La politique en textes !

Le nazisme et la culture allemande
27 mars, 2011, 17:40
Classé dans : concernant l'Europe,plus ou moins philo,politico-historique

S’il est un sujet difficile à analyser c’est bien celui-ci, surtout si l’on veut sortir du type d’analyse superficielle du genre « le nazisme résulte du fait qu’Hitler était un peintre raté » (c’était surtout un autodidacte qui avait beaucoup lu).

Nous allons définir ici le nazisme comme une radicalisation de courants importants et permanents de la culture allemande, sans nier les autres courants existants au cours des siècles.

Cela explique le prolongement qui va de Herder, Schelling, Schlegel, Hegel, Fichte, Humboldt… jusqu’à Spengler, Jünger, Carl Schmitt et Heidegger, les derniers ayant été en partie ou totalement réceptifs à ce courant.

Il a existé de nombreux penseurs allemands que l’on peut qualifier de libéraux, le plus célèbre ayant été Kant avec parfois des aspects prussiens (impératif catégorique, obéissance,…). Il y a eu aussi une pensée de gauche importante venant de Marx ou Rosa Luxembourg écrite en allemand. Avant la deuxième guerre a existé l’école de Francfort certes composée essentiellement de juifs, mais qui faisait partie du paysage intellectuel de langue allemande. N’oublions pas ce courant important, le Wiener Kreiss ou cercle de Vienne, qui prônait le néopositivisme dont un des chefs de file Schlick fut assassiné par un étudiant. La philosophie analytique est née en Autriche et en Allemagne. Tous les courants cités n’avaient rien à voir avec le nazisme ou un pré-nazisme, même une pensée « völkish ».

La notion fondamentale qui a quand même traversé l’Histoire et la culture allemande fut celle de peuple « Das Volk ». On peut même dire que cette idée a été divinisée avec aussi celle de communauté (die Gemeinschaft). Le sens du mot Volk (peuple, race, nation) a été défini par Fichte dans son discours à la nation allemande : « Un peuple, c’est l’ensemble des hommes qui vivent en commun à travers les âges et se perpétuent entre eux sans adultération, physiquement et moralement, selon des lois particulières au développement du divin ».

Pour Hegel, l’État est basé sur le Volk, le peuple allemand étant le seul peuple qui a gardé sa pureté.

Il y a donc eu en Allemagne, bien avant les nazis, la notion de l’État biologique qui englobe les individus de même sang ce qui s’oppose totalement à l’État juridique qui englobe les individus s’unissant à un même contrat (ce qui fut globalement la conception française après la Révolution). La vision historique de l’État allemand s’oppose aussi à la vision libérale (individu coupé de tout lien historique ou de sang) qui fut surtout anglo-saxonne : « Le libéralisme est la mort du peuple » (Moeller van den Bruck). Cette vision a atteint un degré supérieur sous le nazisme lorsque Rudolf Hess déclare : « Nous croyons à la valeur éternelle de la race et du sang et nous nous sentons nous-mêmes les protecteurs désignés de ces valeurs dans la germanité à l’étranger. Le Führer devait venir pour inculquer à nous tous que l’Allemand ne peut pas choisir et n’a pas le droit de choisir d’être ou de ne pas être Allemand… ».

Il y a donc eu une continuité entre la vision raciale allemande du monde antérieure et le nazisme.

Une étude américaine de 1942 avait parfaitement analysé le nazisme : « Les concepts sur lesquels sont basés le mouvement nazi et le Troisième Reich ont des antécédents bien définis dans certains aspects de la pensée politique allemande des XVIIIe et XIXe siècles. La contribution des nazis n’a pas été de créer une nouvelle idéologie politique, mais plutôt de cristalliser les aspirations politiques de ces doctrinaires, et de les appliquer par des méthodes sans ménagements et d’où tout scrupule est banni ».

La conception allemande s’oppose aussi à la tradition républicaine française où tout aspect charnel et historique est nié. Quant à l’Allemagne, après avoir été vaincue, quel est le sens à donner à cette vision allemande qui n’a pas disparu, dans le cadre de la construction européenne ? Il n’y a d’ailleurs pas d’incompatibilité pour elle.

La République en France a ses gardiens de la foi : les francs-maçons qui sont à la République ce que les islamistes sont à l’Islam. Il est curieux qu’en France pratiquement tous les hommes politiques se sentent obligés par moments d’aller « faire la belle » devant les francs-maçons.

L’école de la République apprend aux enfants à s’agenouiller lorsqu’on prononce les mots : droit du sol, laïcité, égalité, universalisme… qui ne sont en fin de compte que des valeurs nihilistes de destruction d’un peuple. Le contrat social en France avait encore une signification quand les individus de ce pays ne divergeaient pas trop culturellement. Entre une vision allemande basée sur le sang et une vision abstraite à la française, quel est le plus fort ciment ? La négation du peuple français charnel et historique est une donnée juridique actuelle. Tout le débat politique depuis des années tourne autour de cette question, ce qu’on appelle l’impensé de la question de l’immigration.

Patrice GROS-SUAUDEAU



La crise continue – La désindustrialisation de la France s’accélère
1 octobre, 2010, 12:22
Classé dans : concernant l'Europe,économie et finance

Le gouvernement français claironne parfois que la crise est finie, que l’on a vu la fin du tunnel. Il faut pourtant rappeler que la France a perdu plus de 350.000 emplois en deux ans, la plupart dans l’industrie. Beaucoup d’entreprises ont profité de la crise pour licencier, délocaliser… La crise aurait créé 700.000 chômeurs de plus.

À cette mondialisation parfois effroyable, s’ajoute la catastrophe de la mise en place de l’Euro qui nous empêche de dévaluer pour redonner un coup de fouet à l’économie française, ce qui serait actuellement la meilleure réponse à notre situation économique. Le fanatisme européiste, l’idéologie post-nationale ont imposé un carcan institutionnel qui empêche toute réactivité.

L’Allemagne et la France ne peuvent avoir la même monnaie, vu la structure économique de leurs pays respectifs. Il n’y a que les européistes fanatiques pour le nier. Les Jacques Attali, Alain Minc et autres ont par leur arrogance intellectuelle conduit la France dans un véritable mur. L’Euro a été la pire invention de la technocratie française ces dernières années. Il faut se rappeler Strauss-Kahn, ministre de l’économie de l’époque, pétant de suffisance plus que de coutume, croquant à pleines dents une pièce d’euro pour nous l’expliquer. Les économies européennes non seulement sont très différentes, mais divergent sous l’effet de l’Euro. Il faut la folie des technocrates pour continuer à soutenir ce déni de la réalité.

Les excédents allemands détruisent les économies française et italienne. On ne peut reprocher d’ailleurs aux Allemands de vouloir sortir du marasme européen et de défendre leurs intérêts. Et malheureusement, leurs intérêts sont incompatibles avec les nôtres dans le cadre de la zone Euro.

La construction européenne exacerbe la compétition entre les nations européennes. Pour résoudre la question de la dette, le gouvernement Sarkozy, aux ordres du néo-libéralisme, va conduire une politique de restriction budgétaire, ce qui va entraîner la France dans la récession un peu plus, une croissance atone, donc plus de chômage qui était déjà dramatique. Et comme le dit un proverbe, le chômage d’un autre, c’est une récession ; lorsque l’on se trouve soi-même au chômage, c’est une crise. On crée donc une nouvelle spirale du déclin.

Toute la politique économique actuelle a pour but d’obéir aux ordres des agences de notation (nouvelle dictature du néo-libéralisme) qui décident de la politique économique de notre pays (obtenir la notation AAA). Il faut donc les rassurer, horizon indépassable de notre politique économique. Euro fort, politique budgétaire restrictive, croissance faible, tout ceci ne conduit qu’à une désindustrialisation encore plus forte de la France. La perte de souveraineté a été considérée par certains comme une abstraction (surtout les haineux de la France). La perte de contrôle de la monnaie nous rappelle avec dureté ce que cela peut signifier.

Une des questions les plus urgentes à résoudre est bien sûr le problème des délocalisations. Il faudrait un ministère de l’industrie qui agisse en conséquence pour les empêcher par tous les moyens. L’avenir d’un peuple est dans la maîtrise de son industrie et de sa technologie. En dehors de tout cela, le reste n’est que littérature. Il faudra mettre en place un véritable volontarisme industriel comme cela est déjà arrivé dans l’histoire de France.

L’élection de Sarkozy, homme qui a une compétence très moyenne en économie, n’a apporté rien de bon à la France. Il n’est de plus, par ses origines, pas traversé par le fait français. Il peut très bien, après sa Présidence, se retrouver avocat à New-York. Il l’a d’ailleurs lui-même envisagé. Son élection n’a été le résultat que d’un peuple qui ne croit plus en lui-même et en ses descendants. Il n’est qu’au service de la finance qui ne se soucie aucunement des intérêts de la France.

Il faut le plus rapidement sortir de cet Euro mortifère, pratiquer un protectionnisme raisonné, avec le soutien des banques aux entreprises qui restent sur le sol national comme cela se pratique en Chine. Il faut aussi utiliser notre épargne (la plus élevée d’Europe) pour l’investir dans nos entreprises et non pas dans les fonds spéculatifs des banques.

Dans une France qui s’appauvrit, on continue toujours une politique d’immigration qui ne sert à rien économiquement si ce n’est à accrocher un boulet économique à la France mais qui satisfait certains lobbies, pour des raisons idéologiques.

De tous temps, lorsqu’un pays voulait envahir un autre, on envoyait l’armée (ou des guerriers) d’abord conquérir le territoire. On envoyait ensuite une population de peuplement. L’Angleterre a opéré ainsi dans ses colonies. Après la conquête, on envoyait des habitants peupler les territoires conquis. Après la conquête de l’Algérie par la France, le gouvernement a envoyé une population européenne de peuplement. Jusqu’à maintenant, cela a constitué la démarche classique.

Avec l’immigration actuelle, le processus s’est inversé. Les pays du tiers-monde envoient d’abord leur population avec leurs familles conquérir les pays européens. Cela bien sûr s’opère sans l’utilisation des armes, ce qui est plus efficace. La guerre est devenue démographique et les pays européens la perdent. Il y a d’ailleurs en France une véritable cinquième colonne qui agit pour la destruction de notre pays et favorise ce qu’il faut bien appeler une invasion.

La France ne se relèvera que lorsqu’elle aura résolu ces deux défis, c’est-à-dire notre déclin économique et surtout industriel associé à une immigration sans fin.

Patrice GROS-SUAUDEAU Statisticien-économiste



La construction européenne actuelle a-t-elle encore un sens ? ( RIVAROL)
7 juin, 2010, 17:20
Classé dans : concernant l'Europe

LA CONSTRUCTION européenne est la grande question de cette fin de siècle. Celle grande vision politique est d’autant moins simple qu’on ne la résoudra pas en prenant position pour ou contre. II s’agit plus d’une question de forme, personne n’étant contre l’Europe, des institutions communes ou une coopération entre pays européens.

Un premier constat s’impose ; la marche vers la construction européenne sous sa forme actuelle continue comme s’il ne s’était rien passé, de la réunification de l’Allemagne ou de l’effondrement du communisme dans les pays de l’Est. Cette nouvelle donne pourtant ne peut que changer radicalement la conception de la communauté européenne qui s’était bâtie après guerre sur Ia réconciliation franco-allemande dans un contexte de monde bipolaire Est-Ouest. La réunification allemande pose en effet de façon aiguë la différence entre les deux visions du monde (Weitanschauung) propres à la culture de ces deux pays. La France ayant de l’Europe une vision égalitaire alors que l’Allemagne la conçoit comme une pyramide, elle-même se trouvant bien sûr tout en haut. La vision allemande du monde est et a toujours été inégalitaire. Ce n’est d’ailleurs pas uniquement une vue de l’esprit puisque, par sa position géographique, sa puissance économique et démographique, cette conception pourra se mettre en place.

De ce premier et grand malentendu résultera par la suite bien des désillusions. La domination économique qu’exercera l’Allemagne sera sans doute le plus solide et durable que celle qui provient d’une bataille gagnée, l’histoire prouvant toutes les conséquences perverses à gérer par la suite.

Après l’effondrement du système économique socialiste on peut aussi difficilement construire l’Europe contre ou sans le monde slave ou la Russie ! Le problème de la frontière se pose sans cesse pour la construction d’une Europe faite de trous (Suisse, Norvège … ) et de demi-trous (Grande Bretagne) avec en plus le problème existentiel de savoir si la Turquie en fait partie ou non. Dans le cas où elle serait membre, de nombreux pays comme le Maroc ou Israël demanderaient à entrer dans la communauté européenne. L’idée d’un grand ensemble uni se détruit d’elle-même par son extension infinie. Plus l’Europe s’élargit, plus elle devient minimaliste. Un des plus grands freins à une vie réellement commune est que l’immense majorité des hommes ne maîtrisera jamais parfaitement qu’une seule langue, les individus totalement bilingues ou plus étant des exceptions. Cependant que dans les pays où existent plusieurs langues officielles (Canada, Belgique), les réticences à parler la langue de l’autre sont encore plus folles.

L’ABSTRACTION CONTRE LA NATION

Ce n’est sans doute pas un hasard si l’idée de la construction européenne a germé dans le cerveau d’un Français : Jean Monnet, la France étant le pays qui se veut celui de l’égalité et de l’universel.

La construction actuelle de l’Europe est dans le fond basée sur la philosophie des droits de l’homme qu’il faut distinguer de ses paragraphes pris séparément. Cette philosophie politique veut fonder un homme abstrait sans références nationales, ethniques, de sexe, sociales ou religieuses (ces aspérités devenant des saletés à reléguer au fin fond de la vie privée).

Cette idéalité de l’homme n’a rien d’absolu, elle est une extrapolation construite à partir d’un monde existant (qui fut d’ailleurs celui de la société française au XVIII siècle).

Toute politique humaine commence donc par la volonté d’édification d’un homme nouveau, actuellement l’homo europaeus (très proche de l’homo mondialis), doté d’une nouvelle identité européenne, auberge espagnole où chacun à défaut d’y prendre quelque chose qui n’existe pas, y déverse tous ses fantasmes (Europe blanche ou chrétienne, club de riches, volonté de puissance, anti-américanisme larvé, peur de l’Allemagne, haine des nations, de sa nation ou tout simplement haine de soi, néo-nationalisme européen ou avant-dernière étape qui précède la grande dilution totale, nouvel homme médian produit de toutes les cultures, homme informe sans entité ni passion comme par exemple le prônent Jacques Delors ou Jean-Louis Bourlanges). Face à cette philosophie des droits de l’homme, nous avons deux critiques majeures, l’une de gauche, l’autre de droite.

Pour ces deux critiques, l’homme abstrait n’existe pas, il n’y a que des hommes faits de chair et de sang avec une histoire, un passé.

Marx définit essentiellement l’homme charnel et concret dans sa classe d’origine. Les droits de l’homme pour emprunter sa phraséologie ne sont qu’une superstructure (institution) construite à partir d’une infrastructure ( système économique). La gauche a voulu élaborer une société sans classes pour construire un monde nouveau. Comme chacun sait, ce mythe s’est effondré. La critique de droite vis-à-vis des droits de l’homme vient principalement du philosophe anglais Burke pour qui l’homme est le produit de sa nation, communauté des vivants et des morts. Elle crée donc soit des Français, des Allemands et des Russes et non des hommes abstraits ou des monades leibniziennes. On peut conclure de ces deux critiques que les deux racines de l’homme en plus des différences individuelles sont la nation et sa classe sociale.

Après l’échec de l’élaboration d’une société sans classes on veut maintenant construire un autre délire, celui d’un monde sans nations, ou celles-ci bien émasculées puisque maintenant ce n’est plus, parait-il, à cause des classes sociales mais à cause des entités nationales que les hommes ne s’aiment pas. Pourtant, les différenciations-fascinations qu’elles créent font souvent que des hommes et des femmes s’attirent réciproquement.

Au temps du marxisme flamboyant, le capitalisme était responsable de tous les maux et cela était simple à comprendre (guerres, chômage…), une interprétation de l’histoire en termes nationaux semblait primaire, maintenant il a été décrété que c’est la nation et son prolongement, le nationalisme, qui doivent endosser tous les fléaux de la terre.

Cette hargne intellectuelle est d’autant plus réductrice et surprenante qu’actuellement aucun pays majeur en Occident n’a de velléités guerrières contre un autre et qu’un équilibre dissuasif s’est établi. Les tensions ou les violences existantes ne proviennent que des régionalismes ou des religions ou plus largement de chocs de civilisation que n’empêche en rien la construction européenne actuelle, Mais le mot d’ordre actuel reste la destruction des nations,

Que sont-elles précisément ? Des groupements humains qui se sont unis avec lenteur par l’Histoire, la géographie et une culture communes, Elles ont pour elles la force de la durée et une certaine homogénéité et l’histoire montre en Europe que tous les ensembles multinationaux, quelles que soient leurs formes (Empires romain, napoléonien ou austro-hongrois. URSS ou Yougoslavie), ont disparu alors que les nations – parfois en changeant de nom (Gaule-France) – subsistent, Trois ou quatre mille ans de nation française ou gauloise pèsent infiniment plus lourd que les trois cents pages du traité de Maastricht.

LA VRAIE RICHESSE DE L’EUROPE

Une culture nationale pour s’épanouir  pleinement à besoin d’avoir une aire définie par des structures politiques indépendantes, tout ce qu’ont réclamé et fini par obtenir les nations de l’Europe de l’Est enfermées pendant longtemps dans un carcan qu’on essaie de construire maintenant à partir de l’Ouest, peut-on dire avec l’accord des peuples lorsqu’on refuse l’avis par référendum à certains ?

La principale richesse de l’Europe étant sa diversité (qu’on devrait accepter pour les «autres» mais refuser pour l’homme blanc), le traité de Maastricht et sa monnaie unique avec ses critères de convergence ne vont-ils pas détruire par une uniformisation outrancière (c’est-à-dire la standardisation des lois, de la monnaie, des coutumes, des réglementations … rêves de technocrates d’un monde uniforme) tout ce qui a fait la force, la beauté et la source d’inspiration des artistes et penseurs de notre continent ?

Créer une identité à partir de la monnaie est d’ailleurs sacralisation du Veau d’Or : « Nous avons la même monnaie, nous sommes donc semblables et appartenons à la même fraternité. »

Nous sommes dans une situation perverse où un homme élu à la fonction suprême d’un pays (donc censé le défendre, être le garant de sa pérennité, de son intégrité et de sa puissance) va organiser sa liquidation et prôner le renoncement, situation d’autant plus irréelle que ce président «fédéraste» est l’héritier d’un parti qui prétend incarner la souveraineté et l’indépendance de la France.

Une chose est sûre, comme pour l’élaboration d’une société sans classes, la volonté d’édification d’un monde sans nations s’essoufflera, lassera et se détruira d’elle-même et, pourquoi pas, exacerbera les nationalismes. La seule question qui se pose comme pour la chute du communisme : après combien de dégâts ?

Tout cela se mesurera hélas ! en termes de baisse de croissance, donc de retard économique, l’aggravation dramatique du chômage et de la disparition de pans entiers de notre industrie et de notre culture.

Patrice GROS-SUAUDEAU Statisticien-économiste  RIVAROL 14 MARS 97- 



Helmut Kohl. Chancelier du IVème Reich
18 mai, 2010, 14:35
Classé dans : concernant l'Europe

Depuis quelques années sans que les Français s’en soient vraiment aperçus l’homme qui dirige la France est le chancelier allemand Helmut Kohl. Aucune décision importante n’est prise sans son accord. On a là une des explications de la dissolution-suicide de Chirac d’une colossale finesse. Si le président français avait voulu créer un électrochoc dans l’opinion publique, il aurait pu nommer Philippe SEGUIN comme premier ministre en respectant les échéances électorales, mais cela aurait été contre la volonté des Allemands. Les pays d’Europe qui pendant des décennies ont culpabilisé l’Allemagne en paient maintenant les conséquences par leur auto-dissolution dans un magma informe. Les Allemands en effet n’ont rien à perdre psychologiquement dans la construction européenne actuelle puisqu’on leur a appris à avoir honte de leur Histoire à la différence des Anglais très fiers de leur passé, mais ont au contraire dans les faits tout à gagner.

Montalambert écrivait : « On n’est jamais aussi vainqueur ou aussi vaincu qu’on ne le croît ».

Après avoir perdu la guerre l’Allemagne est maintenant le pays qui dirige l’Europe et dicte sa conception monétariste de l’Economie.

Le ministre allemand des finances est celui qui dit le bien et le mal dans tous les domaines économiques et monétaires.

Fort symbole : la banque centrale européenne sera à Francfort.

Lorsqu’on relit «Mein Kampf», ce livre au delà de sa connotation raciale est une leçon de géopolitique germano-centrée. On attribue ce livre à Hitler mais il n’y a dedans qu’une vieille pensée millénaire germanique. Tout l’inconscient collectif allemand avait été couché noir sur blanc. Il fallait dans un premier temps regrouper tous les Allemands définis, non par des frontières très élastiques et éphémères au cours de l’Histoire, mais par la race, le sang, la langue… Les Germains réunis ne pouvaient qu’ensuite dominer l’Europe, donc le Monde. Hitler, pour réaliser son dessein lança toutes ses divisions blindées et échoua.

Le chancelier Kohl par une ruse de la raison, terme sans doute hégélien mais bien allemand, derrière une façade humaniste va sans doute réussir là où Hitler a échoué.

En effet, par le Traité de Maastricht, les frontières seront abolies et tous les Germains vont donc reconstituer un ensemble compact et homogène allant du Sud-Tyrol à Hambourg en comprenant l’Alsace-Lorraine germanophone, l’Anschluss avec l’Autriche qui est entrée dans la communauté européenne ayant déjà été fait en douce. Dans le cadre du Traité de Maastricht que reste-t-il comme différences entre ces derniers pays (même langue, même monnaie, continuité géographique… ). L’entité allemande ou germanique (confusion riche en devenir) n’a jamais eu au cours de l’Histoire besoin d’un Etat fort ou de frontières bien définies à la différence de la France définie avant tout par un Etat et des frontières dites «naturelles» conquises de haute lutte.

Que deviendra l’Alsace dont tout le particularisme et l’originalité consistaient à être un peuple germanique dans le cadre d’un Etat français à l’intérieur de frontières bien délimitées.

La mesure prise par Edith Cresson d’installer l’ENA en terre germanique peut avoir une signification très différente que celle auquelle elle a crue. Le pouvoir réel sera en Germanie au XXIème siècle.

Le chancelier Kohl dicte sa loi, s’impose, ordonne au prix d’un cortège de chômage et de souffrance dont il n’a cure et tous les chefs d’Etat de l’Europe courbent l’échine.

De façon pathologique on a un homme qui se croit investi d’une mission. Créer EUROPA avant de mourir et laisser une trace dans l’Histoire. Reconstruire dans un premier temps l’Empire de Charlemagne (Karl der Grosse), tout cela paraît-il pour construire la Paix.

Aurait-il donc si peur de ses compatriotes et de son armée de chevelus sans armement offensif ou dissuasif réel ?

L’Allemagne comme nous l’avons dit paie le coût le moins cher pour son identité, pays qui a toujours été en gestation, jamais vraiment défini par un Etat mais par une multitude de souverainetés plus ou moins autonomes, parfois indépendantes. Mais son homogénéité ethnique et culturelle, sa puissance économique et démographique, sa pérennité ethnique n’ont jamais été mis en défaut. Le chancelier Helmut Kohl, grâce au traité de Maastricht et son obsession d’imposer l’EURO à tous aura porté son peuple de nouveau au sommet de l’Europe et aura bien mérité de l’Allemagne.

Il aura été même sur bien des points un «Kaiser».

Patrice GROS-SUAUDEAU. Statisticien- Economiste.



Le souverainisme
15 mai, 2010, 16:07
Classé dans : concernant l'Europe

Cette question est sans doute la plus importante politiquement puisqu’il y va de notre destin. Notre être en tant que peuple sera-t-il renforcé dans un cadre institutionnel européen ou dilué ? Il ne faut pas caricaturer la position souverainiste puisque que ceux qui s’y réfèrent sont tous conscients d’un fond culturel commun à l’Europe et que tous les Européens ont mieux à faire que de s’entre-tuer. Pour eux l’Europe ne sera jamais aussi grande que lorsqu’elle s’appuiera à la fois sur son fond commun et sa diversité.

Dans son livre Critiques-théoriques Alain de Benoist aborde la question du souverainisme dans un article intitulé « Souverainistes et souveraineté ». Il faut rappeler ici que cet auteur a une position très européiste. Les arguments sont un peu forcés. Il extrémise les souverainistes qui selon lui ont toujours voulu écraser les régionalismes. Ce n’est pas si simple. De Gaulle que l’on ne peut soupçonner d’avoir souhaité la fin de l’indépendance de la France avait cherché à faire revivre les régions de France.(1) Du temps de la monarchie, les Bretons parlaient leur langue ainsi que les habitants des différentes provinces. Les hussards noirs éradicateurs des cultures locales sont apparus sous la République.

Il s’est trouvé qu’historiquement une langue a émergé parmi les autres langues et elle a été utilisée pour unifier le pays. Cela a eu des côtés positifs… et aussi négatifs. Le breton, vieille langue celte, plus proche des Gaulois aurait pu jouer ce rôle mais cela n’a pas été ainsi. L’attitude actuelle de certains souverainistes s’explique car Bruxelles oppose les régions contre la France.

La gauche a tellement voulu identifier la France et la république que l’on trouve parfois une réaction négative au fait français dans certains milieux politiques n’aimant guère la république. Les nazis allemands pensaient ainsi. Dans «Mein Kampf» la France est ainsi élevée au rang d’ennemi suprême.

Alain de Benoist rêve son Europe qui n’est sûrement pas celle qui se met en place c’est-à-dire ultra-libérale. Il reprend le thème dans le fond très français de l’Europe puissance comme un Giscard en additionnant les chiffres. Il pense aussi qu’elle seule peut préserver des méfaits face au mondialisme alors qu’elle a dans les faits accéléré la mondialisation et ses conséquences. En levant nos frontières à l’intérieur de l’Europe nous avons pris l’habitude de les lever pour tous les pays du monde. L’Europe de Bruxelles a été une machine à mondialiser plus vite. Les traités européens n’ont fait qu’appliquer un libéralisme mondialisé selon le consensus de Washington. Elle n’a jamais servi de protection selon de nombreux économistes ce que regrette amèrement d’ailleurs le prix Nobel d’économie Maurice Allais. (2)

La crise irakienne a servi de formidable révélateur sur les différends possibles de l’Europe. La déclaration des huit pays européens soutenant les États-Unis a mis l’Europe en miettes selon les mots de l’ultra-européiste François Bayrou. Il existe donc plusieurs conceptions de l’Europe celle anglaise et minimaliste, zone de libre échange avec un fort penchant pour les États-Unis, celle allemande : une Europe grosse Suisse, pacifique et grasse composée de vieux avec des immigrés pour les remplacer. Les termes de l’Américain Rumsfeld même s’ils vexent ne sont pas tout à fait faux. On a maintenant une nouvelle conception de l’Europe venant des nouveaux pays de l’Est, une vision cynique consistant à entrer dans le marché et à obtenir le maximum de subventions tout en ayant une position farouchement pro-américaine et vassale à l’égard de l’Amérique. Avec la probable entrée de la Turquie étant donnés les souhaits de Chirac et Schroder, l’Europe n’aura même plus de valeurs communes fortes qui unissent.

Elle peut évoluer vers une vague O.N.U. à échelle continentale.

L’idée d’Europe puissance n’existe que dans le cerveau de quelques français européistes ce qui est la conséquence d’une France qui a renoncé à elle-même et s’apercevra bientôt qu’elle n’a rien en compensation. La construction européenne a échappé à la France.

Que conclure de ce bilan face à une Europe qui part dans tous les sens. Elle est devenue dans sa logique propre un monstre qui a sans cesse grossi et qu’aucune nation ne contrôle, pas plus que le couple franco-allemand.(3) Elle évolue sous la pression de forces contradictoires. Sur le plan économique, l’Europe n’a pas été la solution pour combattre le chômage, puisqu’elle a amené une très faible croissance si ce n’est une quasi-récession avec toutes les contraintes qu’elle a imposées. Pourtant l’économie est devenue le critère absolu, toutes les autres visions ou idéaux devant s’aplatir face à ses exigences. Les nations dans ce magma européen doivent donc avant tout compter sur elles-mêmes. La France doit de nouveau mettre en place un cadre institutionnel qui préserve ses intérêts sur tous les plans. La crise irakienne a montré que l’inertie de l’Histoire est forte et de nombreuses nations vont continuer à agir de façon souveraine faisant fi des traités quand cela les dérangent. (4) À ce propos certains ont été surpris de la position de l’Espagne qui avait reçu beaucoup de subventions pour son développement. Elle ne s’est pas tu et agi de façon souveraine en dépit de l’argent reçu. Cela a paru invraisemblable pour les européistes pour qui l’argent achète ou doit entraîner la soumission.

En tout cas les souverainistes français qui défendent la France et sa pérennité ont raison de vouloir défendre sa souveraineté. Cela éviterait de voir ce spectacle insupportable à propos du problème corse, d’une France humiliée, représentée par une délégation emmenée par Nicolas Sarkozy, allant s’agenouiller à Bruxelles en quémandant de l’aide.

La souveraineté ne peut être que le seul garant des intérêts de la France et de la survie de son être.

PATRICE GROS-SUAUDEAU

1) Maurras, nationaliste français par excellence était régionaliste.

2) Le thème de l’Europe protection a toujours été assez ridicule.

3) Sur la question irakienne, sans faire injure aux Belges, le couple franco-allemand n’a entraîné dans son sillage que lui même.

4) Lorsque Tony Blair, plutôt européiste, décide d’envoyer ses troupes en Irak, cela ne lui effleure même pas l’esprit de demander la permission à Bruxelles, ou même d’en faire part à Chirac ou Schroder.



L’Euro, contre la France, contre l’Europe
14 mai, 2010, 16:07
Classé dans : concernant l'Europe,économie et finance

L’euro nouveau est arrivé ou presque et il doit sembler déjà dépassé pour nos avant-gardistes qui pensent déjà au mundo, juste avant l’universo qui remplaceront l’euro ringard. Tout ceci pour devancer le matraquage médiatique auquel nous avons eu droit sur cette nouvelle donne. On assista à la jonction entre la droite libérale représentée par l’homme à la cervelle d’or :

Valéry Giscard d’Estaing, la gauche sociale-démocrate européiste anti-nationale de Jacques Delors (qui a déjà la physique de l’Européen de demain) et l’apatride d’extrême gauche internationaliste : Con-Bandit reconverti en autorité morale de l’Europe maastrichtchienne.

Depuis longtemps la droite libérale joue l’Europe et selon la formule bien connue « plutôt Hitler que Léon Blumplutôt Maastricht que la gauche française », libéraux toujours prêts à trahir et vendre leur pays la main dans la main avec les sociaux-démocrates opposés à leur gauche radicale.
» ceci donne maintenant «

La France va bien sûr perdre une immense partie de sa souveraineté et ce n’est pas rien et il n’est pas évident que dans ce grand saut dans l’inconnu elle y gagne économiquement. Tout laisse même à penser le contraire.

La politique économique française sera réduite pratiquement à néant. La politique monétaire sera décidée à Francfort, la politique budgétaire sera soumise à la contrainte très forte des critères de Maastricht. Quant à la politique de redistribution nationale, trait d’union d’une nation, elle va aussi passer aux oubliettes.

On comprend donc l’accord tacite sur la construction européenne entre les libéraux de gauche ou de droite. La politique salariale ne pourra plus s’exercer dans l’Europe de l’Euro. Quant à la politique fiscale on ne pourra pratiquement plus agir sur aucun levier car il y aura sans doute un alignement des pays. L’Europe de Maastricht va broyer les spécificités nationales sur le plan économique et par contrecoup dans les autres domaines.

On ne comprend l’Euro qu’en termes d’accélération de la mondialisation financière. La concurrence internationale va s’exacerber, l’ultra-libéralisme régner encore plus. Il ne pourra en résulter qu’une augmentation du chômage puisque l’emploi sera forcément la variable d’ajustement. Même Robert Hue a compris cela et il est donc contre l’Euro bien qu’il ne quitte pas le gouvernement avec les ministres communistes. Les restructurations économiques liées à l’Euro s’accompagneront de licenciements massifs.

La monnaie unique ne peut créer que du chômage dans des pays aux productivités et compétitivités très inégales. Avant lorsqu’un pays avait une productivité plus faible la monnaie pouvait être réajustée. Maintenant ce pays sera condamné à ne plus produire dans des secteurs économiques entiers et il en résultera un chômage supplémentaire important avec des poches de sous-emploi. De plus si les biens circulent assez bien comme les capitaux, il n’y a pas de marché de l’emploi européen à part des salariés très qualifiés. Un ouvrier français ne peut du jour au lendemain travailler à Munich, Milan ou Dublin, ne serait-ce qu’à cause de la barrière de la langue. L’emploi n’est pas mobile contrairement à ce qu’ânonnent les libéraux.

Pour toutes ces raisons, la machine infernale lancée par la mise en place de l’Euro est loin de sortir victorieuse.

Certains financiers se demandent déjà quand la monnaie unique va exploser en plein vol c’est à dire quand les intérêts économiques entre les pays seront tellement divergents que certains songeront à sortir de ce carcan. Une monnaie unique n’a jamais été une garantie d’unité politique (exemples de l’URSS et de la Yougoslavie qui avaient une monnaie unique sur leur domaine d’influence).

Il est intéressant de constater que les deux pays les plus riches ne font déjà pas partie de l’Europe de Maastricht, la Norvège refusant de partager son pactole pétrolier, la Suisse sa rente de situation exceptionnelle en termes de richesse.

Les seuls pays qui tiennent vraiment à intégrer la zone de l’Euro sont ceux qui sont petits et/ou pauvres car on comprend aisément les avantages de redistribution qu’ils en retirent. Les pays d’Europe du Sud toujours un peu complexés par le mépris traditionnel de l’Europe du Nord à leur égard en font un point d’honneur. Des trois pays qui comptent vraiment (Allemagne, France, Grande Bretagne) les Allemands n’ont aucun intérêt économique à l’Euro, leur économie est suffisamment forte pour être autonomes. On leur fait donc payer par l’Euro leur réunification et la honte de leur Histoire qu’on doit continuer à leur inculquer à perpète pour qu’ils acceptent le jeu de l’Europe. Le vieillard malade qui gouvernait la France au moment de la chute du mur de Berlin a eu une peur sénile de l’Allemagne qui venait des fonds des âges. Les Anglais, peuple nationaliste ayant gardé sa fierté, ont toujours traîné les pieds. Le seul pays qui cherche à tout prix à disparaître est donc la France empêtrée et avachie dans ses valeurs nihilistes d’égalité et d’universalisme. Les Français ne croient plus en eux, en leur destin, engloutis par une immigration sans fin et veulent donc entraîner dans leur disparition tous les autres pays. Voilà donc les fondements sur lesquels a été basée la construction européenne actuelle.

Pour certains, l’euro ne devrait durer qu’une douzaine d’années après sans doute bien des déboires.

Le seul avantage de l’Euro était de créer à priori une monnaie européenne face au dollar mais cela est surtout vrai pour la France car le mark était déjà une monnaie internationale (14 % des réserves de change mondiales, contre 62 % pour le dollar, 1,7 % pour le franc).

On comprend donc les réticences allemandes pour l’Euro qui n’était vraiment pas une nécessité pour eux.

Quant aux Français, ils doivent savoir que le franc n’est pas encore enterré et qu’on peut le voir réapparaître dans quelques années au moment où le système mis en place explosera.

PATRICE GROS – SUAUDEAU STATISTICIEN ÉCONOMISTE



À propos de l’endettement de la France
13 mai, 2010, 21:08
Classé dans : concernant l'Europe,économie et finance

De nombreuses raisons ont été données, mais nous allons en examiner deux particulièrement qui contribuent le plus aux mille milliards d’euros de dette.

La Construction Européenne

La France a toujours été un pays contributeur, c’est à dire une « vache à lait » au même titre que l’Allemagne ce qui donne des milliards d’euros cumulés à perte pour la France. Mme Thatcher déclarait : « I want my money back ». La France par générosité ou gloriole se veut à la pointe de la Construction Européenne. Cela a un coût. Il ne suffit pas d’être Européiste, il faut aussi le payer (quitte à vendre le stock d’or de la France !).

Maurice Druon qui n’est pas économiste écrivait qu’avec l’euro, on n’avait plus la facilité de dévaluer.

Une dévaluation n’est ni une chose facile ou difficile, une monnaie doit simplement être adaptée à la compétitivité du pays. Si le franc existait encore, on aurait certes pu dévaluer un peu, exporter plus et ainsi financer nos déficits en créant même plus d’emplois. La Chine utilise bien les délices d’une monnaie faible, trop au goût de certains.

Avec l’euro, cela n’est plus possible. Le traité de Maastricht ligote les politiques économiques possibles et ôte beaucoup de souplesse aux différents pays.

La Banque Centrale Européenne ne fait que lutter contre l’inflation dans l’intérêt des rentiers ce qui ne favorise pas la croissance. Une inflation modérée est pourtant une bonne chose pour l’économie puisque cela pénalise (légèrement) les rentiers non productifs et moins consommateurs au profit des productifs plus consommateurs.

Le traité de Maastricht a été néfaste pour la France puisque maintenant la Banque de France ne peut plus faire d’avances au Trésor ce qui permettait la création monétaire au moment opportun. Dans le dernier rapport du FMI, il est prévu que la zone euro aura le taux de croissance le plus faible du monde, en dessous de l’Afrique subsaharienne.

Voilà à quoi sont arrivés les Technocrates de la Construction Européenne, du pacte de stabilité et de la mise en place de l’euro.

Dans un contexte de croissance plus forte (possible si nous avions gardé le franc) la dette de la France serait beaucoup moins un problème.

L’immigration

On peut évaluer à environ 300 000 immigrants supplémentaires en France chaque année (demandeurs d’asile inclus). C’est énorme d’autant plus que 90 % sont à la charge de la collectivité avec tous les frais supplémentaires différés que cela constitue (allocations renouvelées chaque année, écoles, hôpitaux, soins, logements, prisons … ).

Dans un contexte où on évalue à deux millions et demi (2 700 000 exactement) le nombre officiel de chômeurs, la France n’a pas les moyens économiques de les accueillir. Il a fallu par exemple réquisitionner 18 000 chambres d’hôtel pour les demandeurs d’asile dont le nombre ne fait qu’augmenter. On a toujours abordé la question de l’immigration en termes idéologiques. Il serait temps de raisonner aussi en termes économiques.

La liquidation de la France (la grande affaire de la politique française)

Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, toute la politique de la France a consisté à en finir avec la France si l’on excepte la parenthèse De Gaulle. De l’extrême gauche en passant par Cohn-Bendit et Giscard jusqu’à l’extrême droite d’Alain de Benoit qui arrive à croire sans rire que la construction européenne est synonyme de l’Europe de la race blanche, pratiquement toute la classe politique (surtout celle au pouvoir ou proche de lui) a en commun la haine de la France et de la nation. Elle se grise de slogans : « L’Europe démultiplicateur de puissance ». Pour qui ? Pour quoi ? Pour défendre quel être ? Comme si l’Europe sac de noeuds d’intérêts divergents était le prolongement des intérêts de la France.

« L’Europe : la France en plus grand » : expression franco-française qui fait sourire les autres Européens. L’Europe est devenu le trou noir de toute l’action politique en France depuis plus de trente ans. Cet ensemble européen est d’ailleurs flou, fluctuant, et indéfinissable. On aura sans doute l’entrée «irréversible» de la Turquie selon Jacques Chirac. Dominique Strauss-Kahn veut même faire entrer les pays du Maghreb dans l’union européenne. Tout n’est que question de temps. Ce qui est impensable aujourd’hui ne l’est déjà plus demain. Qui aurait pensé il y a vingt ans que la Pologne et les pays baltes intégreraient l’union européenne ? Ceux qui ne se plient pas à cette version du monde sont considérés comme nostalgiques, passéistes, aigris et même racistes, mot qui donne des frissons.

Dans cette communion de la haine des nations, l’immigration n’est pas une question à part, mais est intimement liée avec la construction européenne, à la fin de la France, des nations et à la mise en place de l’idéologie post-nationale.

Cela donne sans doute des satisfactions à tous les haineux de la France. De Gaulle ne voulait pas que l’Europe se fasse sur le cadavre de la France. Il n’avait pas vu assez loin. L’Europe se fera certes sur le cadavre de la France, des nations, mais aussi sur le cadavre des peuples européens qui disparaissent peu à peu noyés dans une immigration à venir encore plus forte que celle qu’ils ont connue jusqu’à maintenant. En trente ans (ce qui est très peu) la France a changé physiquement ; il suffit de se promener dans les banlieues des grandes villes pour que cela saute aux yeux. Les banlieues immenses, peuplées de jeunes d’origines diverses, pèseront demain infiniment plus lourd que les campagnes de France «encore» françaises mais peuplées d’une population dont la moyenne d’âge est très supérieure. La France de demain se trouve en banlieue et non en Corrèze.

Dans un contexte de mondialisation totale où les détenteurs de capitaux investissent sans état d’âme sur toute la planète là où c’est le plus rentable, que veut dire l’Europe de l’économie ? La construction européenne a été fondée sur de grands mensonges à l’égard de ses habitants. Tout d’abord le mirage de la puissance (qu’est-elle vraiment de nos jours et pour quoi faire) fondée sur le nombre, le mirage de la paix qui dans le fond est venue de la dissuasion et qui n’empêche pas hélas le terrorisme, le mirage d’une Europe fondée sur l’héritage commun alors que dans le même temps on fait juxtaposer en France et en Europe toutes les religions et toutes les communautés de la planète, le mirage d’une Europe indépendante alors que les centres de décision se trouvent à l’ONU, l’OTAN, l’OMC et même à Washington et New-York dans les sièges des multinationales. Il serait temps d’arrêter de vivre sur des illusions et de réfléchir sur ce que l’on veut construire ou détruire. Y gagne t-on vraiment à noyer les identités nationales dans un grand magma ? Dans un cadre de mondialisation le cadre national n’est-il pas en fin de compte le mieux adapté ? Le référendum sur la constitution européenne ne sera sans doute comme toujours qu’une empoignade stérile pour un résultat déjà connu d’avance.

Patrice Gros-Suaudeau



La Constitution, dernières réflexions
12 mai, 2010, 15:02
Classé dans : concernant l'Europe

Un argument souvent avancé est l’incohérence politique du vote non qui va de Besancenot à Le Pen en passant par Buffet, Fabius, Pasqua et Villiers. Cette incohérence politique a pourtant un fondement économique. L’ouvrier qu’il vote Le Pen ou à gauche ressent plus qu’un autre la menace économique qui pèse sur lui. Quant au vote oui les partisans de droite disent que la constitution européenne sortira la France du socialisme, ce à quoi François Hollande répond que la constitution permettra une Europe plus sociale en un mot plus socialiste. Où est donc la cohérence politique du vote Oui ?

La grande différence avec le vote sur Maastricht, c’est qu’en 1992 on avait pu faire croire n’importe quoi sur l’Euro qui allait amener une croissance forte, faire diminuer le chômage… Edmond Alphandéry avait écrit un livre sur le « Soleil de l’Euro ». Les Français n’ont vu qu’une croissance très faible, très inférieure à la croissance mondiale et américaine dans toute la zone euro, un chômage qui augmentait, les délocalisations accentuées par un euro trop fort…

Les électeurs vont coter cette fois en connaissance de cause ? Les fondamentaux sont comme toujours économiques et le vote sera une somme de votes individuels qui seront fondés pour chacun sur la perception que chaque individu a de l’Europe et de son apport ou non pour lui et pas sur la lecture d’un texte dont tout le monde se fiche.

La grande question sous-jacente à l’Europe est son utilité dans un contexte de mondialisation. L’Europe est-elle déjà une idée dépassée, est-elle un rempart contre la mondialisation ou alors l’a-t-elle au contraire accélérée ?

Les partisans du Oui disent pieusement que l’Europe nous protège contre la mondialisation. Ceci est démenti par les faits. Cela fait une belle affaire pour un futur licencié de savoir que son entreprise délocalise en Tchécoslovaquie plutôt qu’en Chine. On a fait miroiter l’Europe puissance aux Français. Ils s’aperçoivent qu’on a construit dans les faits une Europe libérale qui fait du dumping social vers le bas. On a souvent entendu ce slogan ridicule « l’Europe, la France en plus grand » ? Que ne dirait-on pas si les Allemands disaient « l’Europe, l’Allemagne en plus grand », pourquoi pas la Belgique en plus grand !

Il faut aussi rappeler que l’article 1-41 stipule l’intégration constitutionnelle de l’Europe dans l’OTAN. Quelle marque d’indépendance vis à vis des Etats-Unis ! On ne construit donc que l’Europe du pacifisme, des droits de l’homme et du libéralisme débridé qui fait sortir les usines et installer les mosquées. Quel sentiment de puissance peuvent donc éprouver les européistes ? La constitution fait aussi la part belle à l’Islam puisque les musulmans auront le droit garanti pas la constitution de manifester leur religion collectivement en public. Les Français en viennent à se demander si le cadre national n’aurait pas été plus souple face au défi de la mondialisation qu’on nous décrit comme irréversible. Autrefois le capitalisme a pratiqué de façon heureuse une politique de hauts salaires pour les ouvriers. Maintenant le seul discours est qu’ils sont trop chers quoi qu’ils fassent comparés aux autres pays, parfois même d’Europe.

Le vote NON sera un frein aux délocalisations et à une mondialisation trop rapide dans le cadre du libéralisme. Le Non a ainsi de grandes chances de l’emporter pour toutes les raisons vues plus haut.

Patrice GROS-SUAUDEAU



Rattacher la Wallonie à la France ? (Rivarol)
10 mai, 2010, 12:37
Classé dans : concernant l'Europe

Cette question à l’ordre du jour alors que la Flandre est de plus en plus tentée par l’air du large est d’abord l’affaire des Belges mais cela pourrait finir par concerner les Français, qui ont le droit de donner leur avis. Il faut donc que les Wallons sachent que la France les accueillera avec enthousiasme si leur pays continue à se désagréger. La France et la Wallonie ont tout intérêt à s’unir.

Un Etat confetti n’est pas viable ; quant aux Français, leur pays, en ayant quatre millions et demi d’individus supplémentaires (même si une partie des «Wallons» actuels ne le sont que de papiers), deviendrait plus qu’une puissance moyenne.

Une nation, pour être viable, doit posséder une certaine homogénéité. Or les Wallons ont toutes les caractéristiques pour devenir Français en gardant leur spécificité. Wallonie (comme Wales) veut dire pays des Celtes, ses habitants ont encore une culture chrétienne, parlent notre langue et sont plus proches de Paris que beaucoup de Français. Leur appartenance à la France pourra même dynamiser notre pays, lui qui est actuellement bien morose.

La Belgique a toujours été un Etat artificiel sans nation, créé pour que la France ne soit pas trop forte alors que ses habitants faisaient déjà partie de la Gaule ou des Gaules (populations celtes mélangées avec des éléments germaniques). Cette association avec une autre communauté ne parlant pas la même langue va sans doute aller à son terme ; une cohabitation entre deux communautés qui passent leur temps à se dénigrer est vouée à l’échec.

La France, qui dépasserait soixante millions d’habitants, augmentera son territoire, sa population ; il en résultera une synergie profitable aux Français de l’hexagone actuel et aux nouveaux Français que seront les Wallons. Et dont il faudra bien sûr respecter absolument l’identité comme la nation doit apprendre à respecter les particularismes régionaux, corse, breton, basque… Cette nouvelle France équilibrerait le couple franco-allemand en Europe et serait profitable à tous les Européens.

Reste le cas de Bruxelles, ville où 85 % de la population est francophone. Il existe actuellement pour notre pays des DOM ou des TOM. On pourrait créer le terme DOT ou TOT (départements ou territoires d’outre-terre).

La spécificité de Bruxelles, ville d’Europe, serait préservée dans ce cadre. Les quartiers flamands appartiendraient à la Flandre s’ils le désirent. Cette association se ferait par des voies uniquement pacifiques. L’Histoire actuelle n’est plus propice aux coups de force ou à la brutalité.

Il faut aussi tenir compte des Flamands qui sont de plus en plus nombreux à vouloir leur indépendance comme l’a encore montré la récente prise de position de plusieurs de leurs décideurs – et l’on connaît le slogan du Vlaams Belang : « Que crève la Belgique ! »

La France qui verra ses frontières s’étendre, apprendra à connaître ce petit peuple du Nord qui lui apportera beaucoup, entre autres un renforcement de notre position en Europe du Nord. Tayllerand disait : « Les Belges n’existent pas : ils n’ existeront jamais. » Quant aux Wallons, ils continueront à exister dans un pays qui les aimera quand ils l’auront rejoint.

Patrice GROS-SUAUDEAU.

NDLR. Sur les racines et le fondement historique du « rattachisme », lire Humour – Histoire et Méditations – Morceaux choisis II où Georges Tribolet évoque longuement les liens millénaires entre Belgique et Celtique et souligne « leur intime communion de sentiments et la communauté de leurs intérêts » (éd. La Société des Ecrivains. 147/149 rue St-Honoré, 75001 Paris. 165 pages, 15 €).,



L’incohérence des partisans du Traité d’Amsterdam ou de Lisbonne(National Hebdo)
7 mai, 2010, 14:29
Classé dans : concernant l'Europe

Un argument souvent avancé est l’incohérence politique du NON, ce qui est faux ! Quant au OUI, les partisans de droite disent que la Constitution européenne sortira la France du socialisme, ce à quoi François Hollande répondait que la Constitution permettra une Europe plus sociale, en un mot, plus socialiste. Où est donc la cohérence politique du OUI ?

La grande différence avec le vote sur Maastricht, c’est qu’en 1992, on avait pu faire croire n’importe quoi sur l’euro qui allait amener une croissance forte, faire diminuer le chômage… Edmond Alphandéry avait écrit un livre sur le Soleil de l’euro. Les Français n’ont vu qu’une croissance très faible, très inférieure à la croissance mondiale et américaine dans toute la zone euro, le chômage qui augmentait, les délocalisations accentuées par un euro trop fort …

Les électeurs ont voté cette fois en connaissance de cause. Les fondamentaux sont comme toujours économiques et le vote est une somme de votes individuels qui sont fondés pour chacun sur la perception que chaque individu a de l’Europe et de son apport ou non pour lui et pas sur la lecture d’un texte dont tout le monde se fiche.

La grande question sous-jacente à l’Europe est son utilité dans un contexte de mondialisation. L’Europe est-elle déjà une idée dépassée, est-elle un rempart contre la mondialisation ou alors l’a-t-elle au contraire accélérée ?

Les partisans du OUI disent pieusement que l’Europe nous protège contre la mondialisation. Ceci est démenti par les faits. Cela fait une belle affaire pour un futur licencié de savoir que son entreprise délocalise en Tchécoslovaquie plutôt qu’en Chine. On a fait miroiter l’Europe-puissance aux Français. Ils s’aperçoivent qu’on a construit dans les faits une Europe libérale qui fait du dumping social vers le bas. On a souvent entendu ce slogan ridicule : « L’Europe, la France en plus grand ». Que ne dirait-on pas si les Allemands disaient « L’Europe, l’Allemagne en plus grand », pourquoi pas la Belgique en plus grand ?

Il faut aussi rappeler que l’article 1-41 stipule l’intégration constitutionnelle de l’Europe dans l’OTAN. Quelle marque d’indépendance vis-à-vis des Etats-Unis ! On ne construit donc que l’Europe du pacifisme, des droits de l’homme et du libéralisme débridé qui fait sortir les usines et installer les mosquées. Quel sentiment de puissance peuvent donc éprouver les européistes ? La Constitution fait aussi la part belle à l’islam puisque les musulmans auront le droit garanti par la Constitution de manifester leur religion collectivement en public. Les Français en viennent à se demander si le cadre national n’aurait pas été plus souple face au défi de la mondialisation qu’on nous décrit comme irréversible. Autrefois, le capitalisme a pratiqué de façon heureuse une politique de hauts salaires pour les ouvriers. Maintenant le seul discours est qu’ils sont trop chers quoi qu’ils fassent, comparés aux autres pays, parfois même d’Europe.

Patrice Gros-Suaudeau


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