La politique en textes !

L’Opinion
30 avril, 2013, 17:28
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L’opinion, la doxa en grec, s’oppose aux deux autres façons de penser à celle de la science (epistemé) et celle de la philosophie. Elle est considérée comme un savoir malpropre donc méprisée. Elle peut passer pour être l’expression d’une subjectivité alors qu’elle ne fait souvent que répéter ce que dit un groupe social, la collectivité….L’opinion a pourtant son mode de fonctionnement venant de la tradition, des mythes, de la religion, d’une mentalité collective.
Elle est sociologiquement celle de la masse ou du peuple par opposition à « ceux qui savent », les experts, les diplômés, ceux qui ont fait des études. Elle exprime un rapport social.
Les élites ont donc le plus grand mépris pour ceux qui ne savent pas et ne font que répéter l’opinion du peuple, c’est à dire celle du café du commerce.
Dans les sondages ont met souvent en exergue la catégorie des diplômés et celle des non diplômés.
L « opinion » des non diplômés étant présentée de façon plus ou moins sournoise comme celle de la bêtise, des incultes. On trouve souvent l’expression « plus les personnes sont diplômées, plus elles pensent ceci », ce qui sous-entend que la pensée contraire (ou différente) est celle des imbéciles. Bref l’opinion serait à l’opposé d’un savoir « vrai ».
La destruction de l’opinion par la philosophie
La philosophie s’est construite contre l’opinion. Dans la République Platon s’attaque à l’homme de l’opinion qui est un aveugle, un prisonnier, un malade. Toute l’histoire de la philosophie est liée à une dévalorisation de l’opinion. Si pour certains toutes les opinions se valent Platon rétorque que si toute opinion est vraie alors on a aussi l’opinion que l’opinion est fausse.
On retrouvera cette condamnation chez Bachelard dans la formation de l’esprit scientifique : « la science, dans son besoin d’achèvement comme dans son principe, s’oppose absolument à l’opinion. S’il lui arrive, sur un point particulier, de légitimer l’opinion, c’est pour d’autres raisons que celles qui fondent l’opinion ; de sorte que l’opinion a en droit, toujours tort. L’opinion pense mal ; elle ne pense pas : elle traduit des besoins en connaissances. En désignant les objets par leur utilité, elle s’interdit de les connaître. On ne peut rien fonder sur l’opinion : il faut d’abord la détruire. Elle est le premier obstacle à surmonter ». On a là de façon presque caricaturale le point de vue de la Science qui rejoint celui de la philosophie avec Descartes dans le discours de la méthode lorsqu’il énonce les quatre principes de la méthode : « le premier étant de ne recevoir jamais aucune chose pour vraie, que je ne la connaisse évidemment être telle… ». Ce principe s’oppose bien sur à l’opinion comme à la tradition et l’autorité.
Husserl où la doxa réhabilitée
Face à la science, la doxa était honteuse. La doxa n’était qu’une somme de lieux communs (qui dort dîne…) ou de préjugés. Avec Socrate et son questionnement et l’élève Platon, la raison s’est construite jusqu’au système cartésien. L’opinion était fondée sur le quotidien de l’existence. Husserl a vu dans la doxa le monde de la vie premier. La doxa est donc réhabilité comme ce qui nous donne les premières explications de notre vécu. Le monde de la quotidienneté n’a en général que faire de la version scientifique du monde. Quand j’ai chaud je n’ai pas besoin de connaître la thermodynamique.
La doxa pour Husserl a fondé les constructions postérieures de la Science. Mais la science n’a fait que désenchanter le monde premier de la quotidienneté. Elle a substitué des constructions logiques faites d’idéalités au monde de la vie. On peut dire que la phénoménologie à la différence de la Science a redonné sa place à la doxa.
Heidegger
Pour le philosophe I’ « être-jeté » est l’affectivité du Dasein (être-là). Le Dasein est dans la quotidienneté c’est à dire qu’il se trouve dans un contexte historico-social. L’être-là est un « être-avec » donc il comprend le monde selon l’opinion de tous ce que Heidegger appelle le « on » anonyme. « On » se scandalise comme tout le monde. L’opinion du Dasein ne fait que partager l’opinion commune.
Le philosophe parlera de dictature du « on ». L’existence est à l’origine inauthentique. L’être-là ne peut jamais se soustraire à cette interprétation quotidienne dans laquelle il a d’abord grandi. C’est en elle, à partir d’elle et contre elle que s’accomplit toute compréhension authentique. Heidegger comme Husserl réhabilite la doxa comme compréhension originaire.
L’authenticité consiste à sortir de l’opinion commune. Le monde du « on » est une pré-compréhension.
L’opinion chez Heidegger s’appelle aussi bavardage qui parle de tout. Le Dasein pour être authentique doit se détacher du « on ».
À partir de l’opinion on retrouve la problématique de la vérité et de sa construction, L’homme a souvent la fatuité de croire que « son » opinion vient de lui alors qu’elle n’est que le produit de son milieu social, de l’école, de la société, des médias, des faiseurs d’opinion…
Notre société est ambivalente car elle se veut technico-scientifique donc ne donnant de valeur qu’à la science et dans le même temps par ses sondages incessants elle donne une valeur immense à l’opinion publique où toutes les opinions se valent de l’imbécile ou « savant », ce terme maintenant comprenant par exemple des prix Nobel ou autres.
Si l’opinion en mathématiques n’a guère de sens elle refait son apparition même dans des domaines comme la Science, la physique où il existe différentes interprétations et la biologie.
L’opinion politique étant une conviction elle paraît donc hors du vrai ou du faux. Cette « opinion » politique se retrouve pourtant dans ce qu’on appelle les « sciences humaines ».
L’opinion comme toute connaissance â sa part de métaphysique.
PATRICE GROS-SUAUDEAU



DSK-Cahuzac-Sarkosy
30 avril, 2013, 12:58
Classé dans : économie et finance,politique politicienne

Les petites gens croient toujours que ceux qui ont des responsabilités importantes ont une vie privée culturelle intense en accord avec leur charge. Qu’ils passent leurs soirées à des concerts de musique classique ou à l’opéra. Au cours de dîners mondains ils abordent de façon passionnée toutes les grandes questions économiques, philosophiques et politiques se posant à l’humanité. On se demandait souvent pourquoi DSK n’avait pas de vie mondaine à Washington. Avec l’affaire du Carlton on a appris que DSK avait mieux à faire qu’aller faire le baise-main à de vieilles américaines aux lourds colliers de diamant.
Quand j’étais en terminale C (qui n’existe plus), mon professeur de mathématiques répondait quand un élève posait une question : « c’est une question de terminologie ». Pour qualifier Strauss-Kahn on a eu beaucoup de terminologie. Pour ceux de sa communauté c’était un séducteur. Pour les autres moins indulgents, c’était un vicelard ou un détraqué sexuel. Quand aux féministes elles ont surtout vu un salopard. Les mots comme toujours n’expriment qu’une subjectivité.
On a souvent reproché à Cahuzac d’avoir de mauvaises fréquentations politiques surtout celles qu’on qualifie « d’extrême droite ». Pourtant il n’y avait rien de plus social et tolérant chez cet homme qui relativisait l’idée de vérité en politique. Pourquoi avoir toujours la mentalité d’être en guerre civile avec des gens qui pensent différemment ? Plus sérieusement, l’argent transcende les clivages politiques. Pour paraphraser Shakespeare l’argent ouvre toutes les portes de droite comme de gauche. Ou avait-il compris intuitivement cette sentence de Nietzsche : « les convictions sont des prisons ».
Avec Cahuzac le mensonge ne sera plus ce qu’il était comme au temps de Chirac où il suffisait de passer à la télé et de dire « pschitt » ou « abracadabrantesque » pour faire taire la polémique et stopper toute enquête. L’époque en politique où l’on mentait « droit dans les yeux » n’est peut-être pas terminée, mais a pris un peu de plomb dans l’aile. Sarkosy avec les affaires Bettencourt, Karachi, le financement par la Lybie et le Quatar devra en dire plus que Chirac pour convaincre.
PATRICE GROS-SUAUDEAU



Le Chaos
16 avril, 2013, 16:01
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Le mot est grec à l’origine. Il signifie faille, béance. Le chaos précède l’origine du monde.
« Au commencement fut le chaos… ». Il était une matière sans forme avant la création de la Terre.
En politique, on l’associe au désordre. En mai 68, le général de Gaulle utilisait pour le mot chaos le terme chienlit. Kant dans sa vision de la morale définit le mal de façon universelle ainsi : « est mal ce qui crée le chaos si chacun agit de la même façon ».
De nos jours, on ne peut plus utiliser ce terme sans faire référence à la théorie du chaos.
•    La théorie du chaos
Née dans les années 70, elle a été une nouvelle composante de la physique après la relativité et la mécanique quantique.
À la fin du XIXème siècle, Poincaré avait déjà étudié ou plutôt abordé la question de la sensibilité aux conditions initiales avec son étude sur le problème à N corps (N> 3). Le problème à 3 corps consiste à l’étude du mouvement gravitationnel avec par exemple le système Soleil-Terre-Lune. Se pose alors la question de la stabilité. Un corps peut en percuter un autre ou une planète pourrait sortir du système solaire. On n’est plus dans la prévisibilité déterministe de Laplace. Le mouvement des planètes n’est plus réglé comme une horloge comme le laissait supposer la mécanique classique. On appelait Dieu le grand Horloger. Il fallait accepter l’idée d’indétermination. Trouver des lois de probabilités, c’est déjà mettre de l’ordre dans le désordre. Le chaos est sans lois de probabilités.
On introduit dans cette théorie du chaos le temps caractéristique : temps au bout duquel les écarts sont multipliés par dix dus à des modifications initiales.
Le mouvement des planètes de notre système suivant les calculs de Jacques Laskar est chaotique. La théorie du chaos enseigne aussi que la Terre sans la Lune pourrait même se trouver couchée sur sa trajectoire. Notre système est complet. Une autre planète le déstabiliserait.
•    La météorologie
La théorie du chaos avec comme application la météorologie a gagné en notoriété. Le nombre de facteurs intervenant est très grand. On relie toutes les variables par des équations connues et classiques comme les lois des gaz parfaits et les équations de Navier-Stokes (lois d’écoulement pour la mécanique des fluides). Edouard Lorenz a construit un modèle à douze variables. Il s’aperçut que les évolutions diffèrent avec des conditions initiales très proches. La météorologie est donc un système chaotique. Les conditions initiales variant parfois de façon infime donnent des évolutions très divergentes au bout d’un certain temps, ce qu’on a appelé plus communément l’effet papillon.
•    L’attracteur de Lorenz
C’est un système de trois variables soumises à trois équations différentielles. Le système est représenté par un point dans l’espace à trois dimensions. L’évolution du système en fonction des données initiales est déterminée par les équations de Lorenz.
La trajectoire s’enroule autour de deux anses, l’une puis l’autre de façon aléatoire sans que l’on puisse prévoir laquelle des deux anses.
Les trajectoires, quelles que soient les conditions initiales, vont vers une région limitée de l’espace.
Il y a donc à la fois hasard et nécessité.
•    Application de la théorie du chaos à un modèle de population
On utilise la notion de suite pour ceux qui connaissent un peu les mathématiques.
La population est donnée à un instant n en fonction de la population à l’instant n-1.
Un = 4a Un-1 (1- Un-1)
Pour des situations initiales très peu différentes, les évolutions divergent fortement. On a donc affaire à un système chaotique.
Pour des valeurs de a différentes, les courbes sont aussi très différentes.
La théorie du chaos, comme tout domaine de la physique, fait appel aux mathématiques. Elle s’est considérablement développée avec l’apparition des ordinateurs qui ont permis des simulations.
Elle rassemble une somme de résultats mathématiques.
En reprenant les modèles mathématiques de la physique établie, la théorie du chaos constate l’instabilité par rapport aux conditions initiales et l’existence d’attracteurs. On sort du pur déterminisme laplacien. Il y a de l’imprévisibilité. Ce déterminisme avait été appuyé par le théorème de Cauchy-Lipchitz qui énonçait une trajectoire bien établie une fois les conditions initiales données. Il existe de plus un temps T aux bornes de prévision. Au-delà de ce temps, on ne peut plus rien prévoir. Ce temps s’appelle temps caractéristique ou horizon de Lyapaunov. Cette théorie s’est développée grâce bien sûr à des modèles qu’on a pu faire tourner sur des ordinateurs de plus en plus puissants.
Le Chaos en dehors de la théorie du chaos
La théorie du chaos a imposé sa conception du chaos, mais nous allons voir chez Nietzsche une version du chaos hors de la physique.
« Il faut encore avoir du chaos en soi pour pouvoir enfanter une étoile qui danse » (FN).
Le chaos est propice à la création artistique. Le bouillonnement intérieur est la condition d’une gestation. C’est la genèse d’une œuvre. Le petit employé de bureau « bien ordonné » ne produira jamais rien.
« Le préjugé foncier est de croire que l’ordre, la clarté, la méthode doivent tenir à l’être vrai des choses, alors qu’au contraire, le désordre, le chaos, l’imprévu n’apparaissent que dans un monde faux ou insuffisamment connu, bref, sont une erreur ; c’est là un préjugé moral, qui vient de ce que l’homme sincère, digne de confiance, est un homme d’ordre, de principes et a coutume d’être somme toute, un être prévisible et pédantesque. Mais il est tout à fait impossible de démonter que « l’en soi » des choses se comporte selon cette définition du fonctionnaire modèle ».
Il est certain que parfois l’éducation des enfants est un étouffoir de l’imagination et de la créativité. Une réflexion souvent entendue de la part des parents et professeurs : « Il faut les cadrer ».
Ce n’est que la mise en place de l’ordre qui stérilise. Trop d’interdits non seulement créent des névroses, mais empêchent toute création.
Patrice GROS-SUAUDEAU


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