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La Théorie du Genre
18 juin, 2013, 16:14
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« On ne naît pas femme on le devient ». Cette sentence de Simone de Beauvoir possède sans qu’elle s’en soit aperçue un fond machiste puisque l’arrière plan, la référence consistaient dans le fait d’être un homme. Elle n’a pas écrit : « on ne naît pas homme on le devient ». Cette phrase fut pourtant le résumé d’une pensée féministe, rebattue jusqu’à l’excès et dont tout le monde (homme inclus) a plus ou moins assimilé les idées essentielles. Le féminisme en dépit de Simone de Beauvoir était essentialiste. La femme était « femme ». Le combat se situait pour « l’égalité » avec les hommes.
Toute pensée ne contrôle pas ses prolongements. La théorie du genre en est un, qui parfois se coupe complètement du féminisme. Elle a été théorisée par une ultra-minorité qui doute de son genre (masculin-féminin) et veut imposer ce doute à l’ensemble de la société. La théorie du genre n’est pas une défense de l’homosexualité et va infiniment plus loin même si le fait d’être homosexuel est inclus dans cette théorie. Le cœur de cette théorie consiste tout simplement à casser le monde binaire (homme-femme) dans lequel nous avons toujours vécu et qui est défendu par les religions monothéistes dont bien sur le christianisme.
Si l’on étudie la théorie du genre dans un manuel du principal syndicat d’enseignants, on lit avec un style très lourd propre parfois au monde enseignant : « une possibilité de repenser les identités en dehors des cadres normatifs d’une société envisageant la sexuation comme constitutive d’un clivage binaire entre les humains, ce clivage étant basé sur l’idée de la complémentarité dans la différence et censé s’actualiser principalement par le couple hétérosexuel… ».
Il y a quelques termes clés dans cette phrase choc, comme détruire la norme. Dans une société il y a toujours des normes et l’on ne fait qu’en remplacer certaines par d’autres. Une minorité voudrait imposer ses nouvelles normes à la majorité. La pensée à abattre se trouve dans la représentation binaire homme-femme.
Il y a certes des hommes ayant moins de testostérone que la moyenne et des femmes en ayant plus, mais cela n’empêche pas l’immense majorité à éprouver un sentiment d’appartenance à l’un des deux sexes. On pourrait penser qu’une société à intérêt à favoriser l’hétérosexualité pour sa reproduction. Ce schéma semble méprisable pour la théorie du genre qui veut le classer comme un possible parmi d’autres.
Le mariage pour tous doit donc être pensé comme une avancée pour cette théorie du genre. On passe ainsi pas à pas du PACS, au mariage pour tous et ainsi de suite déconstruire toutes nos représentations mentales sur lesquelles s’est construite la société. Chaque nouvelle « avancée » qui ne semble qu’un élément participe ainsi à une construction plus vaste.
La droite au pouvoir comme à son habitude ne fera comme pour le PACS qu’entériner ce qu’a voté la gauche, la droite étant devenue dans les faits une moindre gauche sur le plan sociétal. Si l’on continue la rhétorique de la théorie du genre on lit : « Le genre n’est pas seulement un rapport de domination des hommes sur les femmes. Il est aussi un ordre normatif qui sanctionne les transgressions (par exemple les hommes dits « efféminés » les femmes dites « masculines », les personnes transgenres)... ».
La théorie du genre voit bien sur une domination des uns sur les autres aussi bien dans la vie civile que dans les rapports sexuels. Il faudrait de plus combattre la valorisation de la virilité comme on le voit par exemple dans les westerns (cow-boy barraqué, mal rasé, visage dur…) ou de la féminité où les actrices de cinéma paraissent très femme et même très « femelle ». Ce programme semble donc immense puisqu’il faudrait faire un autodafé d’une grande partie des œuvres cinématographiques, mettre Brigitte Bardot aux oubliettes.
Cette théorie fut développée dans les années 50 aux États-Unis par certains sociologues. La French theory avec Foucault et Derrida a voulu construire un homme hors de la pression sociétale et comme s’il n’existait aucun déterminisme lié au sexe biologique.
Les hommes pourtant sont en moyenne plus grands, plus lourds et possèdent plus de testostérone qui provoque l’agressivité, développe la musculature…
Tout cela joue sur le cerveau. Pour la théorie du genre nous ne serions que culture. Nous somme en pleine métaphysique.
L’Occident pré-chrétien
Nous n’allons pas détailler les pratiques homosexuelles qui ont existé dans l’Antiquité chez les Grecs avec nos schémas mentaux. Maurice Sartre dans le livre « La Grèce ancienne » en a fait une bonne description. Globalement il y avait plus qu’une tolérance pour l’homosexualité dans certains milieux. Mais existait le plus grand mépris pour l’homosexualité passive ce qu’on retrouvera à Rome. On disait de Jules César qu’il était un mari pour toutes les femmes et une femme pour tous les maris. On a donc un cas célèbre de bisexualité.
L’homosexualité passive n’était pas digne d’un Romain qui devait être un dominant. Un maître qui possédait des esclaves avait un droit sexuel sur eux, hommes ou femmes. Chez les Gaulois, l’homosexualité n’était pas un tabou. Les catégories mentales sur la sexualité n’étaient donc pas les mêmes avant l’arrivée du christianisme.
La vision chrétienne de la théorie du genre
Dans la théorie du genre il y a le refus de l’inné, c’est à dire une négation du corps. Le christianisme accepte le donné du corps et voit entre les deux sexes « biologiques » une complémentarité. Il y a aussi une influence culturelle qui ne peut être niée. Souvent elle ne fait qu’accentuer plutôt que contrer. Selon Benoît XVI « il y a un langage du corps que l’homme et la femme n’ont pas créé, un éros enraciné dans leur nature, qui les invite à se recevoir mutuellement par le créateur, pour pouvoir se donner ». Cette vision de l’homme et de la femme dépasse même largement le christianisme en Occident, si l’on relit par exemple les contes celtiques où l’amour entre un homme et une femme est célébré au plus haut point sans références religieuses.
Quant à l’homosexualité il faut reconnaître que la Bible l’a condamnée sans équivoque. « Tu ne coucheras pas avec un homme comme on couche avec une femme, c’est une abomination » (Lévitique, ch 18-22). « Si un homme couche avec un homme comme on couche avec une femme, ils ont fait tous deux une chose abominable ; ils seront punis de mort ; leur sang retombera sur eux » (Lévitique, ch 20-13).
Le judéo-christianisme a donc imprégné la loi réprimant l’homosexualité pendant des siècles. Cela est incontestable. Une société pour se reproduire a intérêt à favoriser l’hétérosexualité. L’idée de complémentarité entre l’homme et la femme se retrouve dans le christianisme, idée que combattra la nouvelle vision du genre.
La théorie du genre est agressive car elle touche à l’intime c’est à dire notre orientation sexuelle. Elle veut bousculer notre civilisation et même la transformer, certains diront la détruire. Elle veut agir sur les individus, ceci étant décidé par une minorité aux pratiques sexuelles qui ne sont pas celles de la majorité comme Michel Foucault qui allait se faire s… par des noirs dans des bordels américains. Elle est d’autant plus agressive qu’elle veut être enseignée à l’école pour être perçue comme un savoir de vérité. Le slogan « les enfants appartiennent à la famille et non à l’état » est tout aussi stupide car les enfants vivent en société et il existe toujours une interaction entre la famille, l’état et la société. La théorie du genre touchant à l’intime, sa place n’est donc pas à l’école des mineurs. Il n’y a pas de vérité officielle sur la sexualité, une vérité d’État. La famille constitue encore un pilier de notre civilisation même si sa forme parfois change. Le cri de Gide dans les nourritures terrestres « Familles, je vous hais, foyers clos, portes refermées, possessions jalouses du bonheur » était celui d’un homosexuel. Cette orientation sexuelle (acceptée de nos jours par la loi) représente 5% des individus. La famille reste le premier lieu de la socialisation.
PATRICE GROS-SUAUDEAU



La philosophie des mathématiques
9 octobre, 2012, 15:58
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L’alliance entre la philosophie et les mathématiques est ancienne. Depuis Pythagore et Platon, la liste des mathématiciens-philosophes s’écrit avec Descartes, Pascal, Leibnitz, Poincaré jusqu’à Husserl à la fois Docteur en mathématiques et en philosophie. Kant définissait les mathématiques (et la physique) comme un modèle pour la connaissance.
Pourtant elles ne disent rien sur le monde physique, la société, notre existence et notre intériorité.
Pascal a même fini par rompre sa carrière de mathématicien-physicien pour s’intéresser à l’intériorité de l’homme en redécouvrant le cœur, ce qu’il semblait avoir perdu. Wittgenstein considérait que les mathématiques n’apportaient rien à la philosophie. Pour le profane, elles suscitent à la fois admiration et rejet. Elles semblent coupées du « monde » de la quotidienneté comme des questions métaphysiques sur l’existence. Le mathématicien s’il suscite le respect sera souvent perçu comme un malade autiste asocial à qui il manque beaucoup de dimensions si ce n’est l’essentiel même si ce jugement comporte une part de ressentiment. Le prix à payer de son génie semble très lourd puisqu’il doit s’immerger dans un univers propre qui le coupe du restant de la population jusqu’à la schizophrénie. La compensation est le sentiment d’appartenir à une caste à part des humains et osons le mot d’éprouver une certaine « supériorité ».
Les différentes philosophies des mathématiques
Les mathématiciens adhèrent à des courants philosophiques liés à leur discipline.
1/ Le Platonisme ou le réalisme
Pour ce courant, les objets mathématiques sont aussi réels que les objets inanimés ou vivants.
Le tertium non datur (le tiers exclu) est un principe de sa logique bivalente. La notion d’ensemble est essentielle. Cette vision est partagée par les mathématiciens comme Hermite ou Lautman.
« … les nombres entiers me semblent exister en dehors de nous et en s’imposant avec la même nécessité, la même fatalité que le sodium, le potassium… » (Charles Hermite)
2/ Le formalisme a été conçu par David Hilbert.
Les mathématiques sont une construction de l’esprit qui reposent sur leur cohérence interne. Il ne doit pas y avoir de contradiction.
Le formalisme a été repris par Bourbaki et l’a poussé à l’extrême, c’est-à-dire une abstraction totale. N’existe en mathématiques que ce qui est écrit, ce qui s’oppose au platonisme.
Sous l’influence de Bourbaki, dans les années soixante et soixante dix, dans l’enseignement des mathématiques on a refusé l’usage des figures.
Gôdel a mis en évidence l’échec du formalisme de Hilbert. Toute théorie contient des résultats vrais mais non démontrables.
3/ Le constructivisme
Les objets mathématiques n’existent que dans la pensée du mathématicien à la différence du platonisme. Le texte écrit n’a de sens que par un lecteur mathématicien qui l’interprète. Le raisonnement par l’absurde est non admis. Cette position est assez minoritaire.
4/ L’intuitionnisme
L’intuitionnisme est assez proche du constructivisme. Il n’accepte pas aussi le raisonnement par l’absurde. Cette école a été développée par Brouwer et Heyting.
Chez Brouwer, on a des énoncés mathématiques qui ne sont pas valides en logique classique. La logique intuitionniste a formalisé des principes logiques. Pour Jean Dieudonné, ce courant ne représente pas 1% des mathématiciens.
5/ Le logicisme (Frege, Russel…)
Pour Frege, les mathématiques sont réductibles à la logique. Russel a trouvé des paradoxes dans la théorie des ensembles. L’anglais poursuivra avec Whitehead les travaux sur la logique. Le second théorème de Gôdel « tuera » le logicisme. Citons Frege « Tout bon mathématicien est au-moins à moitié un philosophe, et tout bon philosophe est au-moins à moitié mathématicien ».
Les mathématiques : langage de la science ?
Avec la sacralisation des mathématiques par les scientifiques, introduire des équations mathématiques dans un domaine d’étude donne du sérieux à la matière comme cela se passe par exemple pour les « sciences » économiques ;
René Thom considérait qu’à part la physique, l’utilisation des mathématiques est assez pauvre et élémentaire.
En chimie, on utilise beaucoup la règle de trois dans l’enseignement secondaire et même au-delà. Lorsque les mathématiques deviennent plus complexes cela ne décrit guère ce qui se passe ou alors de façon assez grossière. La biologie utilise aussi très peu les mathématiques. Ce langage étant devenu le langage de la science ou tout au-moins de la physique, toute quantification d’un savoir sera considérée comme une plus-value car plus opératoire. Les partisans de l’utilisation des mathématiques diront que de toute façon il existait déjà une distorsion entre le langage ordinaire et le monde physique ou celui de tout domaine d’étude.
Les mathématiques dans la physique
Les mathématiques et la physique sont intrinsèquement liées en dépit du purisme de certains mathématiciens. Il a existé du temps d’Aristote une physique qualitative. On peut même énoncer certains principes physiques sans recouvrir aux mathématiques comme le principe d’Archimède : « Tout corps plongé dans un liquide subit une poussée dirigée de bas en haut égale au poids du volume du liquide déplacé ».
La physique moderne a quasiment totalement exclu le langage naturel.
« … le langage ordinaire est trop pauvre, il est d’ailleurs trop vague, pour exprimer des rapports si délicats, si riches et si précis... ». (Henri Poincaré).
Heisenberg ne voyait dans les formules mathématiques non la vérité du monde mais la connaissance que nous en possédons ; nous pourrions dire un modèle.
En tout cas, l’utilisation des mathématiques dynamise la physique. En mécanique quantique, l’intuition faisant défaut, le physicien se « contente » de ses formules mathématiques. Pour des physiciens orthodoxes, la physique se trouve dans les équations. C’était la position d’Einstein qui voyait dans les mathématiques la compréhension possible du monde.
« Nous avons le droit d’être convaincus que la nature est la réalisation de ce qu’on peut imaginer de plus simple mathématiquement ». Il y avait chez lui un acte de foi venant tout droit de la pensée grecque pour qui le monde est explicable en dehors des mythes et des religions.
Conclusion
Les mathématiques sont elles faites uniquement pour elles-mêmes comme le soutiennent les membres de Bourbaki ? Jean Dieudonné a écrit un livre sur ce thème : « Pour l’honneur de l’esprit humain ». Ce point de vue flatte l’égo des mathématiciens. Savoir si elles existent seulement une fois démontrées comme le soutiennent les anti-platoniciens ou hors de nous semble de peu de conséquence sur la pratique des mathématiques. Leur utilisation dans les différents domaines du savoir n’est pas neutre. Elles « objectivent » et donnent une vision mécanique des phénomènes et dessèchent le monde de la vie ou le monde premier.
La critique phénoménologique de la mathématisation du monde et de la perte de sens pour l’homme occidental a été extrêmement forte au XXème siècle. Husserl a voulu revenir au monde de la vie, le monde premier débarrassé de sa gangue mathématique et analyser la constitution de l’objet par nos actes de conscience.
Dans la Krisis, Husserl écrit que Galilée a été à la fois découvrant et recouvrant. La crise de la raison qu’avaient aperçu Husserl et d’autres n’est elle pas que le contrecoup d’une « Science » objectivante qui ne donne pas sens au monde et n’aboutissant qu’au nihilisme.
Patrice Gros-Suaudeau



La Personne en Occident
31 juillet, 2012, 16:32
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Lorsque l’on observe le nombre de penseurs, scientifiques, inventeurs, musiciens, artistes de toutes sortes, poètes, écrivains… qui ont existé en Occident, la quasi-totalité étant constituée de mâles blancs qu’on cherche maintenant à mettre plus bas que terre, on peut se poser la question pourquoi ici et moins ailleurs ?
La culture occidentale a-t-elle favorisé l’épanouissement de l’individu pour qu’une part non négligeable d’individus ait été aussi créative ?
Il y a eu certes une période arabe qui après avoir repris l’apport grec a produit ce qu’on a appelé les « savants » arabes sur le modèle des « savants » grecs. Mais cette période n’existe plus comme par exemple la science qui ne s’est pas durablement installée dans les pays musulmans.
L’Occident a construit la notion de personne, sujet de droit. Cette notion juridique vient du droit romain. Sur le plan culturel, il y a eu le modèle du chevalier, idéal guerrier au départ auquel s’est ajouté par la suite un idéal courtois et d’homme cultivé.
L’Humanisme de la renaissance a renoué avec l’antiquité gréco-latine. L’homme (qui compte) doit détenir une culture encyclopédique comme le préconisait Rabelais. L’Humanisme de la Renaissance n’a rien à voir avec l’humanisme actuel qui a sombré dans le misérabilisme et qui peut se résumer ainsi : « tous égaux, tous pareils ». Cet Humanisme misérabiliste a dégoûté un penseur comme Nietzsche qui faisait la différence entre les hommes supérieurs et les médiocres.
Au XVIIème siècle, l’idéal de l’honnête homme est celui d’un homme (très) cultivé. L’idéal du « clerc » l’emporte sur celui du guerrier. L’honnête homme doit avoir une culture générale suivant en cela Montaigne : « mieux vaut une tête bien faite que bien pleine »
« Il vaut mieux connaître une chose sur tout que tout sur une chose ». (Pascal)
Au-delà des régimes politiques, les notions de personne et de l’individu ont toujours existé en Occident. La démocratie actuelle fait voter des lois liberticides et mémorielles qui ont comme but de contraindre la pensée et la liberté d’expression pourtant essentielles pour le développement de l’individu. Il ne faut pas oublier qu’à Athènes c’est la démocratie qui a condamné à mort Socrate.
On fera ici la distinction usuelle entre personne (concept social et juridique) et l’individu – personnalité – Moi (concept privé). Les deux notions peuvent se recouper partiellement. La personne en droit romain c’est le citoyen qui jouit de ses droits et est responsable de ses actes.
Le Christianisme
La notion de personne qui existait déjà chez les grecs (entre autres les Stoïciens) reste très présente dans le Christianisme. Chez les grecs, la personne était du devoir-être donc relevait du droit. Ceci s’oppose à d’autres religions comme par exemple l’Islam où le fidèle appartient avant tout à l’Oumma (la communauté). Dans le bouddhisme, le moi est nié ce qui a influencé la pensée asiatique. Pour le christianisme, Dieu a créé l’homme à son image. En revanche musulman signifie « esclave de Dieu ». L’Islam est par essence collectiviste et ne favorise donc pas l’épanouissement de l’individu. Selon le poète libanais Adonis l’Islam s’oppose à la notion de personne. De plus toute la Vérité se trouvant dans le Coran toute autre pensée sera considérée comme iconoclaste.
Kant
Le philosophe a défini la personne comme une valeur absolue. La personne doit être une fin en soi et non un moyen. L’être humain possède une dignité mais aussi une responsabilité. Toute personne mérite le respect.
« Le respect s’applique toujours uniquement aux personnes, jamais aux choses ». (Kant, Critique de la raison pratique)
La notion de personne est un fondement de la morale kantienne. Elle est responsable et mérite le respect. Avec Kant culmine la notion de personne et la morale qui en découle imprègne le droit actuel aussi bien civil qu’international.
L’impératif catégorique contient deux fois le mot « personne » « Agis de telle sorte que tu traites l’humanité aussi bien dans ta personne que la personne de tout autre toujours en même temps comme une fin, et jamais simplement comme un moyen ».
Le personnalisme d’Emmanuel Mounier
Le personnalisme peut se définir comme « toute doctrine, toute civilisation affirmant le primat de la personne humaine sur les nécessités matérielles et sur les appareils collectifs qui soutiennent son développement ».
Le personnalisme est donc dans la tradition grecque, chrétienne et kantienne. Sur le plan politique le personnalisme s’oppose aux totalitarismes. Il s’opposera aussi au libéralisme. Emmanuel Mounier, catholique, agrégé de philosophie a profondément influencé certains hommes politiques d’après-guerre.
En Pologne, le mouvement Solidarité s’est inspiré du personnalisme.
Analyse du moi
Le moi a été analysé par de nombreux philosophes et psychologues. Il y a à la fois unicité et multiplicité du moi.
Son unité semble évidente à priori par l’unité du corps. Il y a bien sur le visage qui est le plus identifiant et qui est l’expression de l’être. Ce corps et ce visage peuvent changer sous l’effet du vieillissement et d’accidents au cours de la vie. Mais il existe au-delà de ces contingences une permanence du corps et du visage.
Notre mémoire créé aussi une unité du moi au cours de la vie même si parfois elle fait défaut. Le mot « je » qui est une illusion pour certains, donne le sentiment de la permanence du moi. En anglais le mot « I » désigne je et moi, alors qu’en français le « je » est intemporel à la différence du moi. La multiplicité du moi vient d’abord du temps qui englobe toutes nos rencontres et nos traumatismes et fait que nous changeons.
Nous ne sommes pas les mêmes en fonction des situations et des personnes que nous rencontrons. Nous changeons en fonction aussi des groupes sociaux auxquels nous appartenons. Quelqu’un n’est pas forcément le même avec ses amis de club qu’avec ses collègues de travail.
Toujours est-il que ce moi n’intéresse pas la personne juridique définie par la loi.
Max Stirner : l’unique et sa propriété
Max Stirner (de son vrai nom Schmidt) a écrit un livre très séduisant que l’on pourrait qualifier comme l’œuvre essentielle de l’anarchisme individualiste. Cette pensée est celle d’un individualisme farouche.
« Pour moi, il n’y a rien au-dessus de moi »
Certains soutiendront que Nietzsche a été influencé par Stirner ce qui n’a jamais été vraiment démontré L’individu doit refuser toute forme de soumission
(État, religion, doctrines politiques…)
Stirner s’attaque même à l’idée d’Humanisme ou de « l’Homme » qui ont remplacé l’idée de Dieu. La croyance en l’Homme a remplacé l’ancienne religion. Dans le livre « l’unique et sa propriété », est prôné un égoïsme total. On retrouvera cette idée chez Nietzsche pour qui l’altruisme est une marque de faiblesse et de médiocrité. Chacun est unique. « Je suis unique et indicible ». L’unique ne s’aliène à personne.
La critique que l’on peut faire est que l’individu ne vient pas de nulle part. Il est le produit d’une Histoire, d’une culture, d’institutions comme l’Université que Stirner a fréquentées. On peut comparer cette œuvre à une autre d’un courant politique différent: le Culte du Moi de Barrés. Le Moi pour Barrés est menacé par les Barbares (les autres). L’écrivain à la différence de Stirner reliera ensuite l’individu à sa patrie charnelle.
Conclusion
Nous avons vu la différence entre la notion de personne et le moi (ou l’individu). Ces notions sont une construction historique qui s’est opérée en Occident. L’individu qui a un sens péjoratif pour certains (comme l’individualisme), est une valeur absolue pour un courant anarchiste. Le respect de la personne et la possibilité pour l’individu de jouir de tous les possibles sont sans doute des valeurs piliers de l’Occident qui ont contribué à sa supériorité au-delà de toutes les vicissitudes de l’Histoire.
Patrice GROS-SUAUDEAU



Le Bonheur
17 juillet, 2012, 13:41
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Le thème du bonheur rejoint celui de la philosophie des origines (amour de la sagesse). Le bonheur est pourtant en contradiction avec ce qu’est devenue la pensée occidentale.
La philosophie a de plus en plus évolué vers le recherche de la vérité ou tout au-moins la spéculation. Elle est devenue questionnement perpétuel d’où il résulte une insatisfaction intellectuelle et une inquiétude. Le bonheur de « L’imbécile heureux » est en opposition avec ce qu’est devenue la philosophie.
« Il n’y a pas de bonheur intelligent » (Jean Rostand)
L’aspect statique du bonheur est peu propice au questionnement. La société occidentale est imprégnée de culture chrétienne. Le christianisme a une vision pessimiste du monde temporel.
Le bonheur est au-delà. Pour le christianisme, l’homme grandit, se métamorphose dans la souffrance. Lénine avait aussi fait le rapprochement entre pensée et souffrance : « il y a ceux qui pensent parce qu’ils souffrent et ceux qui souffrent parce qu’ils pensent ».
Le Chrétien est une conscience malheureuse comme le soulignait Hegel. L’antiquité grecque comme nous le verrons ne connaissait pas ce déchirement.
Le bonheur peut se définir comme un état de plénitude. Il sera très difficile de définir le bonheur, notion aussi subjective en plus des souffrances auxquelles tout homme ne peut échapper (maladies, accidents, mort des êtres chers…).
Aristote
L’eudémonisme est une doctrine pour laquelle le bonheur est la finalité de notre action. Pour Aristote le bonheur est la vie contemplative.
Cette conception se trouve dans l’Ethique à Nicomaque. Le bonheur doit être en accord avec la raison et la 
vertu.        
« Cette activité (contemplative) est par elle-même la plus élevée de ce qui est en nous, l’esprit occupe la première place, et, parmi ce qui relève de la connaissance, les questions qu’embrassent l’esprit sont les plus hautes… Ce qui est propre à l’homme, c’est donc la vie de l’esprit, puisque l’esprit constitue essentiellement l’homme. Une telle vie est également parfaitement heureuse ». Ethique à Nicomaque
Au final, il y a chez Aristote une valorisation de l’intellect tout en tenant compte des besoins matériels.
Le point commun d’Epicure avec Aristote est l’eudémonisme. Mais les moyens diffèrent. Epicure accepte les plaisirs mais pas n’importe lesquels et de façon retenue. Le bonheur est dans la paix de l’âme. Epicure appelle cet état « ataraxie ».
Seuls les désirs naturels et nécessaires sont dignes d’être reconnus selon le philosophe. On a donc un bonheur mesuré ce qui le distingue de l’hédonisme, ce dernier voit dans le plaisir la finalité ultime.
Il y a une modération des plaisirs chez Epicure.
« Quand nous parlons du plaisir comme d’un but essentiel, nous ne parlons pas des plaisirs du noceur irrécupérable (ou de celui qui a la jouissance pour résidence permanente… car ni les beuveries, ni les jeunes garçons ou les femmes dont on jouit, ne sont la source d’une vie heureuse. ».
Le Stoïcisme
Les plus connus sont Sénèque, Epictète et l’empereur Marc-Aurèle ; pour les stoïciens, il faut rester libre et maître de ses idées.
« Le bonheur ne consiste point à acquérir et à jouir, mais à ne pas désirer car il consiste à être libre ». (Epictète)
Il y a une sorte de philosophie orientale à accepter l’ordre divin, c’est-à-dire l’ordre actuel. Il faut de plus éliminer les passions.
Spinoza
On retrouve l’eudémonisme. Le bonheur résulte du désir qui est l’essence de l’homme.
Chez Platon, il y avait adéquation entre le bien, le vrai, le beau, la raison. Spinoza y ajoute le bonheur.
Toute son œuvre peut être comparée comme une recherche du bonheur. L’éthique veut rendre possible la liberté et le bonheur. La joie parfaite est appelée « béatitude ».
L’éthique spinoziste s’oppose à la conception chrétienne. Le but de la vie est d’être heureux. En tout cas, seul l’homme libre peut être heureux, ce qui semble contradictoire avec la conception spinoziste de la liberté qui n’existerait pas, mais chez Spinoza être « libre » est se connaître. Il reste toujours un reliquat de liberté.
Kant
L’éthique kantienne définit le bonheur comme secondaire. Ce qui compte au-dessus de tout est la morale universelle. Il y a donc l’impératif catégorique à respecter. « Agis uniquement d’après la maxime qui fait que tu puisses vouloir en même temps qu’elle devienne une loi universelle. ».
« La morale n’est donc pas, à proprement parlé la doctrine qui nous enseigne comment nous devons nous rendre heureux, mais comment nous devons nous rendre dignes du bonheur » (Kant, Critique de la raison pratique)
Si Kant reconnaît le désir de bonheur des hommes, il n’est pas un philosophe du bonheur mais de la morale.
Nietzsche
Pour Nietzsche, l’homme doit sortir des illusions.
« Bonheur : le sentiment que la puissance croît, qu’une résistance est surmontée » (FN). Le bonheur est par delà bien et mal. Est-ce bien tout ce qui favorise la vie ? et mauvais tout ce qui la contrarie ?
Nietzsche s’oppose à toutes les morales qui n’ont fait que nier la vie comme le christianisme, le bouddhisme,
et qui n’ont abouti qu’au nihilisme, le socialisme en étant un prolongement. Les morales traditionnelles n’ont
fait-que mépriser la sexualité et le plaisir et fait l’apologie des passions tristes.
Les utilitaristes anglais (Bentham, Mill)
Bentham : sa doctrine peut se résumer ainsi « le plus grand bonheur du plus grand nombre »
La pensée utilitariste est individualiste. Les individus estiment leurs intérêts en tenant compte du plaisir et de la peine. Ils cherchent à maximiser leur bonheur.
Chez Bentham, l’Etat est nécessaire pour garantir le respect des libertés individuelles et assurer le bonheur collectif. L’Etat doit être plouto-démocratique. Dans la conception utilitariste du bonheur chez Bentham, il y a une adéquation entre ce dernier et l’économie.
Mill reprendra l’utilitarisme de Bentham, mais il mettra plus l’accent sur la qualité des plaisirs que sur la quantité. Dans le prolongement d’Aristote, il donnera plus d’importance aux plaisirs de l’esprit qu’à ceux du corps. Mill défend aussi un utilitarisme altruiste à la différence de celui de Bentham qui est égoïste.
Freud, Reich, Marcuse et le freudo-marxisme
Avec les utilitaristes anglais, nous avons déjà vu l’association du bonheur avec la politique et l’économie.
Nous avons avec Freud et le freudo-marxisme de Reich et Marcuse un pansexualisme. Le bonheur est lié à la sexualité et sa réalisation dans une société plus ou moins répressive.
Pour Freud, le bonheur est impossible car l’homme vit entre le principe de plaisir et le principe de réalité. Pour qu’il y ait une civilisation, il faut une part de répression des instincts qui aboutit à un certain refoulement chez l’homme. Les pulsions réprimées peuvent être sublimées mais il restera toujours une insatisfaction.
Reich politisera le bonheur et la sexualité. Pour lui, la sexualité est réprimée par la société capitaliste. Le psychiatre autrichien relie la répression sexuelle aux exigences économiques du capitalisme. Cette répression sexuelle engendre des névroses, et favorise la soumission. Cette répression se trouve essentiellement au sein de la cellule familiale bourgeoise. La famille et l’école apprennent la soumission à l’autorité. Pour Reich et le freudo-marxisme, il faut abattre le capitalisme.
Marcuse
Cohn-Bendit, leader de 68, a reconnu que personne ne l’avait lu parmi les étudiants ce qui ne les empêcha pas de s’y référer.
Marcuse refuse la thèse de Freud dans « Malaise de la civilisation ». Il réfute le principe de réalité que Freud utilisait pour justifier la répression des instincts et ainsi construire la civilisation.
Il considère que si cela a été nécessaire, l’homme doit dépasser ce stade et accepter d’accomplir sa sexualité. On appellera cela la libération sexuelle. Ce courant soixante-huitard semble moins à la mode vu le nombre très important de revues féminines actuelles où les articles sur la sexualité sont omniprésents et sans tabou. Les thèses de Marcuse dans les années soixante étaient encore révolutionnaires.
Conclusion
Schopenhauer écrivait que l’homme évoluait entre la souffrance et l’ennui, mais l’ennui est aussi une forme de souffrance. Comme dans le bouddhisme, il prônait le renoncement ce qui rejoint le stoïcisme.
Le bonheur deviendrait donc défini en négativité : ne pas souffrir. Le bonheur n’est qu’une illusion ou alors une somme de petits moments transitoires. L’homme, selon Pascal, est incapable de bonheur sinon se noyer dans le divertissement et oublier la mort. On a assisté aussi à un phénomène de politisation du bonheur. Certains courants politiques ont voulu instituer le bonheur comme le communisme qui voulait installer le paradis sur terre. De façon pragmatique, le paradis s’est parfois transformé en enfer.
Le bonheur a aussi été analysé de façon biologique comme l’a fait le neuropsychiatre Cyrulnik, ce qui a eu comme conséquence une médicalisation du bonheur. Il ne dépendrait que de nos glandes et de nos sécrétions hormonales.
Le concept de bonheur s’est aussi laissé envahir par la sexualité et la psychanalyse.
Le sentiment de bonheur est souvent rétrospectif ; c’est lorsqu’on rencontre le malheur qu’on découvre le bonheur passé.
Patrice GROS-SUAUDEAU



La relativité
24 janvier, 2012, 18:23
Classé dans : éducation et enseignement

Sur les inspirateurs de la relativité, il existe déjà une controverse. En relativité restreinte, Poincaré avait t-il déjà tout dit ou Einstein a t-il quand même été le grand synthétiseur d’un esprit de l’époque, en donnant une plus-value. Disons que de nombreuses idées relativistes étaient déjà exposées dans le livre :  « la science et l’Hypothèse » d’Henri Poincaré. Dans des revues scientifiques, le savant français avait quasiment déjà exposé la théorie comme le soutient Jules Leveugle dans son livre. Nous n’irons pas plus loin dans ce débat passionnel et nous ne nous intéresserons qu’à la théorie.

La Mécanique classique

L’ esprit philosophique d’avant la relativité était de s’attaquer à toute métaphysique (pouvant être définie comme le fait de postuler ce qui est indémontrable). Le philosophe Ernst Mach a voulu éliminer tout ce qui lui semblait comme hypothèse métaphysique considérait l’espace et le temps comme des conditions « à priori » de notre entendement.

Les Postulats de la Relativité

La vitesse de la lumière est isotrope, c’est-à-dire qu’elle ne peut varier d’un référentiel à un autre. Ce résultat est dû à l’expérience de Michelson-Morley (1881). Ceci est en contradiction avec la mécanique classique où les vitesses s’additionnent.

La Relativité restreinte

La Relativité s’est construite en deux temps ; tout d’abord la relativité restreinte (1905) puis dans un second temps la relativité générale (1915).

Soient K et K’ deux systèmes de coordonnées, K et K’ sont galiléens si K’ a un mouvement de translation uniforme (vitesse constante) relativement à K

K’ se déplace à la vitesse v par rapport à K

Principe de relativité restreinte

« Si K’ est relativement à K un système de coordonnées qui effectue un mouvement uniforme sans rotation, les phénomènes de la nature se déroulent relativement à K, conformément aux mêmes lois générales que relativement à K’. Nous appelons cet énoncé « principe de relativité restreinte » (dans le sens restreint) »

On peut aussi dire : « les lois physiques sont invariantes lorsqu’on passe d’un référentiel à un autre animé par rapport au premier d’un mouvement rectiligne uniforme »

Les transformations de Lorentz

On peut dire que pratiquement toute la théorie de la relativité restreinte se trouve dans la transformation de Lorentz.

En mécanique classique nous aurions eu :

x’ = x – vt
y’ = y
z’ = z
t’  = t

En relativité restreinte il n’y a pas simultanéité du temps.

Addition des vitesses

Si dans le couloir d’un train lancé à la vitesse v un voyageur marche vers l’avant à la vitesse v’, sa vitesse v » par rapport au sol est en mécanique classique v » = v’ + v
En relativité restreinte, la formule est différente.
Cette relation découle de la transformation de Lorentz

La Relativité Générale

Donnons le principe de relativité générale.

« Tous les corps, quel que soit leur état de mouvement, sont équivalents pour la description de la nature et la formulation de ses lois générales »

On a donc une généralisation du Principe de relativité restreinte. L’énoncé de ce principe n’est pas tout à fait exact car nous sommes dans un espace non euclidien, nous donnerons la formulation exacte après.

Espace non euclidien

La terre par exemple n’est pas plate. Lorsque nous nous déplaçons d’un point à un autre, nous avons un continuum non euclidien.

Pour repérer un point nous ne pouvons utiliser les coordonnées cartésiennes mais les coordonnées de Gauss.

On appelle mollusque : corps de référence non rigide

Le Principe de Relativité Généralisée est alors

« Tous les mollusques de Gauss (systèmes de référence définis par des coordonnées de Gauss) sont équivalents pour la formulation des lois physiques »

La courbure de l’espace-temps

L’espace et le temps se fondent dans une structure géométrique quadridimensionnelle (espace-temps), pouvant prendre une forme courbe que mes yeux ne voient pas.

La terre n’est pas attirée par le soleil comme dans la physique classique. Elle ne fait que suivre le chemin tracé autour du soleil par la courbure de l’espace-temps. La matière du soleil déforme l’espace-temps

La mécanique classique et la relativité générale sont donc dans deux paradigmes pour reprendre le terminologie de Kuhm.

La critique de Mach

Pour Mach, l’idée de réalité extérieure n’a pas de sens. Il n’existe que des phénomènes. Mach reprend Hume : notre connaissance ne vient que de notre perception des phénomènes. Les concepts que nous utilisons sont des notions métaphysiques comme la force, le champ. Pour Einstein, il existe une réalité scientifique exprimée en langage mathématique. Einstein appartient donc au courant du réalisme. On peut de plus pour lui connaître la réalité ou tout au moins sans cesse s’en approcher.

Mach était totalement opposé à cette vision en tant que phénoménaliste.

Tests qui confirment la théorie de la relativité générale

La déviation des rayons lumineux dans un champ gravitationnel

La lumière bien que n’ayant pas de masse est déformée par le courbure de l’espace-temps

On a un décalage gravitationnel

La théorie de la relativité générale donne avec précision l’angle de variation d’un siècle pour le perihélie de mercure.

En conclusion, nous dirons que la Relativité est une belle construction intellectuelle faisant, en ce qui concerne la relativité générale, appel à un langage mathématique plus poussé. Cette construction, à la différence de la mécanique quantique possède une philosophie encore classique et réaliste ainsi que déterministe. Elle est d’ailleurs en contradiction avec la quantique, contradictions que la théorie des cordes essaiera de résoudre.

Patrice GROS – SUAUDEAU
Statisticien – Économiste



La philosophie du langage
10 octobre, 2011, 15:29
Classé dans : éducation et enseignement,plus ou moins philo

L’étude du langage s’est très développée au XXème siècle. Il est évident que l’homme ne serait pas ce qu’il est sans cet outil du savoir et cet instrument de communication.

Le langage est un élément très identifiant pour les individus puisque sa maîtrise est l’expression d’une classe sociale, d’une distinction, d’un niveau intellectuel et culturel, d’une séduction, d’un pouvoir,…

Il y a deux façons de l’appréhender, une façon qui se veut « scientifique » comme la linguistique et une autre qui se veut philosophique comme par exemple la philosophie analytique, mais d’autres philosophes sans appartenir à ce courant analytique ont aussi eu une réflexion sur le langage. Nous verrons ces deux approches.

La philosophie analytique a aussi beaucoup insisté sur la logique. Le terme « langage » a pris une extension puisqu’on parle de langage de la musique, du corps comme dans la danse …

Nous garderons ici une définition plus restrictive de Martinet dans « Éléments de linguistique générale » : « Dans le parler ordinaire, le « langage » désigne proprement la faculté qu’ont les hommes de s’entendre au moyen de signes vocaux »

L’antiquité

Platon dans le dialogue « Cratyle » crée une dispute sur le langage : les mots imitent-ils les choses ? Cratyle défend cette idée alors qu’Hermogène soutient la thèse de l’aspect conventionnel du langage. Le signifiant et le signifié ne font pas qu’un. On retrouvera cette question chez les linguistes modernes.

Pour Aristote, l’homme est un animal politique par le langage. Non seulement il permet de communiquer, mais il met en commun des valeurs sociales (bien et mal, juste et injuste, …) ce qui crée la politique. Nietzsche disait : l’idée de vérité commence à deux. La politique commence aussi à deux.

Platon avait aussi vu les limites du langage qui ne peut tout exprimer. Il est déficient pour dire l’être. La vérité est au-delà du discours.

La linguistique

La linguistique se veut une étude scientifique de la langue. Le Suisse Ferdinand de Saussure peut être considéré comme le fondateur de la linguistique moderne.

Saussure distingue le langage de la langue. Le langage est un ensemble de signes pas forcément linguistiques alors que la langue « un tout en soi » possède une cohérence comme par exemple les langues française, anglaise, espagnole, allemande, …

Il faut distinguer la linguistique qui étudie les langues et la sémiologie qui étudie les signes dans la vie sociale, la langue étant elle-même un système de signes.

Saussure fait aussi la distinction entre langage et parole, action individuelle de celui qui parle ou écrit.

La linguistique introduit de nouveaux concepts comme synchronie et diachronie.

La linguistique synchronique décrit une langue à une époque donnée, la linguistique diachronique étudie son évolution historique.

Le signifiant est un ensemble sonore, le signifié est le concept. Le lien entre signifiant et signifié est arbitraire pour Saussure reprenant une controverse d’un dialogue de Platon.

Jakobson et le cercle linguistique de Prague

Jakobson a voulu poursuivre les travaux de Saussure et crée la notion de linguistique structurale.

Un phonème est le plus petit élément d’une langue comme (o, eau, …) « le langage est essentiellement une entité autonome de dépendances internes ou en un mot une structure » (Louis Hjelmslev). Jakobson reprend la définition médiévale du signe. « aliquid stat pro aliquo » (quelque chose qui se tient à la place d’une autre).

Il y a une multiplicité des fonctions du langage : représentative, expressive ou émotive, incantatoire, phatique (c’est-à-dire établir un contact comme allo), poétique (enjolivement des choses), métalinguistique, élaboration de la pensée, …

Pour Chomsky, parler est un acte créateur. La langue a une potentialité infinie de phrases structurellement interdépendantes. « Le langage offre des moyens finis mais des possibilités d’expression infinies ».

Pour le linguiste américain, il y a aussi innéité des mécanismes d’acquisition du langage. L’enfant apprend très rapidement une langue pourtant parfois très complexe. Il existe le langage de la quotidienneté et celui de la réflexion ou de la pensée.

La philosophie analytique

Parallèlement à la linguistique, a existé une philosophie du langage qu’on a appelé philosophie analytique. L’autrichien Wittgenstein expose dans son livre « Tractatus logico-philosophicus » ses réflexions sur le langage. Le langage « représente » la « réalité ».

« La proposition est une image de la réalité. La proposition est une transposition de la réalité telle que nous la pensons » (4.01 – Tractatus). Wittgenstein dira aussi que le langage est une projection de la réalité.

Seules les propositions susceptibles d’être vérifiées possèdent un sens. Il faut garder le silence vis-à-vis de la métaphysique : « Ce dont on ne peut parler, il faut le taire ».

On ne peut parler de la réalité que par le langage. Mais le langage travestit la pensée. Il faut donc constituer une nouvelle syntaxe logique. On revient à cette notion ancienne de langage idéal sans failles, sans double sens, sans ambigüités … mais que Wittgenstein ne cherche pas à établir comme Frege. Il en restera à analyser les possibilités du bon fonctionnement du langage.

La pensée de Wittgenstein va évoluer dans les « Investigations philosophiques ». Il n’est plus question de créer un langage logique idéal. Il fait une analyse des jeux de langage comme « Commander et agir d’après des commandements – décrire un objet d’après son aspect – rapporter un événement – faire des conjectures – inventer une histoire – faire un mot d’esprit – solliciter – remercier – prier …»

En fin de compte, Wittgenstein revient à une analyse du langage ordinaire.

En dehors de Wittgenstein, il y a eu bien sûr d’autres philosophes appartenant au courant de la philosophie analytique comme Austin ou Searle.

Pour Austin, le langage n’a pas qu’une fonction descriptive mais il peut être aussi « performatif » quand par exemple quelqu’un répond « oui » au mariage lors d’une cérémonie. Nous avons donc des énoncés performatifs et d’autres constatifs. Les énoncés performatifs « font les faits dont ils parlent » comme par exemple « je déclare la séance ouverte » ou « je vous condamne à six mois de prison ».

Austin continuera d’affiner sa réflexion en distinguant le locutoire, l’illocutoire et le perlocutoire. Le locutoire consiste dans le simple acte d’énoncer. L’illocutoire est l’activité liée à l’énonciation « je te promets de passer ce soir ». Il en résulte une promesse comme le fait de menacer. L’acte perlocutoire est l’effet de la parole : « va te laver les dents ».

Le langage n’a pas été uniquement un sujet d’étude pour les linguistes et ceux qui se réfèrent à la philosophie analytique. Heidegger qui appartient à la philosophie continentale considère le langage comme un accès à l’être. « Le langage est la maison de l’être en laquelle l’homme habite et de la sorte ek-siste, appartenant à la vérité de l’Être dont il assume la garde ». Pour Heidegger, la présence de l’être se manifeste par-dessus tout dans la poésie.

Gadamer qui fut élève de Heidegger a aussi eu des réflexions très pénétrantes sur le langage : « L’être est langue, c’est-à-dire autoreprésentation ».

Le philosophe voit aussi la langue porteuse d’une tradition reprenant en cela une idée d’Humboldt : « la langue reste pénétrée par tout ce qu’ont ressenti les générations antérieures et en a conservé l’empreinte ».

Le langage n’est pas uniquement instrument de la pensée. L’être étant le langage, Gadamer définit la philosophie comme une ontologie herméneutique. Par le langage on dialogue avec les œuvres passées. Une langue est aussi tradition.

En conclusion nous dirons comme Descartes que le langage n’existe que chez l’homme, le seul à inventer des signes et à en avoir une utilisation infinie. La plasticité du langage humain est aussi infinie.

Les animaux ne donnent que des signes exprimant des informations déclenchant des comportements. Le linguiste Benveniste ne voit par exemple chez les abeilles qu’un code de signaux.

Le langage étant pourtant un prodigieux instrument de la pensée, un philosophe comme Bergson refusait l’adéquation entre langage et pensée. Il y a un au-delà du langage. La pensée ne peut totalement s’exprimer par le langage. Il y a par exemple chez Bergson l’intuition. À l’inverse, Hegel a postulé que langage et pensée sont la même chose. Ce qui est flou ne peut faire partie de ce qu’on nomme la pensée. Il restera pourtant toujours l’indicible.

Patrice GROS-SUAUDEAU



L’enseignement en Seine-Saint-Denis
31 mars, 2011, 17:49
Classé dans : éducation et enseignement

Nous ne décrirons pas un lycée technique ou professionnel, ni un établissement classé en ZEP (Zone d’Éducation Prioritaire) mais un lycée général ayant même des classes prépas et BTS (donc Bac + 2).

L’établissement public n’est quasiment composé que d’élèves d’origine africaine, maghrébine et musulmans pour la plupart. Les élèves sont en général mal polis, grossiers, certains agressifs aussi bien verbalement que physiquement. Les trois quarts ne font rien, ne comprennent rien, les filles comme les garçons. Le peu qui voudrait travailler est empêché par un brouhaha permanent où la plupart des élèves parlent à voix haute et sans discontinuer. Le professeur de maths ne peut bien sûr jamais tourner le dos pour écrire au tableau ou utiliser des instruments (règle ou compas) car le bruit déjà très pénible deviendrait insupportable.

On est pourtant en lycée où les élèves ont généralement un ou deux ans de retard (voire plus). Leur niveau psychologique et leur comportement sont ceux d’une classe de 5eme ou 4eme. Si l’on colle une élève par exemple d’origine marocaine, la mère vient en hurlant dire que l’on n’a pas à coller sa fille. Quand le professeur de physique s’exprime en conseil de classe, c’est pour dire que ses élèves ne comprennent absolument rien à la physique-chimie. Le professeur de français trouve que les élèves ne comprennent rien aux textes du programme. Une professeure d’allemand (qui a en principe les plus courageux) avoue que cela fait longtemps qu’elle ne donne plus de devoirs à faire à la maison, car de toutes les façons personne ne les rend. Le professeur d’anglais « occupe » ses élèves en leur faisant écouter du Mickaël Jackson.

Dans l’établissement, la plupart des professeurs sont encore d’origine française, mais il y a une minorité de professeurs arabes et africains qui augmente chaque année. Les professeurs les plus âgés attendent la retraite, les plus jeunes attendent une mutation. Ceux qui sont « entre deux âges » en général ne ressemblent à rien, ce qui est peut-être un moyen d’éviter les conflits. Le proviseur fait de la figuration et fait aussi du déni de la réalité en ayant sans cesse à la bouche « école de la République ». Le professeur de mathématiques n’arrive jamais à dépasser le premier exercice d’application que très peu d’élèves arrivent à faire. L’Éducation Nationale noie tout cela dans un jargon propre à elle de « prise en compte de la diversité ». Les professeurs bien notés sont ceux qui parlent aux élèves comme à des gamins de dix ans, explications comprises.

Dans la salle des professeurs, une enseignante de philosophie se lâche : « Ils ne comprennent absolument RIEN ».

Pendant un bac blanc de philosophie, il fallait surveiller les élèves pour une épreuve qui théoriquement dure quatre heures. Les élèves n’avaient pas le droit de sortir avant une heure et demie. On a donc vu les élèves regarder leur copie blanche pendant une heure et demie. Les plus inspirés écrivaient cinq lignes (de banalités effrayantes). Au bout d’une heure et demie tout le monde s’est levé, a rendu sa « copie » et il n’y avait plus personne dans la classe. Dans trois mois, le jour du bac, ils auront la moyenne !

Cela est banal, mais tout le monde fait semblant, comme si l’enseignement était comme auparavant, ou comme ailleurs en France où cela se passe à peu près correctement.

La plupart des élèves passeront dans la classe supérieure en ayant « assimilé » à peine 1 % du programme. A la fin de la terminale, on va leur « donner » le Bac (il faut respecter les quotas de 80 %). Les élèves continueront aux frais de la République à faire des études dites supérieures et on leur donnera un diplôme aussi bidon que leur Bac. Ils n’auront pas de travail. Ils diront que c’est la faute du racisme puisqu’ils « ont fait des études » ! Il faudra créer donc des quotas pour faire entrer des nuls dans les entreprises.

En dehors de la scolarité, lorsqu’il y a un match de football où joue l’Algérie, on observe dans l’établissement (de la République) un raz de marée de drapeaux algériens de un mètre sur deux, qui déferle jusque dans les classes.

D’ailleurs, si tous les élèves sont nés en France, aucun ne se considère comme Français (la honte !).

Ce que l’on demande aux professeurs, c’est que lorsque l’inspecteur vient, les élèves ne gigotent pas trop. Les inspections sont autant d’occasions de chantage de la part des élèves. « Si vous n’enlevez pas ma punition, ou si vous n’augmentez pas ma note, on vous démolit votre inspection ». Les jours de l’inspection, à la différence de ce qui se passe ailleurs, les élèves sont encore plus infects, surtout si le professeur est considéré comme Français, blanc, non musulman.

De tout ce qui est décrit, l’Éducation Nationale fait un déni de réalité. En tout cas, voilà où l’Etat verse des millions d’euros pour construire la France de demain.

Patrice GROS-SUAUDEAU



PRESENTATION DE LA PSYCHANALYSE
7 mars, 2011, 13:49
Classé dans : éducation et enseignement,plus ou moins philo

 

La force (et la faiblesse) de la psychanalyse est de n’avoir pas de modèle concurrent. Personne n’a encore construit une théorie complète autre de la sexualité qui sorte des religions.

Ceci ne signifie aucunement qu’elle puisse avoir une prétention scientifique. C’est « au mieux » une grille de lecture. Tous ces thèmes ont été vulgarisés et son vocabulaire est passé dans le langage courant.

La psychanalyse est avant tout une analyse de la psyché humaine c’est-à-dire de notre monde intérieur.

Freud distingue les pulsions de vie et de mort qu’il faut distinguer de l’instinct. La recherche du plaisir au sens large est un moteur de l’activité psychique. Les pulsions sexuelles sont survalorisées dans la psychanalyse. Certains ont critiqué l’omniprésence de la sexualité ce qu’on a appelé le pansexualisme.

Une idée qui a choqué fut la reconnaissance de la sexualité infantile ce qui s’opposait au monde de l’innocence de l’enfance posée jusqu’alors.

La libido est le potentiel d’énergie qui existe pour le désir.

Les pulsions de vie et de mort font référence à Eros et Thanatos. La pulsion de vie est créative comme le désir ce que soulignait déjà Spinoza. La pulsion de mort (qui n’est pas forcément l’agressivité) est l’aspiration au néant (refus du combat qu’est la vie)

Dans l’appareil psychique on distingue le conscient, le préconscient et l’inconscient.

Le conscient est l’ensemble de nos pensées contrôlées ; on peut le définir au sens large comme la conscience.

Le préconscient se définit comme la mémoire. On peut y accéder.

L’inconscient : le premier philosophe à l’aborder fut Leibniz. L’inconscient contient des représentations refoulées par tous les interdits existants. La connaissance de l’inconscient se fait par les rêves qui sont des exutoires ; d’où l’importance de l’interprétation des rêves.

Une autre façon de classer la psyché fut par Freud la distinction entre le Ça, le Moi et le Surmoi.

Le Ça est le lieu des pulsions sexuelles. Le Moi est la conscience claire. Le Surmoi est l’intériorisation de tous les interdits extrêmement nombreux dans une société civilisée qui peuvent générer un sentiment de culpabilité et aussi le refoulement. L’idéal du Moi est l’image parentale idéalisée.

Le refoulement lié à un Surmoi tyrannique peut créer une névrose. Il peut y avoir aussi un défaut de Surmoi d’où un état psychotique.

Nous allons aborder maintenant le pont aux âmes de la psychanalyse : les trois stades du développement sexuel de l’enfant. Il y a la phase orale, sadico-anale et phallique.

Toute théorisation est bien sur une réduction, un appauvrissement du monde de la vie.

  •     La phase orale ou les début de l’individualisation.
  •     Le plaisir sexuel est éprouvé par la bouche, zone érogène. Sucer sont pouce est une manifestation du plaisir éprouvée par la bouche. Le plaisir au cours de la vie peut donc aussi être de bien manger, sucer, fumer…
  •      On comprend mieux l’importance des lèvres sur le visage de quelqu’un et l’attirance sexuelle que cela peut procurer.
  •      Le nourrisson se nourrit du lait maternel par sa bouche. Le bébé porte tout à sa bouche. Il s’approprie sa mère par le lait maternel d’une façon anthropophagique. On comprend donc le sens de la transsubstantiation chez les catholiques, passage de l’hostie et du vin en corps et sang du Christ : s’approprier ses vertus.
  •     La phase anale ou sadico-anale qui correspond à celle de la socialisation, de l’apprentissage
de la propreté. La matière fécale de l’enfant est une offrande pour la mère.
  •      Cette phase peut aussi être celle de l’apprentissage de la soumission et de la domination, en laissant libre cours parfois à ses pulsions sadomasochistes. L’enfant apprend aussi à intérioriser les interdits.
  •      La phase phallique : troisième moment du développement de l’enfant. Le centre est le pénis ou
le corollaire féminin : le clitoris. On assiste à l’éveil de la curiosité sexuelle. Il peut en résulter
une angoisse de castration chez le garçon et un désir du pénis chez la fille.

Nous passerons sur le conflit œdipien bien connu de tous entre la mère-fils ou le père-fils.

Dans la psychanalyse il y a l’importance donnée à l’inconscient et à la sexualité.

L’homme n’est plus complètement maître de lui-même. Ceci a représenté un danger éthique pour des

penseurs comme Alain et Sartre puisqu’il y aurait une déresponsabilisation de l’individu. L’accusation du pansexualisme doit être nuancée car la psychanalyse s’intéresse aux autres pulsions et inhibitions les plus diverses. De plus, la sexualité ne se limite pas au génital.

En psychanalyse pour certains il y a une part de croyance en un modèle réducteur. Mais en toute théorie même scientifique il y toujours une part de foi aux hypothèses. La croyance en la cure psychanalytique est même plus forte. L’étude de la psychanalyse n’est jamais sans conséquence sur celui qui se donne la peine de l’étudier.

PATRICE GROS-SUAUDEAU



APOLOGIE DU SPORT ou les bienfaits du sport.
8 mai, 2010, 18:58
Classé dans : éducation et enseignement

Enfant, j’allais souvent le dimanche matin avec mon grand-père, un pur Vendéen qui s’est senti comme tel toute sa vie, rendre visite à l’Eglise Notre-Dame des Ardilliers où se trouvait la statue d’un Saint Vendéen.

On passait devant le Café des Sports, qui ne méritait en rien son nom, endroit où se réunissaient pas mal d’arsouilles de la ville.

De la rue, j’arrivais à lire de loin dans le fond du café, gravée en lettres d’or, la maxime « LE SPORT AMELIORE LE PATRIMOINE DE LA RACE ».

Cette formule faisait un peu incongrue au milieu de tous ces alcooliques personnages d’anthologie à la trogne toute rouge, qui tournait au violet le soir à la fermeture.

Mais cette maxime avait un grand fond de Vérité. Elle a hélas été effacée sans doute sous la pression des francs-maçons de la ville.

Je ne sais pas si c’est à ce moment-là que j’ai appris. à aimer le sport. L’après-midi, j’aillais toujours avec mon grand-père, voir l’équipe de foot locale, évoluer dans des machts minables contre d’autres équipes de la région. A la mi-temps, c’était le prétexte d’aller pour tous les spectateurs s’envoyer plusieurs canons à la buvette faite de tables de bois.

A l’époque, le sport avait pour moi, l’odeur du gros rouge.

S’il améliorait le patrimoine des joueurs, il ne semblait pas beaucoup améliorer celui des spectateurs.

Dans le fond, je préférais le rugby plus viril à mes yeux.

J’aimais le contact physique des costauds du coin qui se rentraient dans le lard. Les grandes chevauchées qui avaient, à la fois quelque chose de romantique et de sauvage me fascinaient. N’étant pas du midi, j’imaginais un plus beau rugby là-bas, celui du terroir et des clochers qui actuellement devient cosmopolite et celui de l’argent.

La boxe où l’on voyait deux types se taper sur la gueule pendant un bon moment, me plaisait moyennement.

Tous les sports sont louables, mais le sport qui exprime le plus le génie de la race est le vélo. Nos héros nationaux, qu’ils s’appellent Anquetil, Poulidor ou Hinault, sont les plus purs produits du pays. Le Normand Anquetil était l’aristocrate, le Don Quichotte du vélo. Et comme tous les Seigneurs, il était respecté mais pas trop aimé .

Par opposition Poupou était le peuple. On a beaucoup donné d’explications pseudo-intellectuelles sur l’affection des Français envers Raymond Poulidor. La vérité est toujours plus simple. C’est que les Français se reconnaissent physiquement en lui.

Ceux des campagnes croyaient se voir sur un vélo. Quant à ceux des villes, ils s’imaginaient leur père ou leur grand-père en train de pédaler.

Le vélo offre parfois des champions encore plus humains que les humains.

Lorsqu’on regarde en film Jean Robic, on souffre en même temps que lui à chaque coup de pédale.

Toute la souffrance de ce sport s’exprimait sur son visage.

Chaque effort était accompagné d’une grimace où se lisait une douleur indicible. Il montait sur son vélo au début d’une étape, comme d’autres descendent à la mine.

Le voir se battre sur son engin était quelque chose, plus pour gagner son pain que les étapes.

Ce bagnard, ce forçat du vélo transperçait les cœurs.

Maintenant le vélo a pris la couleur du fluo et de la technique ultra-sophistiquée. Actuellement, UlIrich représente la fierté germanique, mais on commence déjà à lui reprocher son physique trop teuton, le racisme anti-allemand n’étant guère dénoncé par S.O.S. Racisme.

(Certes on le verrait bien debout sur la tourelle d’un char d’une Panzerdivision). N’ayant pas cette bassesse, et n’étant jaloux de rien, j’admire ses exploits actuels. Le Tour du France est aussi un prétexte pour découvrir le génie du paysage français.

La seule ombre au sport actuel est l’utilisation des dopants, puisque l’équipe américaine a malheureusement donné l’exemple aux Jeux Olympiques de Berlin en 1936. Il n’y a pratiquement plus de sportif «nature».

En vieillissant on peut toujours pratiquer la course, et soulever de la fonte. Cela conserve à défaut « d’améliorer le patrimoine de la…». Il y a des termes qu’il faut éviter d’employer trop souvent, sous peine d’être poursuivi ou d’être traité comme un pestiféré. Cela ne me dérange pas, car j’ai toujours pensé par moi-même en dehors du terrorisme intellectuel ambiant.

En conclusion, nous n’insisterons jamais assez sur les vertus bénéfiques du sport, qui en plus de forger le caractère est une école de dépassement de soi, terme qu’il est «encore» permis d’utiliser.

Patrice GROS-SUAUDEAU



Les français ont le quotient intellectuel moyen le plus bas de l’Occident (vendée fidélité)
8 mai, 2010, 16:56
Classé dans : éducation et enseignement

On peut toujours se consoler en constatant que la Bulgarie, pays en partie musulman et à une économie de tiers-monde se trouve derrière nous, et nous dire que l’étude a été réalisée par des Anglais qui ne chercheraient qu’à nous rabaisser.

Pourtant Outre-Manche on n’aime guère les Allemands et ceux-ci se trouvent en tête du classement. Cela fera grincer des dents à certains qui pourraient y voir la revanche d’Hitler. En tout cas, cette attitude pour ce qui concerne la France correspond bien à ce que l’on y observe dans ce qui fut le pays de Descartes, Evariste Galois et Henri Poincaré.

Peu de politiques ont souligné la gravité des résultats de cette étude. Dans un contexte de compétitivité exacerbée, l’intelligence d’une population est pourtant un atout qui peut s’exploiter économiquement. Comme l’a écrit justement Nicolas Baverez, entrent en France les Bac-moins-cinq, sortent les Bac-plus-cinq.

Voilà donc ce qu’est devenue la France après vingt cinq ans de socialo-chiraquisme, c’est-à-dire de matraquage sempiternel sur les vertus de l’immigration, du multiculturalisme, du métissage, et de la diversité. Le multiculturalisme tant vanté consiste d’ailleurs essentiellement à voir des jeunes en survêtement et en casquette tabasser des «blancs». Ce n’est pas les quelques buts marqués (rares) par l’équipe de France de foot qui feront monter le Q.I. des Français.

Dans beaucoup de banlieues, on n’enseigne plus rien et de nombreux jeunes sortent de l’école analphabètes¹ . Les jeunes des banlieues s’expriment en tout avec trois cents mots : («bâtards», «nique ta race» … ).

Comme chacun sait, la population française a changé physiquement et la différence est grande entre deux générations. La baisse du Q.I. est un dommage collatéral de l’immigration mais il ne faut pas le dire. Les Français baignent dans la connerie médiatique. Comment se manifeste-t-elle ?

Ce sont les émissions soporifiques de Michel DRUCKER où tout le monde, il est beau, tout le monde il est gentil et généreux. En tout cas, ceux que désigne et invite Michel DRUCKER, le grand inquisiteur. Chaque dimanche, on assiste au spectacle de la connerie ronronnante, repue, satisfaite d’elle-même.

La connerie c’est aussi le fait de croire qu’il suffit de répéter ce que dit le politiquement correct pour ainsi se trouver dans le camp de l’intelligence.

La connerie c’est le diktat d’une chansonnette de Pierre PERRET, vieillard avant l’âge au visage bouffi par la baisse de son taux de testostérone. C’est l’apologie de l’antiracisme obsessionnel. Les non-métis devraient porter plainte pour racisme à juste titre puisqu’ils se font traiter d’inférieurs à longueur de temps par les soi-disant antiracistes.

Le bêlement antiraciste depuis vingt cinq ans n’a pas fait monter le Q.I. des Français. Maintenant, on le sait. La France doit-elle être dirigée par les évêques, c’est à dire des vieillards femellisés qui interviennent à tout propos sur les questions qui engagent l’être et l’avenir de la France ?

La connerie en France, c’est aussi Bernard PIVOT qui a officié pendant trente ans sur la littérature, qui a autorisé ou non autorisé certains à venir s’exprimer. Dans une de ses émissions, un jour quelqu’un avait émis un propos contraire au politiquement correct. « Ah, si j’avais su que vous aillez dire cela, je ne vous aurais pas invité ». Tout le misérable bonhomme Bernard Pivot était contenu dans cette phrase². Cela lui avait échappé, mais on voit là comment les maîtres des médias conçoivent la liberté d’expression.

La connerie, c’est la déprogrammation de la pièce de Peter Handke³ par un imbécile qui, en plus, se croit courageux. Des imbéciles décident pour plus intelligents qu’eux. La France s’est toujours enorgueillie d’avoir le meilleur système éducatif du monde⁴. Pour quels résultats actuels ?

La bien-pensance terrorise intellectuellement les Français. Sa grande arme est le sentiment de culpabilité. Vous êtes contre l’Europe, l’immigration : « vous êtes xénophobe et raciste ! » La culpabilité est abêtissante et crée le repli sur soi. La connerie, ce sont tous les discours insipides de Jacques CHIRAC, qui n’ont absolument aucun intérêt. A chaque fois que quelqu’un émet une idée dérangeante ou iconoclaste, il y a toujours un imbécile pour dire qu’il faudrait voter une nouvelle loi qui interdira de dire cela. Et le pire est que cela marche. On a donc une accumulation de lois liberticides qui briment l’épanouissement intellectuel des Français.

La cour européenne des droits de l’homme dit pourtant ceci : « c’est à propos d’opinions qui heurtent, choquent ou inquiètent » que la liberté d’expression trouve tout son sens. Justement donnons du sens. Il y a en France soixante millions d’habitants dont vingt millions d’allogènes. Sur quarante millions de Français de souche on peut compter trente millions de traîtres (ou de pleutres) et dix millions de Français dignes de l’être. Ce ne sont pas certes les chiffres officiels de l’INSEE, mais on a là les données incontournables de la réalité politique et sociale française.

Dans les années soixante-dix une pétition circulait : « je me suis fait enc … er par un arabe et j’en suis fier ». De nombreux «intellectuels» l’ont signée. Le premier lobby Immigrationniste est le lobby des «enc … és». L’Humanisme a bon dos⁵. Faut-il toujours le cacher. Les Français ont droit à la vérité. Pour redresser le niveau intellectuel du pays, il faut donc cesser de faire venir systématiquement toute la misère économique, culturelle et intellectuelle de la planète. Dans les années cinquante, on faisait boire du lait aux Français pour les régénérer. Il faut retrouver cet état d’esprit et non pas compter pour la démographie sur une population allogène.

Il faut aussi faire voter la liberté totale d’expression, abroger les lois Iiberticides et même la garantir par la constitution comme dans les pays nordiques. Refaire des Français le peuple le plus intelligent de l’Occident. Voilà la vraie rupture avec le socialo-chiraquisme.

Bel et immense projet !

Patrice GROS-SUAUDEAU 2006

1 Merci, les pédagogues !

2 Cf Vendée-Fidélité, novembre 2005, page 6.

3 Parce qu’il s’est rendu an funérailles de Milosevic

4 Ce temps n’est plus hélas!

5 C’est le cas de le dire !


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