Les Présocratiques
Si la philosophie n’a sans doute pas commencé avec les grecs, les traces qui nous restent sont celles des présocratiques. Le berceau de la philosophie occidentale s’est trouvé en Asie mineure (Ionie) pour ensuite s’établir en Italie du sud.
Toutes les questions essentielles sont abordées comme l’origine du monde, la vérité, l’être, la morale ou l’éthique…. La philosophie grecque n’est donc pas née à Athènes avec Socrate, mais elle y convergera. La philosophie première a donc parlé grec bien avant que Heidegger ne dise qu’elle parle allemand.
Les philosophes comme Hegel, Nietzsche (avec Heraclite) et Heidegger (avec Parménide) se réfèreront aux présocratiques. Si les présocratiques ne se coupent pas complètement des mythes, il y a chez eux une recherche d’explication du monde qui veut sortir de la mythologie. Le discours se veut de plus en plus rationnel. S’il ne reste parfois que des fragments de textes, ils seront source d’inspiration pour les futures philosophes d’Athènes et même de tout l’Occident.
Les philosophes d’Ionie
Les philosophes d’Ionie sont les premiers à avoir pratiqué la philosophie naturelle, c’est-à-dire ce qu’on appelle maintenant la physique. Auparavant, les seuls qui donnaient sens étaient les poètes et les théologiens. Pour les philosophes milésiens (c’est-à-dire de Milet), il y a un principe originaire commun (arche) parmi la diversité des choses.
Thalès de Milet
Il est considéré comme le premier philosophe (Vlème siècle avant J.C.). Il fut de ceux qui étudièrent la nature en dehors du mystère des mythes. Thalès a donc un regard de physicien qu’on dirait de nos jours qualitatif.
L’arche (le principe originaire) est l’eau.
« Et l’eau est le principe de la nature humide, qui comprend en soi toutes les choses » (Simplicius).
Si Thalès a eu une explication rationnelle des choses, il reste croyant aux dieux.
« Thalès a pensé que toutes choses étaient remplies de dieux » (Aristote)
Le savoir n’étant pas divisé comme de nos jours, Thalès était aussi mathématicien et astronome (il avait prévu l’éclipsé de 585 avant J.C.).
Anaximandre
Il fut le disciple de Thalès. Ce présocratique a défini le principe originaire comme étant l’infini, l’illimité (a-peiron : le non limite).
« Illimité est le principe des choses qui sont. Ce dont la génération procède pour les choses qui sont, est aussi ce vers quoi elles retournent sous l’effet de la corruption, selon la nécessité ».
Le monde chez Anaximandre est organisé de façon harmonieuse. Il est le résultat de forces contraires.
Anaximène
L’arche pour ce philosophe est l’air. Il pénètre tout élément.
« Notre âme, parce qu’elle est de l’air, est en chacun de nous un principe d’union ; de même le souffle ou l’air contient le monde dans son ensemble ».
L’air est un principe infini. Anaximène reprend en cela Anaximandre.
Les Pythagoriciens
L’école a été fondée par Pythagore. Les membres vivent à Crotone en Italie du sud. L’essence de la réalité est contenue dans les nombres. « Tout est nombre ».
« Or, à cet égard, il apparaît que les pythagoriciens estiment que le nombre est principe, à la fois comme matière des êtres, et comme constituant leurs modifications et leurs états » (Aristote, La Métaphysique).
On a donc chez les pythagoriciens une interprétation mathématique du réel avant Galilée et Descartes.
Le pythagorisme a eu des ressemblances sur d’autres points avec l’orphisme. La mort délivre l’homme de l’état de prisonnier de son corps. La vie est faite pour expier nos fautes. Le corps est une déchéance de l’âme.
Les pythagoriciens seront aussi des stoïciens avant l’heure puisqu’ils prônent une vie ascétique et la maîtrise de soi.
Heraclite
Le philosophe inspira Hegel et Nietzsche. C’est le penseur du devenir et de l’écoulement ininterrompu du temps.
« Car on ne peut entrer deux fois dans le même fleuve » « Tout passe et rien ne demeure »
« Les choses froides se réchauffent, le chaud se refroidit, l’humide s’assèche et le desséché se mouille »
Tout a son contraire. Le conflit (la guerre) est père de toutes choses. Une réconciliation serait la fin du monde. Heraclite fut le premier dialecticien. D’une façon que reprendra Platon, Heraclite distingue entre ce qui est évident pour les sens et ce qui est accessible à la pensée.
« Nature aime à se cacher. La plupart n’ont pas conscience de ce que sont les choses qu’ils rencontrent. Ils ne comprennent pas, quand ils apprennent mais ils se figurent »
Les Eléates
Xénophane est considéré comme le premier penseur de l’École des Eléates, fondée à Elée (Italie du sud). Il a une attitude critique vis-à-vis des religions et superstitions. Il combat aussi la contradiction dans le raisonnement.
Xénophane est très sceptique sur la faculté de connaissance de l’homme. On ne connaît que ce qu’on est capable de percevoir, c’est-à-dire pas grand-chose.
« La connaissance claire, aucun homme ne l’a eue et il n’y aura personne qui la possédera au sujet des dieux et pour toutes choses dont je parle » (Xénophane).
Le philosophe dénonce l’anthropomorphisme que l’on trouve par exemple chez Homère et Hésiode qui attribuent aux dieux les caractères des hommes.
« Les bœufs et chevaux peindraient semblables à des bœufs et à des chevaux les figures des dieux et leur façonneraient des corps semblables à l’apparence que chaque espèce a pour soi… les Ethiopiens, Leurs dieux ont le nez camus et la peau noire »
Parménide (VI, Vème siècle avant J.C.)
Sa philosophie est contenue dans cette phrase :
« L’être est, le non-être n’est pas ». L’être est donc immobile. Les sens nous trompent qui nous donnent l’apparence du changement.
Parménide s’oppose radicalement à Heraclite le philosophe du changement. Il pose le principe de non-contradiction. On ne peut pas être et ne pas être. Parménide énoncera aussi : « C’est la même chose que penser et être ». Cette phrase peut être interprétée de différentes façons. Une chose n’existerait que s’il y a conscience pour la penser. On pourrait aussi ne penser que ce qui est est. Une autre interprétation serait de donner de l’être qu’à l’être pensant.
Le disciple de Parménide, Zenon d’Elée va inventer des paradoxes pour nier le mouvement (Paradoxes d’Achille et de la flèche). Le changement et le mouvement ne sont que des illusions.
Empédocle
Le philosophe veut faire une synthèse avec tous ses prédécesseurs. Le mouvement est régi par deux principes : la haine et l’amitié. Il existe quatre éléments qui constituent les choses : le feu, l’eau, la terre et l’air.
« Car c’est des éléments que sortent toutes choses, tout ce qui a été, qui est et qui sera… Ils sont les seuls à avoir l’être, et dans leur course, par échanges mutuels, ils deviennent ceci ou cela ». Comme les pythagoriciens, Empédocle pense que les hommes sont sur terre en exil, expier une faute commise au royaume des dieux. La vie est un purgatoire.
Anaxagore
Le principe du mouvement est une intelligence séparée, un « intellect » (nous). L’être, pour Empédocle était quadruple. Pour Anaxagore, il y a un nombre infini d’éléments premiers. Les choses sont déterminées par une combinaison de ces éléments. Ce ne sont pas des atomes, que nous verrons ensuite car les semences d’Anaxagore sont divisibles à l’infini à la différence des atomes insécables. Les matières sont mues par le nous (esprit) qui les ordonne.
Les Abdéritains (Vème siècle avant J.C.)
Leucippe est le fondateur de la théorie atomiste. Atome en grec veut dire insécable (a-tomos). Les atomes se déplacent par pression et choc mutuels. Cette explication mécanique du monde exclut Dieu.
« Nulle chose ne se produit fortuitement, mais toutes choses procèdent de la raison et de la nécessité ».
Démocrite, l’élève de Leucippe peut être considéré comme le fondateur du matérialisme. Il exclut tout élément mythique. L’atome est inengendré et éternel. Le vide est nécessaire pour le mouvement. « Les principes de tous les corps sont les atomes et le vide, et tout le reste n’est que croyance… Tout se produit par nécessité : le tourbillon est la cause de la genèse de tous les corps » (Laërce, doxographe)
Les Sophistes
Ils ont été les maîtres du discours et du relativisme, ce qui a séduit Nietzsche qui ne croyait guère à l’idée de Vérité. Les sophistes pouvaient soutenir n’importe quelle thèse. Pour les philosophes comme Socrate, Platon, Aristote à la recherche de la Vérité ceci était un véritable dévergondage de la pensée. De plus, les sophistes se faisaient payer ce qui ne pouvait que révulser les philosophes, esthètes de la pensée. Leur relativisme se trouve dans tous les domaines. Les valeurs morales ne sont que des conventions selon les époques et les lieux. La religion est une invention de l’homme. Pour Prodicos par exemple, les dieux ne sont que l’expression des sentiments humains.
Pour Protagoras : « Il y a sur tout sujet deux discours mutuellement opposés ». « L’homme est la mesure de toutes choses, pour celles qui sont, de leur existence, pour celles qui ne sont pas de leur non-existence ».
On a donc l’homo-mesura.
Gorgias prône un doute que l’on retrouvera chez Descartes, mais ce dernier s’en écartera pour fonder la certitude. Rien n’existe ; si quelque chose existe, on ne peut le connaître ; si on peut le connaître, on ne peut l’exprimer. L’homme est enfermé dans les opinions.
Platon trouvera les sophistes dangereux.
Les présocratiques présentent une très grande diversité. Mais au-delà de leur pluralisme d’écoles, il reste un discours qui se veut de plus en plus lié à la raison. Chez les philosophes de l’école de Milet comme pour les Abdéritains il y a la formation d’un discours scientifique qui se prolongera jusqu’à nos jours. Les pythagoriciens ont introduit les mathématiques comme outil de connaissance pour étudier la nature. Les grands thèmes métaphysiques furent abordés. S’il ne reste que des fragments écrits, cette pensée nous est parvenue grâce aux doxographes et aux philosophes postérieurs qui les ont commentés. Socrate et Platon ne partirent pas de rien pour constituer une nouvelle somme philosophique.
Patrice GROS-SUAUDEAU
L’hommage de Hollande aux musulmans
Sans doute à court d’idées le gouvernement a voulu rendre hommage aux musulmans morts pour la France. Pourquoi ne pas rendre hommage aux protestants morts pour la France ! Dans sa stupidité électoraliste la gauche par ce geste met à part les musulmans de la communauté nationale comme s’ils n’étaient pas vraiment comme les autres. Pourquoi aussi ne pas rendre hommage aux Bretons et Corses morts pour la France (très nombreux) qui le mériteraient. On pourrait aussi rendre hommage aux corps de métiers comme les vignerons morts pour la France.
Cet hommage comprend-t-il les musulmans engagés dans la Waffen-SS et les nord-africains de la BNA(brigade nord-africaine)au service de la gestapo française ?
De toutes les façons les Africains musulmans enrôlés dans l’armée française se sont engagés parce qu’ils étaient nourris, habillés, logés, blanchis. Les valeurs de la république ou les droits de l’homme étaient rarement une motivation. À l’engagé on a dit : « Tire sur les boches »;
François Hollande a-t-il voulu mettre fin à ce cocuage planétaire dont on nous a rebattu les oreilles pendant des semaines ?
Patrice Gros-Suaudeau
La philosophie médiévale
À l’école de la République, l’enseignement de la philosophie passe directement d’Aristote à Descartes comme s’il n’y avait rien entre les deux. Les hommes ne se sont pourtant pas arrêtés de penser, mais la pensée occidentale a pris une orientation religieuse, et même chrétienne.
Religion et philosophie, ou plutôt foi et savoir, se sont imbriqués. Pour certains philosophes comme l’anglais Russel, la philosophie devant se séparer de la religion et de la foi, cela constitue une incompatibilité.
De plus, pendant le moyen-âge, l’Occident n’était pas dominant, la Chine et le monde musulman étant plus développés. Le moyen-âge n’est donc pas perçu comme une grande période pour les Occidentaux. La philosophie médiévale étant la rencontre du christianisme et de la philosophie, se trouve aussi être une construction du premier. La foi pourtant s’oppose à la philosophie. On obtient le salut par une ignorance et non par la sagesse ou la connaissance. Globalement, la philosophie médiévale sera la confrontation des Saintes Ecritures avec les textes des Pères de l’Eglise qui incorporeront la philosophie grecque (Platon, Aristote, Stoïciens,…)
Benoit XVI à l’université de Ratisbonne avait souligné l’alliance entre la foi et la raison dans le christianisme à la différence de l’islam où la foi est première et exclusive. Le christianisme est aussi lié à son Histoire après la révélation contrairement à l’islam où l’interprétation consiste à sans cesse revenir au Coran.
La Patristique
La doctrine chrétienne fut élaborée par les Pères de l’Église à l’aide de la philosophie de l’Antiquité.
Le plus important fut Saint Augustin qui fut essentiellement influencé par le néoplatonisme. Les Pères de l’Église ont possédé autant d’autorité que la Bible. Pour Clément d’Alexandrie (IIème siècle) l’usage de la philosophie est salutaire. Cette position s’oppose par exemple à celle de Tertullien pour qui « Jérusalem et Athènes n’ont rien à faire ensemble ». Mais la conception qui s’imposa fut « Fides quaerens intellectum » (la foi cherchant la compréhension). Mais la philosophie peut être aussi une réflexion sur la révélation.
Saint Augustin (Vème siècle)
Son œuvre majeure fut « Les Confessions ». Il raconte sa vie avant sa conversion. Il y développe des réflexions sur le temps qui deviendront célèbres et serviront dans les analyses de Descartes et Husserl sur le même thème. Pour connaître, l’homme doit croire, et réciproquement. « Crede ut intelligas, intellege ut credas » (Crois pour connaître, connais pour croire). Saint Augustin avait anticipé Descartes. Si je doute ou me trompe, j’existe : « Si enim fallor, sum » (Si en effet je me trompe, je suis). Dieu est en nous. Saint Augustin parle de notre intériorité. « Noli foras ire, in te ipsum redi, in interiore homine habitat véritas » (Rentre en toi-même, ne t’en vas pas au dehors, c’est au cœur de l’homme qu’habite la vérité).
Saint Augustin fut aussi le théologien du péché originel et de la grâce. L’homme ne peut être sauvé que par la grâce. « C’est par la grâce, en effet que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi ; vous n’y êtes pour rien, c’est le don de Dieu. » (Saint Paul)
On a aussi chez Saint Augustin une philosophie de l’Histoire. Il y a lutte entre le royaume de Dieu et le royaume terrestre : « Deux amours ont donc bâti deux cités, l’amour de soi jusqu’au mépris de Dieu, la cité de la terre ; l’amour de Dieu jusqu’au mépris de soi, la cité de Dieu. L’une se glorifie en soi et l’autre dans le Seigneur. » (La Cité de Dieu).
La première scolastique
Plusieurs théologiens, en général appartenant à la prêtrise, ont émergé. Nous allons étudier les plus importants.
Pour Jean Scot Erigène (IXeme siècle), la raison doit expliquer la révélation. Il ne doit pas y avoir de contradiction entre foi et raison. On doit faire confiance à l’autorité des Pères de l’Église.
Saint Anselme de Canterbury est connu pour sa fameuse preuve ontologique. Dieu existe de par son essence. L’existence appartient à son essence. Cette preuve ontologique de l’existence de Dieu sera critiquée par Kant.
Ce théologien, père de la Scolastique, distinguera trois niveaux de vérité : les vérités éternelles en Dieu, la vérité concordance avec la vérité divine et la vérité de l’énoncé en concordance avec les choses.
Au-delà de la théologie a eu lieu à cette époque la querelle des Universaux qui est un prolongement des idées de Platon.
Les Universaux sont des concepts universels opposés aux choses singulières. Les nominalistes refusaient l’existence réelle aux universaux. Pour les réalistes, les universaux ont une existence réelle comme les idées de Platon. Pour Jean Roscelin (XIeme siècle), les universaux ne sont que des mots.
La philosophie arabe
Sur cette question, il existe une controverse avec des arrière-pensées idéologiques. Pour certains historiens, l’Europe devait ses savoirs à l’islam qui avait récupéré l’héritage grec. De plus, on mélange tous les termes « arabes », « musulmans », « musulmans non arabes ». L’historien Sylvain Gouguenheim a écrit un livre « Aristote au Mont Saint Michel, les racines grecques de l’Europe Chrétienne » où il contredit cette thèse. Pour lui, les liens avec Byzance subsistaient. La culture chrétienne n’avait pas coupé avec les grecs. Les Évangiles furent rédigés en grec. Les Pères de l’Église connaissaient Platon. Dans l’islam, la raison a toujours été seconde par rapport à la révélation. Ce livre en tout cas s’oppose à la phrase de Jacques Chirac qui avait voulu briller en répétant ce que lui avait dit un « intellectuel » : « Les racines de l’Europe sont musulmanes ». Sylvain Gouguenheim rappelle l’existence de Jacques de Venise (XIIeme siècle) qui traduisit au Mont Saint Michel les œuvres d’Aristote en latin.
Citons les philosophes de l’islam comme Al Fârâbî qui fit une synthèse entre Aristote et le néoplatonisme. Avicenne fut aussi un néoplatonicien, proche de Plotin. Averroès a été le commentateur d’Aristote. Il a voulu réunir la philosophie et la religion islamique.
La haute scolastique
L’apogée de la scolastique se fera avec Saint Thomas d’Aquin, mais de nombreux philosophes ou théologiens comme Roger Bacon, Saint Bonaventure, Raymond Lulle (XIIIeme siècle) ont donné leur point de vue.
Roger Bacon veut convertir la terre entière au catholicisme. Il a voulu remédier aux quatre causes fondamentales de l’ignorance : l’autorité, la coutume, le préjugé et la présomption. Le savoir est fondé sur l’expérience.
Saint Bonaventure se tournera vers Saint Augustin et le néoplatonisme. Quant à Raymond Lulle, il fut un propagandiste de la catholicité. Son « Ars magna » auquel se réfère Descartes est apologétique. C’est un art de découvrir la vérité. C’est la première machine à penser de l’Histoire.
Saint Thomas d’Aquin
Il a été plusieurs années l’élève d’Albert le Grand. Il a relié l’aristotélisme à la pensée chrétienne héritée de Saint Augustin. Foi et raison ne peuvent se contredire, émanant de Dieu.
La philosophie part des choses pour atteindre Dieu, alors que la théologie part de Dieu.
Saint Thomas reprend la distinction entre acte et puissance. Il donne cinq preuves (quinque viae) de l’existence de Dieu :
1. Du mouvement dans les choses, il faut remonter à une cause première du mouvement : Dieu.
2. Tout effet a une cause. Mais comme rien ne peut être la cause de soi-même, il doit y avoir une cause première incausée : Dieu.
3. Nous trouvons des choses qui pourraient être ou ne pas être. Elles ne sont pas nécessaires. Il y a un être nécessaire d’où elles tirent leur existence.
4. Il y a en toutes choses un plus et un moins. Cela ne peut se dire que s’il y a un étalon de mesure qui possède la détermination de la perfection : Dieu.
5. Les corps naturels tendent vers une fin. Cela n’est possible que pour un être intelligent à l’origine de la finalité dans les choses : Dieu
Saint Thomas a voulu faire une somme qui rend compatibles les Écritures Saintes, les écrits d’Aristote et ceux des Pères de l’Eglise.
Maître Eckhart (XIIIème-XIVème siècles)
C’est le représentant de l’association de la mystique avec la théologie. D’inspiration néoplatonicienne, il écrivit des traités théologiques en latin, des sermons en allemand. On trouve Dieu dans le Rien. On a une véritable spiritualité du vide et du rien : « Les nonnes mystiques, les recluses, les solitaires, tous ceux qui avaient soif d’anéantissement devant le divin ne pouvaient manquer de trouver leur joie dans un tel détachement. Ils rejoignaient Dieu dans le dépouillement extrême qui était à leurs yeux et selon la logique la plus stricte la vérité suprême de l’absolu ». (Alain Michel)
Le pauvre renonce à lui-même en s’abandonnant à Dieu.
La scolastique tardive
Guillaume d’Ockham (XIIIème-XIVème siècles) fut un initiateur de la pensée moderne.
On trouve deux principes dans sa pensée :
Le principe d’omnipotence. Dieu aurait pu créer les choses autrement. Le monde créé apparaît pour l’homme comme un enchainement de faits. Mais aucun être n’implique l’existence nécessaire d’un autre.
Le principe d’économie (le rasoir d’Ockham) n’est pas un principe religieux : « On ne doit jamais multiplier les êtres sans nécessité » (pluritas numquam est ponenda sine necessitate).
Tous les principes qui ne sont pas nécessaires à l’explication d’une chose sont superflus et doivent être rejetés.
Dans la querelle des universaux, Ockham est nominaliste.
La pensée médiévale et sa perpétuelle réflexion sur la confrontation entre foi et savoir a abouti pendant la scolastique tardive à la mise en place de la pensée moderne. Pour Guillaume d’Ockham la science de Dieu et la science de la nature n’ont aucun rapport. Pour lui, sur le plan politique, le pouvoir temporel n’a rien en commun avec le pouvoir spirituel. Commence à se dessiner une pensée scientifique avec le principe du rasoir d’Ockham. Newton en fut le prolongement.
« Non sunt multiplicanda entia praeter necessitatem ».
La philosophie médiévale a aussi transmis la philosophie grecque jusqu’à nous, qui portait en elle l’explication du monde en dehors des mythes et de la religion.
Patrice GROS-SUAUDEAU
La gauche nauséabonde
La dernière querelle sur la théorie du genre montre l’utilisation perverse des mots de la part des socialistes.
Vincent Peillon a passé son temps de façon hypocrite à dire que la théorie du genre n’était pas enseignée à l’école mais était enseignée l’égalité.
il a bien sûr ajouté (on ne peut pas y échapper) que c’étaient les valeurs de la république, pour la gauche, il ne reste plus qu’à s’agenouiller les mains jointes.
Mais dans la nouvelle idéologie socialiste, égalité et théorie du genre sont plus que proches, l’égalité pouvant se comprendre – par exemple comme le fait que l’on dise aux petits garçons d s’assoir aux toilettes comme les petites filles (comme cela a été élaboré en Suède) !
L’égalité n’est en fin de compte qu’un fourre-tout dans lequel peut tout mettre (y compris la théorie du genre). Vincent Peillon n’a pas rassuré grand monde.
Toute cette affaire s’ajoute à toutes les propositions de Terra-Nova qui ne sont que l’ADN de la gauche française. Il ne s’agit plus de détruire la France, mais de remplacer son peuple, son histoire.
C’est certes la conception d’intellectuels tordus, adeptes de la haine de soi, mais ce sont eux qui élaborent le programme socialiste en sous-main, qui doit s’appliquer de façon plus ou moins sournoise.
Les électeurs socialistes qui votent PS croient encore que la gauche défend les pauvres comme au temps de Jaurès.
Le feuilleton sentimental sur Hollande et sa dernière maîtresse a voulu être récupéré par la gauche qui nous présente maintenant Julie Gayet comme un sainte du cinéma, milieu pourtant où il n’y en existe pas beaucoup.
Avoir été choisie comme favorite par le président nous est raconté comme la récompense d’une femme de gauche n’ayant fait que le bien autour d’elle. C’est sans doute la nouvelle conception de la méritocratie socialiste.
En tout cas, Julie Gayet a décidé d’être la discrète maîtresse de « notre » président comme le fut Éva Braun.
Patrice Gros-Suaudeau