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Y-a-t-il vraiment un déclin de la France ?
31 mai, 2010, 15:31
Classé dans : économie et finance,politico-historique

À Nicolas Baverez revient le mérite d’avoir le premier abordé cette question avec autant de courage. Tout d’abord on va donner des chiffres simples. La France depuis plusieurs années a des taux de croissance très faibles et même ridicules comparés à ceux des États-Unis ou de la Chine.

La France, qui avait un P.I.B. très supérieur à la Grande-Bretagne, est maintenant derrière elle. La croissance moyenne depuis 1990 est de 1,8% contre 2,8% en moyenne pour les pays de l’O.C.D.E. La France donc recule par rapport aux autres pays. Le taux de chômage en France est aussi un des plus élevés des pays de l’O.C.D.E. (presque 10% à la fin de l’année).

Nicolas Baverez ne veut pas faire de l’Europe un bouc émissaire commode selon ses dires. Cela serait sans doute inconvenant pour le politiquement correct. Mais il est pourtant vrai que pour la mise en place de l’Euro, la France a sacrifié pendant des années des points de croissance (et de chômage) que l’on finit toujours par payer très cher en termes de recul et de retard, tout cela pour arriver au marasme économique actuel. La croissance sera proche de zéro en 2003. La zone euro a une croissance quasi nulle contre 4% pour les États-Unis. L’euro trop fort n’est pas du tout adapté pour l’économie allemande qui se traîne et entraîne d’autres pays. On en vient donc à regretter l’ancien système monétaire qui avait beaucoup plus de souplesse puisque les taux de change nationaux s’ajustaient à la situation économique des différents pays. Depuis des années, nos politiques ont eu comme objectif l’intégration européenne et non pas la croissance, l’emploi ou la bonne santé économique du pays. La politique de désinflation compétitive avait comme objectif un franc fort accroché au mark. Pendant des années, il a donc fallu souffrir pour arriver au stade actuel d’une croissance nulle avec l’Euro. Que de temps perdu ! Les pays ayant une croissance positive significative (Grande-Bretagne, Suède… ) ne font même pas partie de la zone euro. La France tombe économiquement mais elle tombe aussi dans d’autres domaines.

L’immigration a sapé l’homogénéité française déjà fragile avec des régionalismes toujours prêts à revendiquer leur identité. Deux tiers des immigrés arrivant en France ont un niveau inférieur au premier cycle des collèges contre un quart aux États-Unis selon l’O.C.D.E. Alors que la France se désindustrialise et que les usines restantes sont de plus en plus automatisées, on fait donc venir en France une armée d’analphabètes qui n’auront sans doute jamais de travail et dont la descendance aura hélas un fort potentiel de délinquance tout en faisant baisser le niveau des écoles françaises.

La France baisse sur le plan culturel et intellectuel avec en plus une immigration qui sape son système éducatif. Elle s’islamise ; on ne sait vraiment compter officiellement au million près le nombre de musulmans en France. Notre pays perd donc une part de son essence occidentale ce qui peut avoir des effets négatifs sur son développement économique. Max Weber avait démontré l’influence de la religion sur l’économie. Malheureusement, certaines religions peuvent à contrario être défavorables au développement.

Elle vieillit puisque toute politique démographique qui favoriserait les Français de souche est considérée comme discriminatoire. A propos de la canicule, la France a eu le bilan le plus catastrophique des pays occidentaux et, après vingt ans de socialisme qui devait apporter le bonheur sur terre, le taux de suicide en France ne fait qu’augmenter pour devenir le plus important d’Europe de l’Ouest.

Pour finir, les Français se rendent compte que la construction européenne a échappé à la France. L’expression « l’Europe démultiplicateur de puissance » n’a aucun sens puisqu’on assiste pour la France au mieux à la cacophonie pour la politique étrangère de l’Europe (ex: la crise irakienne), ou au pire à prendre des directions opposées à la volonté de la France comme par exemple une Europe vassale des États-Unis. Dans une Europe à vingt-cinq ou trente, notre pays pèse de moins en moins pour les décisions. L’Europe attend la reprise américaine comme si elle n’avait aucune autonomie propre.

La commission de Bruxelles a accepté le libre-échange mondialisé ce qui revient à dire que la construction européenne n’a plus guère de sens sur le plan économique dans un contexte de mondialisation totale, l’atelier du monde se déplaçant en Asie. Cette baisse de l’économie française atteint évidemment le prestige de la France puisque sur le plan diplomatique on n’écoute malheureusement que les forts économiques et/ou militaires. Avec sa situation comparée aux États-Unis, la position française sur l’Irak avait quelque chose de surréaliste.

Que conclure de ce bilan ?

Le gouvernement Raffarin n’est manifestement pas à la hauteur et n’a pas redressé la pente ne serait-ce que vis à vis de la croissance et de l’emploi. L’Euro fort va sans doute continuer à plomber notre économie. L’Europe de Maastricht nous a imposé de nouvelles contraintes (comme s’il n’y en avait pas suffisamment en économie) qui annihilent toute politique économique volontariste. La France n’a plus sa monnaie et doit donc attendre un meilleur contexte international. L’expression jusqu’alors abstraite « perte de souveraineté » dévoile toute sa signification.

PATRICE GROS-SUAUDEAU STATISTICIEN – ÉCONOMISTE



LES FRANCS-MAÇONS
31 mai, 2010, 15:21
Classé dans : politico-historique

Il a souvent été question de savoir si la franc-maçonnerie était une secte ou non. Par bien des aspects on peut répondre que oui. Le secret qui existe dans leurs réunions, l’intervention occulte dans de nombreuses affaires de la société, l’engagement total que cela implique d’où la dépersonnalisation de leurs membres, tout laisse à penser que l’on y trouve toutes les caractéristiques d’une secte. Mais cela semble secondaire vis à vis des fondements philosophiques et métaphysiques sur lesquels repose la franc-maçonnerie.

Toutes leurs idées sont celles des «Lumières» idées qu’ils appliquent avec fanatisme.

L’idée de raison y est encore perçue comme un absolu opposé aux passions qui sont le mal, la raison devenant dans les faits et par définition les idées que prône la franc-maçonnerie, celles du Front National ne pouvant être qu’un dérèglement de la raison. Cette conception est bien sur très réductrice et bien sommaire puisque de nombreux philosophes ont développé sur ce thème une analyse infiniment plus fine et pointue.

Pour Hume la raison n’est en fin de compte qu’au service des passions (elle en est même selon lui l’esclave) et ne sert qu’à les masquer. Les passions décident et créent un discours qui se veut rationnel pour les justifier. Quant à Husserl il ne voyait dans la raison qu’un processus dynamique et historique en perpétuelle construction sans aller bien sur jusqu’à Heidegger pour qui « la raison est l’ennemie de la pensée », penseur toujours très radical dans ses formules.

Tous les soubassements philosophiques de la franc-maçonnerie sont pour la plupart complètement dépassés comme l’idée de savoir absolu à atteindre (sans doute dans les loges) ainsi qu’une vision de l’homme universel sans facticité, sans enracinement. Cette confrérie lutte soi-disant contre les préjugés. Mais qu’est-ce-qu’un préjugé ? Faut-il avoir le préjugé du préjugé. Nietzsche disait que tout mot est déjà un préjugé. L’égalité entre les hommes n’en est-il pas un ? Le courant de pensée véhiculé par les franc-maçons est globalement celui du rationalisme, mais ce n’est qu’un courant de pensée parmi d’autres qui ont été aussi développés si ce n’est plus comme l’idéalisme allemand ou l’empirisme anglo-saxon ainsi que la phénoménologie.

Dans le rationalisme on accède à la connaissance uniquement par les moyens de la logique et des mathématiques. Les francs-maçons sont toujours très fiers de souligner que Mozart était des leurs, mais si l’homme de Salzbourg était un exceptionnel génie musical, il était loin d’être un intellectuel et il n’est pas surprenant qu’un homme du XVIIIème siècle ait les idées de son temps. La franc-maçonnerie ne fait que figer la pensée du XVIIIème siècle alors que nous sommes déjà à l’aube du XXlème. Tout ceci est masqué par un rituel grotesque où l’on cherche pour tout nouvel initié à, lui créer le choc émotionnel de sa vie, procédé propre aux sectes.

Céline dans « bagatelles pour un massacre » écrivait : « être franc-maçon, c’est le baptême pour un aryen » ce qui veut dire un aryen qui trahit son aryanité. C’est pourquoi il y aura, même pour eux-mêmes, toujours quelque chose d’honteux à cette appartenance. Quelles sont donc les motivations qui font que des individus veulent adhérer à cette association. La plupart du temps on a affaire à des hommes en mal de relations sociales, d’autres y voient un moyen de promotion sociale. Certains partant de la bonne intention d’élever leur culture confondent la franc-maçonnerie avec une société savante.

Durant une émission consacrée à cette «secte» nous vimes le visage de certains membres : des barbus, des instituteurs à barbichette, des clones d’Albert Jacquard…

Une chose stupéfiante pour cette association qui se veut progressiste est la non-mixité. Il est certain que si les femmes étaient admises on verrait sans doute plus de femmes ressemblant à Madeleine Rebérioux qu’à des mannequins, mais enfin, à notre époque cela semble bizarre.

Durant leurs réunions, ils travaillent sur des thèmes de patronage ou d’école faits par des individus qui se prennent très au sérieux. Un assemblage de petites pensées fait rarement une grande pensée. La culture et la pensée réelle sont toujours des démarches très individualistes pour ne pas dire solitaires.

L’aspect le plus choquant est l’intervention des francs-maçons dans le débat politique de façon occulte. Par exemple les francs-maçons avaient décidé que le président du sénat serait le RPR Poncelet (étant un des leurs). Quoiqu’on vote les francs-maçons sont au dernier moment et au dernier tour ceux qui votent « pour de bon ». Ceci n’est pas un procédé très démocratique mot dont ils ont plein la bouche. Le journal « Le Figaro » avait écrit que si Poncelet était franc-maçon il fallait voir avant tout dans son élection le résultat de ses qualités propres (sans doute immenses). Est ce du cynisme ou le Figaro a-t-il gardé une foi d’enfant ?

PATRICE GROS-SUAUDEAU



RACE ET PHENOMENOLOGIE
31 mai, 2010, 14:32
Classé dans : plus ou moins philo

Une phrase souvent énoncée par « certains » scientifiques est celle-ci : « les races n’existent pas ». On peut être surpris lorsqu’on a pratiqué la philosophie par cette sentence. On définit ainsi une chose par sa non existence ? L’essence de la race serait de ne pas être ? On ne dit donc strictement rien puisque la chose « en soi », le noumène kantien n’a jamais existé, la race comme le reste. « La chose en soi ne mérite qu’un rire homérique » (Nietzsche). II n’y a plus que les scientifiques (excepté peut-être quelques physiciens modernes en mécanique quantique perpétuellement confrontés à des problèmes de fond sur l’existence de la matière) pour peut-être encore y croire, puisque leur formation suppose le monde comme donné par hypothèse et qu’on essaie d’atteindre par la connaissance de façon la plus rapprochée ; le monde réel étant une limite que l’on chercherait à dévoiler par les différents moyens et méthodes de la démarche scientifique.

On a là la vision encore naïve de la science du XIXe siècle qui croyait être la vérité ou le réel alors que la science est une construction axiomatique de l’esprit qui se sur-ajoute au monde perçu qui est premier et dans le quel baignent tous les individus depuis leur naissance. La science même si elle le nie a comme fondements ultimes des postulats métaphysiques.

Pour la phénoménologie, stade ultime de la pensée philosophique occidentale, nouvelle science créée par Husserl et prolongée avec un biais par Heidegger, une chose est la somme de ses apparitions ou phénomènes. Tout n’existe en fin de compte que par la relation qu’entretient l’homme entre les choses et ses organes des sens du corps, c’est-à-dire sa perception.

L’homme donc distingue des différences physiques entre les différents individus, et y voit des ressemblances pour certains. Un dénominateur commun pouvant être appelé race ou autre chose, tous les discours moraux égalitaristes ou autres ne pourront jamais s’opposer à cette donnée toute simple que l’homme a des sens et distingue les formes, les couleurs …

Les ressemblances, différences et leur perception étant profondément enracinées dans l’inconscient collectif des peuples.

Une autre question qui se pose bien sûr, étant la conséquence morale ou politique à donner à cette constatation. être attaché affectivement, esthétiquement, culturellement à certains groupes plus qu’à d’autres sera considéré par l’idéologie dominante actuelle comme répréhensible. Ceci n’a de sens que dans une certaine représentation culturelle du bien et du mal qui n’est pas partagée par tous. On a là une des causes du conflit majeur qui pointe à l’aube du XXIème siècle avec les différences de taux démographiques sur la planète et les nouvelles migrations massives de population qui vont en résulter.

Patrice GROS-SUAUDEAU



RACE ET PHILOSOPHIE ANALYTIQUE
31 mai, 2010, 14:18
Classé dans : plus ou moins philo

Il y a actuellement deux grands courants de la philosophie moderne ; la phénoménologie qui appartient à ce que l’on appelle la philosophie continentale ou allemande et la philosophie analytique qui est maintenant essentiellement anglo-saxonne, même si les deux premiers pionniers importants ont été l’un allemand, Frege, l’autre autrichien Wittgenstein. Cette dernière consiste en une analyse quasiment sans limite de la logique et du langage à la différence des autres courants de pensée qui traitent des « grandes questions » métaphysiques.

On peut donc analyser à l’infinie comme le fait par exemple le logicien anglais Russel une phrase du genre : « Le roi de France est chauve ». Que veut-elle dire ? À-t-elle un sens ? Est-elle vraie ou fausse ? Cette forme de philosophie peut à la longue sembler monotone et ennuyeuse mais elle forme l’esprit et nous allons nous en servir.

On peut donc de la même façon analyser la phrase que Claude Allègre a énoncée dans le journal « Le FIGARO » ; « Les races n’existent pas ». Déjà lorsque l’on dit par exemple : « Les licornes n’existent pas » on donne déjà une certaine existence aux Licornes. De plus sans avoir défini le terme race on lui donne une propriété qui la définit sans doute : celle de ne pas exister. Cette phrase éculée dont la seule force de persuasion est d’être répétée à l’infinie n’a donc pas de sens.

Le philosophe du langage Austin a étudié ce que l’on appelle les actes du discours. Une phrase n’est pas seulement dite pour décrire une chose ou une situation mais pour agir, par exemple lorsque quelqu’un ordonne : « ouvre la porte » ou un prêtre déclare : « je vous déclare unis par les liens du mariage ». L’énoncé « Les races n’existent pas » est donc dit dans un but politique et idéologique : combattre le racisme, condamner le nazisme et prôner l’égalité entre les hommes. C’est aussi une façon de vouloir faire accepter une immigration non contrôlée par la négation du fait racial. Mais ceci n’a rien à voir avec une phrase de type scientifique, formation dont se targue Claude Allègre. On peut aussi avancer que le Ministre de l’Éducation Nationale utilise implicitement un argument d’autorité « Je suis Ministre, Professeur d’Université, Géologue renommé, ce que je dis ne peut-être que d’une grande valeur » (même si cela n’est pas très original). L’argument d’autorité dans un débat d’idées est, quoi qu’on dise, toujours en cours dans nos sociétés dites démocratiques. Dans un article : Race et phénoménologie nous avions donné une définition intuitive de la race, les hommes possédant ce que l’on appelle une intuition de l’essence de ce concept : « Une chose est la somme de ses apparitions ou phénomènes ». Un dénominateur commun perçu pouvant s’appeler race ou autre chose. On peut, bien sûr, au delà du phénomène visuel étudier une autre construction intellectuelle qui est celle de la biologie, les gènes étant d’autres phénomènes non immédiatement apparents.
On constate des différences raciales sur certains gènes bien que le génome humain soit loin  d’être connu totalement, ce qui devrait rendre encore plus dubitatifs les négationnistes de la race. On a mis à jour des marqueurs raciaux, c’est-à-dire des gènes inégalement distribués entre les groupes raciaux. On a même trouvé des marqueurs spécifiques qui n’apparaissent que dans une seule race, par exemple pour le groupe sanguin Diego, l’allèle A est propre à la race jaune ou mongoloïde ; pour le groupe sanguin Duffy, l’allèle 0 n’existe que chez les noirs.

On peut donc de tout ceci conclure que lorsqu’un géologue renommé intervient dans un domaine qui n’est pas le sien : biologie-philosophie avec peut-être la prétention sous-jacente d’être un  penseur total et déclare avec autorité : « Les races n’existent pas comme la terre est ronde » ( et deux et deux font quatre), il faut savoir qu’il énonce une phrase qui, une fois analysée, n’a aucun sens sur le plan philosophique et logique, et est fausse sur le plan biologique.

par Patrice GROS – SUAUDEAU Le Glaive 1998


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