homme de la rue. Il exprime la supériorité du rien sur l’être. Lorsqu’on est rien il est d’autant plus facile d’épouser les idées du moment. Se crisper à certaines idées devient inconvenant. Etant inculte on dit qu’il sait trouver les mots simples et s’adresser aux Français moyens. Il cache son inculture économique en bêlant dans le libéralisme et le discours anti-fonctionnaires à la portée de tous.

Sarkozy jouit en public et en permanence, sans retenue ni dissimulation d’être ainsi sous les feux de la rampe comme une midinette qui ferait partie du loft, ce qu’est devenue la politique. À chaque apparition, Cécilia (et maintenant Carla) est là pour le regarder avec admiration.

Voilà ce que propose la droite aux Français. La France, comme une république bananière, a trouvé sa nouvelle Loana. Les vieux trotskistes en ont perdu leurs repères.

Patrice Gros-Suaudeau



Les grandes tromperies de la Mitterrandolatrie
18 mai, 2010, 18:22
Classé dans : politico-historique

Dans le concert d’éloges après la mort de François Mitterrand, on trouve deux qualificatifs qui lui sont traditionnellement attribués et qui trompent les Français. « François Mitterrand, homme de culture », ce thème répété à l’envie et que l’on se doit d’énoncer béat d’admiration. II faut quand même rappeler que sa formation montre qu’il n’avait pas de culture scientifique, ni économique, ni philosophique (si ce n’est quelques bribes) ces trois domaines constituant les trois principales composantes de la culture moderne. On a donc eu affaire à un homme culturellement décalé par rapport à son époque.

Sa formation était juridique et elle n’a jamais été réactivée puisqu’il n’a pratiquement pas exercé sa profession initiale d’avocat.

II se piquait d’une connaissance littéraire en s’entourant d’écrivains et d’artistes qui venaient faire cour.

Sa culture a donc essentiellement été faite de bric et de broc, bâtie sur des conversations autour d’une table et de temps de lecture que permet sans doute la vie politique. Son entourage entourant à merveille un halo de mystère et d’admiration sur celui qui aurait pu être un grand écrivain ou un grand artiste s’il n’avait été saisi par le démon de la politique ou du pouvoir propos qu’une cour se doit de dire vis à vis de toute personne haut placée.

II est certes toujours cruel de rappeler que le roi est nu, « François Mitterrand, l’homme du terroir » qui sent bon la France (il aimait se montrer devant les caméras déguisé en jardinier, un chapeau noir sur la tête dont la forme était à mi-chemin entre celui d’un pêcheur des bords de Loire et d’un toréador puisque rien ne pouvait être franc chez lui, même son chapeau, les outils à la main) provincial d’origine catholique, élevé chez les bons pères. Cette image rassurante a surtout servi à tromper les Français sur celui qui fut pendant deux septennats essentiellement un grand bâtisseur de mosquées, de banlieues sales et sordides, peuplées de plus en plus de populations allogènes et où règnent la drogue, la peur et une violence larvée. Cette France qu’il a défigurée (parfois avec une joie perverse) était plus caractéristique de son action que les images d’Epinal de la belle France (églises, champs de blé… ) qu’il utilisait abondamment comme arrière plan sur ses affiches électorales.

On peut difficilement séparer chez un homme public, l’homme en lui-même (si cela a un sens) et sa fonction.

Qu’est ce qui fait qu’un individu devient un « grand homme » au sens hégélien du terme ?

L’arrière plan historique et politique ; il devient ce qu’il représente à travers sa fonction. Comment est-il arrivé là ? Est-ce un concours de circonstances favorables ou alors est-ce dû à des qualités exceptionnelles qu’on attribue toujours après coup, le pouvoir et ce qui l’entoure surévaluant les hommes qui le détiennent.

Pour l’homme de la rue : « S’il est arrivé à ce niveau, il ne pouvait qu’être d’une essence au-dessus des simples mortels ». Il fallait lui reconnaître une ambition effrénée, une faculté immense et insatiable à jouir d’avoir une nuée de courtisans autour de lui. A ceci s’ajoute une aptitude à être l’homme caméléon et totalement inauthentique qui a toujours épousé au bon moment les idées du courant dominant tant à l’intérieur de son parti que vis à vis du corps électoral. Ce qui explique sa capacité à se maintenir et à durer envers et contre tout. En complément, une prédisposition au mensonge qui chez lui était un état second, la frontière entre la vérité et le mensonge devenant sous son règne de plus en plus floue et obscure. Il a été l’homme qui pendant très longtemps a menti sur son passé politique, menti sur sa vie conjugale double ou triple, menti sur son état de santé et sa maladie; toujours paraît-il au nom de la raison d’Etat.

Toutes ces qualités constituant ce qu’on appelle un « homme d’exception ».

Cette «réussite» personnelle aurait pu se combiner avec une réussite pour notre pays.

Mais tant sur le plan de la souveraineté que de notre identité, François Mitterrand restera celui qui a abîmé notre pays de façon peut-être irréversible, sans doute parce que cet homme vieillissant et malade sur lequel se dessinaient à la fin de sa vie des traits asiatiques ne croyait plus à la destinée de son pays (ce qui le différenciait fondamentalement du général de Gaulle) plus probablement car il aura toujours agi sous les pressions des courants sur lesquels reposait son pouvoir. Il fallait donc obtempérer et agir selon l’air du temps pour durer et conserver ce pouvoir qui était le seul sens à sa vie, quitte à sacrifier le destin de la France et son identité.

PS : Des morts on dit souvent : « aut nihil, aut bonum » (ou rien ou du bien). Comme c’était un homme public on ne pouvait pas ne rien dire, mais on a beau chercher, il n’y a eu que du «malum».

Patrice Gros-Suaudeau



Helmut Kohl. Chancelier du IVème Reich
18 mai, 2010, 14:35
Classé dans : concernant l'Europe

Depuis quelques années sans que les Français s’en soient vraiment aperçus l’homme qui dirige la France est le chancelier allemand Helmut Kohl. Aucune décision importante n’est prise sans son accord. On a là une des explications de la dissolution-suicide de Chirac d’une colossale finesse. Si le président français avait voulu créer un électrochoc dans l’opinion publique, il aurait pu nommer Philippe SEGUIN comme premier ministre en respectant les échéances électorales, mais cela aurait été contre la volonté des Allemands. Les pays d’Europe qui pendant des décennies ont culpabilisé l’Allemagne en paient maintenant les conséquences par leur auto-dissolution dans un magma informe. Les Allemands en effet n’ont rien à perdre psychologiquement dans la construction européenne actuelle puisqu’on leur a appris à avoir honte de leur Histoire à la différence des Anglais très fiers de leur passé, mais ont au contraire dans les faits tout à gagner.

Montalambert écrivait : « On n’est jamais aussi vainqueur ou aussi vaincu qu’on ne le croît ».

Après avoir perdu la guerre l’Allemagne est maintenant le pays qui dirige l’Europe et dicte sa conception monétariste de l’Economie.

Le ministre allemand des finances est celui qui dit le bien et le mal dans tous les domaines économiques et monétaires.

Fort symbole : la banque centrale européenne sera à Francfort.

Lorsqu’on relit «Mein Kampf», ce livre au delà de sa connotation raciale est une leçon de géopolitique germano-centrée. On attribue ce livre à Hitler mais il n’y a dedans qu’une vieille pensée millénaire germanique. Tout l’inconscient collectif allemand avait été couché noir sur blanc. Il fallait dans un premier temps regrouper tous les Allemands définis, non par des frontières très élastiques et éphémères au cours de l’Histoire, mais par la race, le sang, la langue… Les Germains réunis ne pouvaient qu’ensuite dominer l’Europe, donc le Monde. Hitler, pour réaliser son dessein lança toutes ses divisions blindées et échoua.

Le chancelier Kohl par une ruse de la raison, terme sans doute hégélien mais bien allemand, derrière une façade humaniste va sans doute réussir là où Hitler a échoué.

En effet, par le Traité de Maastricht, les frontières seront abolies et tous les Germains vont donc reconstituer un ensemble compact et homogène allant du Sud-Tyrol à Hambourg en comprenant l’Alsace-Lorraine germanophone, l’Anschluss avec l’Autriche qui est entrée dans la communauté européenne ayant déjà été fait en douce. Dans le cadre du Traité de Maastricht que reste-t-il comme différences entre ces derniers pays (même langue, même monnaie, continuité géographique… ). L’entité allemande ou germanique (confusion riche en devenir) n’a jamais eu au cours de l’Histoire besoin d’un Etat fort ou de frontières bien définies à la différence de la France définie avant tout par un Etat et des frontières dites «naturelles» conquises de haute lutte.

Que deviendra l’Alsace dont tout le particularisme et l’originalité consistaient à être un peuple germanique dans le cadre d’un Etat français à l’intérieur de frontières bien délimitées.

La mesure prise par Edith Cresson d’installer l’ENA en terre germanique peut avoir une signification très différente que celle auquelle elle a crue. Le pouvoir réel sera en Germanie au XXIème siècle.

Le chancelier Kohl dicte sa loi, s’impose, ordonne au prix d’un cortège de chômage et de souffrance dont il n’a cure et tous les chefs d’Etat de l’Europe courbent l’échine.

De façon pathologique on a un homme qui se croit investi d’une mission. Créer EUROPA avant de mourir et laisser une trace dans l’Histoire. Reconstruire dans un premier temps l’Empire de Charlemagne (Karl der Grosse), tout cela paraît-il pour construire la Paix.

Aurait-il donc si peur de ses compatriotes et de son armée de chevelus sans armement offensif ou dissuasif réel ?

L’Allemagne comme nous l’avons dit paie le coût le moins cher pour son identité, pays qui a toujours été en gestation, jamais vraiment défini par un Etat mais par une multitude de souverainetés plus ou moins autonomes, parfois indépendantes. Mais son homogénéité ethnique et culturelle, sa puissance économique et démographique, sa pérennité ethnique n’ont jamais été mis en défaut. Le chancelier Helmut Kohl, grâce au traité de Maastricht et son obsession d’imposer l’EURO à tous aura porté son peuple de nouveau au sommet de l’Europe et aura bien mérité de l’Allemagne.

Il aura été même sur bien des points un «Kaiser».

Patrice GROS-SUAUDEAU. Statisticien- Economiste.


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