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Le transhumanisme
12 août, 2014, 13:50
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L’homme a toujours eu le fantasme de l’immortalité et de la jeunesse permanente. La souffrance et la maladie ont aussi été des moments que l’homme a voulu faire disparaître.

Le transhumanisme reprendra tous ces fantasmes pour les incorporer à son programme. Mais ce courant va beaucoup plus loin car il veut réaliser ce qu’on appellera un « homme augmenté ».

Déjà la chirurgie esthétique veut améliorer ce que la nature avait décidé ou imposé. Les hommes ont utilisé les dopants pour améliorer leurs performances physiques, sexuelles ou intellectuelles.

Sartre a écrit son œuvre en s’aidant de dopants comme de nombreux artistes ou écrivains.

L’utilisation de prothèses a aussi permis l’amélioration des performances sportives. Pistorius a couru plus vite que d’autres sportifs avec leurs jambes « naturelles ».

Jusqu’à maintenant l’évolution humaine s’est faite indépendamment de la volonté des hommes. L’homme aujourd’hui peut influencer son évolution, en être maître, sortir un peu plus du singe en quelque sorte ou de l’animalité.

Beaucoup de régimes politiques ont voulu améliorer la « race » ou l’espèce humaine, du nazisme jusqu’à la social-démocratie suédoise qui ont pratiqué l’eugénisme en favorisant les « meilleurs » et parfois en éliminant aussi. Mais l’eugénisme était encore fondé sur une base « naturelle ». Le transhumanisme veut améliorer les hommes en utilisant la technique et la science pour ceux qui dans un premier temps auront les moyens financiers.

L’immortalité

Il s’agit dans un premier temps d’augmenter l’espérance de vie. Les hommes ont toujours été conditionnés par notre fïnitude et particulièrement les poètes ou » le thème du vieillissement, du temps qui passe est omniprésent. «L’homme est un être-pour-la-mort» (Heidegger). Il s’agit maintenant de sortir de cette mort inéluctable et du vieillissement.

« Personne ne veut mourir, à moins de beaucoup souffrir, sur le plan physique ou émotionnel. Je ne pense pas que la mort donne un sens à la vie sous prétexte qu’elle rend plus précieux le temps dont nous disposons. La vérité, c ‘est que la mort est une prédatrice qui vide la vie de son sens. Elle détruit le savoir, les compétences et les relations humaines. Nous nous sommes construits une belle image de la mort car nous n’avons pas d’autre choix. En réalité, nous la vivons comme une tragédie, et c ‘est d’après moi la bonne réaction. Ce qui donne un sens à notre vie, c ‘est ce que nous en faisons » (Ray Kurzweil).

Les religions ont existé pour nous consoler de la mort et donner des réponses à l’inéluctable.

Pour lutter contre le vieillissement, il faudra agir sur le génome humain. Le vieillissement démarre vers 18-20 ans.

L’allongement significatif de l’espérance de vie posera à l’humanité des défis à la fois économiques, psychologiques, philosophiques et éthiques.

L’homme augmenté

L’homme a augmenté ses facultés par l’outil, ensuite par les machines et les ordinateurs. Ces ajouts étaient externes à lui. L’homme hybride sera mi biologique, mi mécanique. Déjà les membres des individus amputés ont été remplacés par des jambes ou des bras technologiques. On pourra aussi intégrer des nanomachines dans le corps humain, qui corrigent les failles génétiques. Le cerveau humain a ses limites. Déjà les ordinateurs, les calculatrices, sont des prothèses de notre cerveau. Des nanorobots pourront être incorporés dans celui-ci.

Le cerveau

Pour Pascal, l’homme n’était rien ou misérable. Pourtant, le cerveau humain représente le summum de la complexité qui puisse exister dans l’univers. Notre cerveau est infiniment plus complexe que le soleil ou une galaxie. Nous possédons cent milliards de neurones qui peuvent être connectés entre eux. Si l’intelligence peut être définie par le degré de complexité, l’homme peut avoir une raison d’autosatisfaction. Le cerveau représente notre être, notre moi, notre psyché, notre âme pour ceux qui ont la fibre religieuse. Y toucher peut à juste titre faire peur comme le propose le transhumanisme. « L’âme et l’activité cérébrale sont une seule et même chose » (Forel).

On peut introduire un implant dans le cerveau, une prosthèse (élément ajouté).

Si l’on substitue à des parties de notre corps des éléments électroniques, on passe de l’homo sapiens à par exemple un « cyborg ».

Conclusion

Toute nouveauté ou transition technologique fait peur. L’homme a eu peur de la télévision, des machines, des ordinateurs. On assiste à une remise en question de la définition de l’homme par la théorie du genre, les nouvelles possibilités sur la procréation. Notre corps ingurgite de plus en plus de nouveaux éléments (aliments, boissons qui n’existaient pas, médicaments, etc.). La chirurgie installe dans notre corps des éléments artificiels pour palier ceux qui sont déficients. Les amputés d’accidents ou de la guerre bénéficient de prothèses de plus en plus sophistiquées. Pour des malades atteints de la maladie de Parkinson, on introduit dans le cerveau des éléments artificiels.

Le transhumanisme critiqué par certains philosophes existe déjà. Sur le plan éthique ou moral, le plus grand danger viendra lorsque l’on interviendra sur notre cerveau. Nous deviendrons « un autre ».

Patrice GROS-SUAUDEAU


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