La politique en textes !
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LA VERITE
31 mars, 2011, 18:06
Classé dans : plus ou moins philo

Lorsque les juifs amenèrent Jésus à Ponce Pilate, ils lui dirent « Cet homme prétend avoir la vérité ». Le représentant de Rome avec toute la morgue romaine répondit : « Qu’est ce que la vérité ? ». Il s’en lava ensuite les mains et envoya à la mort Jésus.

Ponce Pilate avait posé la question par excellence de la philosophie. Cette idée de vérité n’est-elle déjà qu’une illusion selon Nietzsche. Dans un monde en perpétuel changement l’homme ne chercherait qu’à se rassurer avec des réponses permanentes ce qu’offrirent les religions pendant longtemps, la vérité ayant été révélée.

À présent on se méfie de ceux qui prétendent posséder la vérité qu’elle soit religieuse ou politique. On assimile cela à du fanatisme.

Si l’on prend une démarche phénoménologique, l’homme a déjà un vécu de l’idée de vérité par sa négativité ou ses contraires que sont le mensonge, l’illusion ou l’erreur. Quand l’enfant ment il sait qu’il ne dit pas la vérité. Le médecin peut mentir à son malade. En mathématiques on construit des vérités à partir d’axiomes et l’élève sait ce qu’est une erreur de raisonnement. Le théorème de Pythagore est une vérité partielle, même si Gôdel a remis en question le statut des mathématiques avec ses deux fameux théorèmes :

Un système consistant (non contradictoire) n’est pas complet, c’est à dire qu’il y aura toujours des propriétés non démontrables. On ne peut pas démontrer qu’un système est consistant à l’intérieur de lui-même.

En droit le procureur recherche toujours « la vérité » des faits, c’est à dire la correspondance entre le jugement et les faits (adéquation de notre pensée aux choses) pour donner son verdict. La correspondance entre un énoncé et sa représentation a ses limites. Ce ne sont en général que des vérités très parcellaires.

La vérité avec (un grand V) est la vision qui existerait du monde physique ou social. Cette Vérité s’opposerait (ou différerait) à la vision qui était celle des mythes et des religions.

La philosophie occidentale avec Descartes a vu la Vérité dans la certitude. Cette certitude vient de l’évidence. Cette recherche de la certitude en philosophie se prolongera jusqu’à Husserl. Si Descartes voyait la Vérité dans l’évidence, les Grecs la voyaient en arrachant les voiles trompeurs, dépasser les apparences pour atteindre la « réalité ». Cette démarche sera toujours celle de la science moderne. Nietzsche critiquera fortement ce dualisme monde/arrière-monde, être/paraître.

Pour Heidegger la vérité était un dévoilement. La vérité s’apparente plus ici à une contemplation qu’à une construction, comme si la vérité était déjà là prête à se révéler. Pour Kant la Vérité n’est que relative, dépendante de la structure a priori de l’esprit humain. L’homme ne connaîtra jamais le noumène, la chose en soi. On retrouve le relativisme de Protagoras : « l’homme est la mesure de toute chose ».

Dans le système de Hegel, l’homme arrive à un savoir absolu par étapes successives (Phénoménologie de l’esprit).

Un scientifique comme Henri Poincaré ne voyait dans la Science qu’une construction faite de conventions. On est très loin du réalisme (la Science décrirait ce qui est ou l’on s’en approcherait le plus possible).

Cette multiplicité de la notion de vérité aboutit au relativisme par exemple de l’italien Pirandello : « à chacun sa vérité ». Il n’y aurait pas d’objectivité, mais l’absoluté de ma subjectivité. On ne croit que ce qui nous arrange, ce qui nous aide à vivre, ce qu’on a envie de croire. Les vérités ne peuvent être que transitoires. De nos glandes, nos humeurs, notre situation sociale dépend notre vision du monde. « La conscience est déterminée par l’être social » (Marx). Dans Généalogie de la morale, Nietzsche nous explique qu’il y a la morale des dominants et celle du ressentiment des dominés.

Nos idées sociétales ne dépendent que des rapports de forces politiques de la société et de la puissance qu’elle a de pouvoir nous les inculquer, un des vecteurs le plus puissant étant l’école. D’une vision de la Vérité absolue héritée des religions, on est arrivé à une vision relative que l’on trouve chez des philosophes aussi différents que Feyerabend pour qui « tout est bon », Nietzsche « il n’y a pas de faits, il n’y a que des interprétations » ou Michel Foucault. Plus grand monde ne croit à « la » vérité en Histoire.

On réécrit sans cesse l’histoire. Même l’idée de vérité en science a été sans cesse remise en question  par Feyerabend, Nietzsche ou  Heidegger.  On  peut facilement tomber dans le scepticisme pour qui toute « vérité » ne résiste à aucune critique. Le XXème fut le siècle  des déconstructeurs.

PATRICE GROS-SUAUDEAU



L’enseignement en Seine-Saint-Denis
31 mars, 2011, 17:49
Classé dans : éducation et enseignement

Nous ne décrirons pas un lycée technique ou professionnel, ni un établissement classé en ZEP (Zone d’Éducation Prioritaire) mais un lycée général ayant même des classes prépas et BTS (donc Bac + 2).

L’établissement public n’est quasiment composé que d’élèves d’origine africaine, maghrébine et musulmans pour la plupart. Les élèves sont en général mal polis, grossiers, certains agressifs aussi bien verbalement que physiquement. Les trois quarts ne font rien, ne comprennent rien, les filles comme les garçons. Le peu qui voudrait travailler est empêché par un brouhaha permanent où la plupart des élèves parlent à voix haute et sans discontinuer. Le professeur de maths ne peut bien sûr jamais tourner le dos pour écrire au tableau ou utiliser des instruments (règle ou compas) car le bruit déjà très pénible deviendrait insupportable.

On est pourtant en lycée où les élèves ont généralement un ou deux ans de retard (voire plus). Leur niveau psychologique et leur comportement sont ceux d’une classe de 5eme ou 4eme. Si l’on colle une élève par exemple d’origine marocaine, la mère vient en hurlant dire que l’on n’a pas à coller sa fille. Quand le professeur de physique s’exprime en conseil de classe, c’est pour dire que ses élèves ne comprennent absolument rien à la physique-chimie. Le professeur de français trouve que les élèves ne comprennent rien aux textes du programme. Une professeure d’allemand (qui a en principe les plus courageux) avoue que cela fait longtemps qu’elle ne donne plus de devoirs à faire à la maison, car de toutes les façons personne ne les rend. Le professeur d’anglais « occupe » ses élèves en leur faisant écouter du Mickaël Jackson.

Dans l’établissement, la plupart des professeurs sont encore d’origine française, mais il y a une minorité de professeurs arabes et africains qui augmente chaque année. Les professeurs les plus âgés attendent la retraite, les plus jeunes attendent une mutation. Ceux qui sont « entre deux âges » en général ne ressemblent à rien, ce qui est peut-être un moyen d’éviter les conflits. Le proviseur fait de la figuration et fait aussi du déni de la réalité en ayant sans cesse à la bouche « école de la République ». Le professeur de mathématiques n’arrive jamais à dépasser le premier exercice d’application que très peu d’élèves arrivent à faire. L’Éducation Nationale noie tout cela dans un jargon propre à elle de « prise en compte de la diversité ». Les professeurs bien notés sont ceux qui parlent aux élèves comme à des gamins de dix ans, explications comprises.

Dans la salle des professeurs, une enseignante de philosophie se lâche : « Ils ne comprennent absolument RIEN ».

Pendant un bac blanc de philosophie, il fallait surveiller les élèves pour une épreuve qui théoriquement dure quatre heures. Les élèves n’avaient pas le droit de sortir avant une heure et demie. On a donc vu les élèves regarder leur copie blanche pendant une heure et demie. Les plus inspirés écrivaient cinq lignes (de banalités effrayantes). Au bout d’une heure et demie tout le monde s’est levé, a rendu sa « copie » et il n’y avait plus personne dans la classe. Dans trois mois, le jour du bac, ils auront la moyenne !

Cela est banal, mais tout le monde fait semblant, comme si l’enseignement était comme auparavant, ou comme ailleurs en France où cela se passe à peu près correctement.

La plupart des élèves passeront dans la classe supérieure en ayant « assimilé » à peine 1 % du programme. A la fin de la terminale, on va leur « donner » le Bac (il faut respecter les quotas de 80 %). Les élèves continueront aux frais de la République à faire des études dites supérieures et on leur donnera un diplôme aussi bidon que leur Bac. Ils n’auront pas de travail. Ils diront que c’est la faute du racisme puisqu’ils « ont fait des études » ! Il faudra créer donc des quotas pour faire entrer des nuls dans les entreprises.

En dehors de la scolarité, lorsqu’il y a un match de football où joue l’Algérie, on observe dans l’établissement (de la République) un raz de marée de drapeaux algériens de un mètre sur deux, qui déferle jusque dans les classes.

D’ailleurs, si tous les élèves sont nés en France, aucun ne se considère comme Français (la honte !).

Ce que l’on demande aux professeurs, c’est que lorsque l’inspecteur vient, les élèves ne gigotent pas trop. Les inspections sont autant d’occasions de chantage de la part des élèves. « Si vous n’enlevez pas ma punition, ou si vous n’augmentez pas ma note, on vous démolit votre inspection ». Les jours de l’inspection, à la différence de ce qui se passe ailleurs, les élèves sont encore plus infects, surtout si le professeur est considéré comme Français, blanc, non musulman.

De tout ce qui est décrit, l’Éducation Nationale fait un déni de réalité. En tout cas, voilà où l’Etat verse des millions d’euros pour construire la France de demain.

Patrice GROS-SUAUDEAU


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