La politique en textes !

Le transhumanisme
12 août, 2014, 13:50
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L’homme a toujours eu le fantasme de l’immortalité et de la jeunesse permanente. La souffrance et la maladie ont aussi été des moments que l’homme a voulu faire disparaître.

Le transhumanisme reprendra tous ces fantasmes pour les incorporer à son programme. Mais ce courant va beaucoup plus loin car il veut réaliser ce qu’on appellera un « homme augmenté ».

Déjà la chirurgie esthétique veut améliorer ce que la nature avait décidé ou imposé. Les hommes ont utilisé les dopants pour améliorer leurs performances physiques, sexuelles ou intellectuelles.

Sartre a écrit son œuvre en s’aidant de dopants comme de nombreux artistes ou écrivains.

L’utilisation de prothèses a aussi permis l’amélioration des performances sportives. Pistorius a couru plus vite que d’autres sportifs avec leurs jambes « naturelles ».

Jusqu’à maintenant l’évolution humaine s’est faite indépendamment de la volonté des hommes. L’homme aujourd’hui peut influencer son évolution, en être maître, sortir un peu plus du singe en quelque sorte ou de l’animalité.

Beaucoup de régimes politiques ont voulu améliorer la « race » ou l’espèce humaine, du nazisme jusqu’à la social-démocratie suédoise qui ont pratiqué l’eugénisme en favorisant les « meilleurs » et parfois en éliminant aussi. Mais l’eugénisme était encore fondé sur une base « naturelle ». Le transhumanisme veut améliorer les hommes en utilisant la technique et la science pour ceux qui dans un premier temps auront les moyens financiers.

L’immortalité

Il s’agit dans un premier temps d’augmenter l’espérance de vie. Les hommes ont toujours été conditionnés par notre fïnitude et particulièrement les poètes ou » le thème du vieillissement, du temps qui passe est omniprésent. «L’homme est un être-pour-la-mort» (Heidegger). Il s’agit maintenant de sortir de cette mort inéluctable et du vieillissement.

« Personne ne veut mourir, à moins de beaucoup souffrir, sur le plan physique ou émotionnel. Je ne pense pas que la mort donne un sens à la vie sous prétexte qu’elle rend plus précieux le temps dont nous disposons. La vérité, c ‘est que la mort est une prédatrice qui vide la vie de son sens. Elle détruit le savoir, les compétences et les relations humaines. Nous nous sommes construits une belle image de la mort car nous n’avons pas d’autre choix. En réalité, nous la vivons comme une tragédie, et c ‘est d’après moi la bonne réaction. Ce qui donne un sens à notre vie, c ‘est ce que nous en faisons » (Ray Kurzweil).

Les religions ont existé pour nous consoler de la mort et donner des réponses à l’inéluctable.

Pour lutter contre le vieillissement, il faudra agir sur le génome humain. Le vieillissement démarre vers 18-20 ans.

L’allongement significatif de l’espérance de vie posera à l’humanité des défis à la fois économiques, psychologiques, philosophiques et éthiques.

L’homme augmenté

L’homme a augmenté ses facultés par l’outil, ensuite par les machines et les ordinateurs. Ces ajouts étaient externes à lui. L’homme hybride sera mi biologique, mi mécanique. Déjà les membres des individus amputés ont été remplacés par des jambes ou des bras technologiques. On pourra aussi intégrer des nanomachines dans le corps humain, qui corrigent les failles génétiques. Le cerveau humain a ses limites. Déjà les ordinateurs, les calculatrices, sont des prothèses de notre cerveau. Des nanorobots pourront être incorporés dans celui-ci.

Le cerveau

Pour Pascal, l’homme n’était rien ou misérable. Pourtant, le cerveau humain représente le summum de la complexité qui puisse exister dans l’univers. Notre cerveau est infiniment plus complexe que le soleil ou une galaxie. Nous possédons cent milliards de neurones qui peuvent être connectés entre eux. Si l’intelligence peut être définie par le degré de complexité, l’homme peut avoir une raison d’autosatisfaction. Le cerveau représente notre être, notre moi, notre psyché, notre âme pour ceux qui ont la fibre religieuse. Y toucher peut à juste titre faire peur comme le propose le transhumanisme. « L’âme et l’activité cérébrale sont une seule et même chose » (Forel).

On peut introduire un implant dans le cerveau, une prosthèse (élément ajouté).

Si l’on substitue à des parties de notre corps des éléments électroniques, on passe de l’homo sapiens à par exemple un « cyborg ».

Conclusion

Toute nouveauté ou transition technologique fait peur. L’homme a eu peur de la télévision, des machines, des ordinateurs. On assiste à une remise en question de la définition de l’homme par la théorie du genre, les nouvelles possibilités sur la procréation. Notre corps ingurgite de plus en plus de nouveaux éléments (aliments, boissons qui n’existaient pas, médicaments, etc.). La chirurgie installe dans notre corps des éléments artificiels pour palier ceux qui sont déficients. Les amputés d’accidents ou de la guerre bénéficient de prothèses de plus en plus sophistiquées. Pour des malades atteints de la maladie de Parkinson, on introduit dans le cerveau des éléments artificiels.

Le transhumanisme critiqué par certains philosophes existe déjà. Sur le plan éthique ou moral, le plus grand danger viendra lorsque l’on interviendra sur notre cerveau. Nous deviendrons « un autre ».

Patrice GROS-SUAUDEAU



Ce que Mélenchon ne comprend pas.
31 juillet, 2014, 9:05
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Cela fait toujours un peu bizarre d’entendre Mélenchon expliquer le visage tordu par la haine que le vote Front National est un vote de haine. Il ne peut pas comprendre avec sa grille de lecture éculée que la plupart des électeurs du Front National votent par amour de la France, ce qui procède une part d’exclusivité. S’il avait au fond de lui cet amour charnel, il n’aurait sans doute pas fait une dépression le soir des élections européennes.

Enfin ne parlons pas que de Mélenchon qui a l’air de se retirer.

Un jeu de mots très connu voulait démontrer que Syrius est mon frère.

« Syrus, s’il est russe c’est qu’il est slave, s’il se lave c’est qu’il se nettoie et si ce n’est toi c’est donc ton frère ».

Patrick Devedjian a fait un raisonnement du même genre.

Patriotisme économique égale nationalisme économique égale racisme. il serait temps que Devedjian prenne sa retraite ou aille se coucher. L’indépendance énergétique par exemple a sa rationalité si l’on observe par exemple la Russie qui peut couper le robinet du gaz à tout moment. Il en est de même pour les secteurs stratégiques. Faire l’amalgame entre patriotisme économique, nationalisme et racisme est d’une imbécilité absolue ou cela traduit-il les complexes de Devedjian. Qu’un député, un des leaders de l’UMP, ancien ministre puisse avoir ce discours montre un peu plus la déliquescence intellectuelle de l’UMP et de la classe politique en général.

En 1992, Devedjian après le non des Danois au référendum de Maastricht avait déclaré que le Danemark ne valait pas grand chose sur le plan culturel et n’avait produit que les contes d’Andersen.

Rappelons que le plus grand physicien de la mécanique quantique fut le Danois Niels Bohr. Le philosophe Kierkegaard fut le père d’un courant philosophique majeur du XXe siècle : l’existentialisme qui inspira Heidegger, Sartre… Le Danemark a produit de nombreux chimistes et une littérature danoise qu’évidemment Devedjian ne connaît pas. Finissons par souligner que ce petit pays de cinq millions d’habitants a eu 13 prix Nobel (57 pour la France, 0 pour l’Arménie) Patrick Devedjian qui voulait nous dire que les Danois étaient des nuls car ils ne pensaient pas comme lui sur l’Europe, a surtout démontré son inculture.

Restons à l’UMP, l’insipide Juppé a déclaré quant à lui au soir des élections européennes qu’il ne comprenait pas les Français. Lorsqu’on ne comprend pas les motivations politiques de ses concitoyens il ne vaut mieux pas faire de politique. Son européocentrisme fanatique ne pourra que créer un rejet de la part de l’électorat même si son côté lisse, insipide peut plaire à une partie de la France des retraités.

Patrice Gros-Suaudeau



La gauche nauséabonde
4 février, 2014, 14:50
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La dernière querelle sur la théorie du genre montre l’utilisation perverse des mots de la part des socialistes.
Vincent Peillon a passé son temps de façon hypocrite à dire que la théorie du genre n’était pas enseignée à l’école mais était enseignée l’égalité.
il a bien sûr ajouté (on ne peut pas y échapper) que c’étaient les valeurs de la république, pour la gauche, il ne reste plus qu’à s’agenouiller les mains jointes.
Mais dans la nouvelle idéologie socialiste, égalité et théorie du genre sont plus que proches, l’égalité pouvant se comprendre – par exemple comme le fait que l’on dise aux petits garçons d s’assoir aux toilettes comme les petites filles (comme cela a été élaboré en Suède) !
L’égalité n’est en fin de compte qu’un fourre-tout dans lequel peut tout mettre (y compris la théorie du genre). Vincent Peillon n’a pas rassuré grand monde.
Toute cette affaire s’ajoute à toutes les propositions de Terra-Nova qui ne sont que l’ADN de la gauche française. Il ne s’agit plus de détruire la France, mais de remplacer son peuple, son histoire.
C’est certes la conception d’intellectuels tordus, adeptes de la haine de soi, mais ce sont eux qui élaborent le programme socialiste en sous-main, qui doit s’appliquer de façon plus ou moins sournoise.
Les électeurs socialistes qui votent PS croient encore que la gauche défend les pauvres comme au temps de Jaurès.
Le feuilleton sentimental sur Hollande et sa dernière maîtresse a voulu être récupéré par la gauche qui nous présente maintenant Julie Gayet comme un sainte du cinéma, milieu pourtant où il n’y en existe pas beaucoup.
Avoir été choisie comme favorite par le président nous est raconté comme la récompense d’une femme de gauche n’ayant fait que le bien autour d’elle. C’est sans doute la nouvelle conception de la méritocratie socialiste.
En tout cas, Julie Gayet a décidé d’être la discrète maîtresse de « notre » président comme le fut Éva Braun.
Patrice Gros-Suaudeau



La pensée de Hegel
16 décembre, 2013, 11:44
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On a souvent comparé Hegel à Aristote, car le philosophe allemand avait lui-même conscience d’avoir pensé à tout et avoir tout englobé dans son « système ». À la différence d’Aristote, Hegel a quand même été celui qui a opéré une coupure entre la science et la philosophie. Certains thèmes hégéliens font partie de la culture philosophique et même de la culture tout court comme la ruse de la raison, la dialectique du maître et de l’esclave, l’esprit d’un peuple, l’État gestionnaire des contradictions de la société civile, la conscience malheureuse, le savoir absolu, la fin de l’Histoire, …
Lorsqu’on a étudié Hegel, il est même parfois difficile d’en sortir, tant sa vision du monde et de la société imprègne la nôtre ensuite. Son influence apparaît parfois de façon inattendue lorsque par exemple Sarkozy lisant le discours d’un conseiller déclarait que l’homme africain n’était pas entré dans l’Histoire. C’était là une vision typiquement hégélienne pour laquelle l’Afrique était restée en dehors de l’Histoire Universelle, l’homme n’étant pas sorti de son état naturel.
L’Histoire
Hegel est avant tout le philosophe qui a pensé l’Histoire. Ceci s’oppose à la philosophie traditionnelle qui a toujours recherché et conçu la Vérité comme atemporelle.
Dans un schéma dialectique, le savoir se construit historiquement dans la pensée hégélienne à la différence de Husserl qui répondant à Heidegger déclarait : « Ach, Ich habe die Geschichte ganz vergessen » (Ah, j’ai complètement oublié l’Histoire). Dans la tradition philosophique, la connaissance de l’objet est hors de l’Histoire.
La raison est la loi du monde. Les individus sont mus par l’ambition, l’orgueil, l’intérêt, la gloire mais cela n’est que « ruse de la raison » qui permet la marche rationnelle du monde.
Pour Hegel, l’universel concret est le peuple. On peut parfois éprouver un malaise dans le contexte actuel où toutes les institutions internationales organisent la destruction des peuples. Pour le philosophe il existe l’esprit d’un peuple (Volksgeist). L’art en est une représentation puisqu’étant celui d’un peuple ainsi que la religion.
Chez les Grecs anciens, il y avait une adéquation entre la religion vécue par les habitants de la Cité et le peuple. Dans le christianisme, il y a un déchirement entre le monde de l’au-delà et le temporel, d’où la conscience malheureuse du chrétien. La famille pour Hegel anticipe l’esprit d’un peuple. « La religion est une des choses les plus importantes dans la vie humaine, elle encadre la vie d’un peuple ». Hegel distingue religion privée (celle du christianisme) et religion d’un peuple (celle des Grecs anciens).
En tout cas, un peuple à la différence du libéralisme n’est pas constitué d’individus-atomes mais est une organisation. La volonté générale l’emporte sur les volontés individuelles. Le philosophe aura aussi des écrits que l’on peut situer dans l’idéologie de la guerre. La guerre est une nécessité pour la survie des peuples : « Les peuples se constituent ainsi comme individuels et en tant qu’individuels ils affrontent d’autres peuples individuels ». La guerre devient la grande épreuve dans la vie d’un peuple.
On est donc loin de Kant et de sa volonté d’une paix perpétuelle. Pour Hegel, une paix qui dure trop longtemps peut même perdre une nation.
La guerre peut aussi aboutir à des empires, ce qui fait perdre aux peuples leur identité. Une fédération d’États a le même effet. On retrouve là l’influence de Herder.
L’État
L’État pour Hegel est la raison sur la terre. Il a pour rôle de réconcilier l’individu et la volonté générale. L’État est donc à la fois tyrannique et permet la liberté individuelle. Hegel distingue la société civile constituée par l’ensemble des individus et l’État : « L’État est le rationnel en soi et pour soi…, une fin propre immuable et absolue ». (Philosophie du droit)
Hegel critique le contrat social de Rousseau car l’État n’est pas basé sur une somme de volontés individuelles. « Dans la mesure où c ‘est l’État qui est l’esprit objectif, l’individu proprement dit n’a d’objectivité, de vérité, une Sittlichkeit (moralité) que pour autant qu’il est membre de l’État ». L’État est en lui-même une individualité. L’Esprit s’incarne dans l’Esprit de l’État. Il concilie la personne et l’universel.
L’Art
Hegel a écrit une œuvre monumentale sur l’Art : l’Esthétique. L’art est la manifestation sensible de l’Idée. En Grèce par exemple, les œuvres d’art exprimaient une représentation religieuse. L’art maintenant s’est désacralisé pour devenir l’objet de divertissement. L’art se coupe de son essence. Il y a donc une fin de l’art pour Hegel.
Hegel rejette à la différence d’Aristote le principe d’imitation de la nature : « L’art doit se proposer une autre fin que l’imitation purement formelle de la nature ; dans tous les cas, l’imitation ne peut produire que des chefs d’œuvre de la technique, jamais des œuvres d’art ». (Esthétique)
Dans l’art, il faut l’unité de la forme sensible et de l’idée universelle.
La religion
La religion exprime le génie et l’esprit d’un peuple. Hegel distingue religion subjective et religion objective. La religion subjective est celle du cœur et elle agit sur l’homme. La religion objective prend la forme d’un système.
Pour Hegel, le christianisme est une religion privée et non une religion d’un peuple ou de la cité. Cette religion privée conduit à l’individualisme. Le philosophe critique le sentiment du péché. « La vie n’exige pas de s’occuper de soi-même et de ses péchés, mais de l’universel et des tâches qu’il réclame ». (Histoire de la philosophie)
Le péché originel n’est que le stade de l’animalité que l’homme doit dépasser. Hegel a quand même une haute idée du christianisme : « Le contenu de la religion chrétienne en tant que le plus haut stade de développement de la religion en général coïncide parfaitement avec le contenu de la vraie philosophie ».
La religion et la philosophie ont le même objet : l’absolu. Si la religion se sert d’une forme sensible, la philosophie conceptualise.
La phénoménologie de l’esprit
Cette œuvre publiée en 1807 décrit dans un processus historique les différentes étapes de la conscience depuis la conscience sensible jusqu’au savoir absolu. Hegel a commencé à créer un système philosophique qui a l’ambition de couvrir toute la connaissance. En plus d’un processus historique, la dialectique servira à penser les contradictions. On sort donc de la logique classique et de son principe de non-contradiction.
La conscience se trouve entre la certitude sensible et les catégories qui donnent sens au monde.
Hegel part de la conscience de soi et de la conscience de l’autre. Dans la conscience de l’autre s’opère une lutte à mort pour la reconnaissance. On a dans ce livre la fameuse dialectique du maître et de l’esclave.
Une des étapes dans le processus de la connaissance est la religion qui n’est pas un stade suprême. La dernière étape sera le savoir absolu. On arrive à la réconciliation de l’être-en-soi et de l’être-pour-soi.
Le prolongement politique de l’hégélianisme
Il y a une interprétation politique de Hegel qui a eu toute une réflexion sur l’Histoire, le droit, la société …
Il a existé ce qu’on a appelé les hégéliens de droite et de gauche. L’hégélien de gauche le plus célèbre fut Karl Marx qui a repris la dialectique hégélienne pour expliquer l’Histoire, l’économie et les contradictions de la société capitaliste.
Pour Hegel, l’Histoire s’est faite de l’Orient à l’Occident en passant par les Grecs, les Romains et les peuples de l’Europe occidentale. Marx a surtout analysé les modes de production : le mode de production asiatique, puis antique, féodal, capitaliste, communiste… la fin de l’Histoire chez Marx correspondant à l’effondrement du capitalisme.
Les hégéliens de droite appartiennent surtout à la droite conservatrice même s’il peut aussi exister une lecture fasciste de Hegel. À l’époque de Marx et Engels, Hegel passait pour réactionnaire. « Hegel lui-même, malgré les éclats de colère révolutionnaire assez fréquents dans son œuvre, paraissait somme toute pencher davantage du côté conservateur ». « Système de Hegel élevé en quelque sorte au rang de philosophie officielle de la royauté prussienne » (Ludwig Feuerbach, Engels).
Il existe tous les possibles politiques à partir d’une lecture de Hegel.
Patrice GROS-SUAUDEAU



La pensée de Descartes
28 novembre, 2013, 11:53
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La pensée d’Aristote s’étant imposée pendant près de deux millénaires, il a fallu Descartes pour remettre en question l’autorité, la tradition aristotéliciennes. En doutant de tout, le philosophe français se situe dans le courant du scepticisme de Pyrrhon.
« Le scepticisme, c’est la faculté d’opposer les apparences (ou phénomènes) et les concepts de toutes les manières possibles ; de là nous en arriverons à cause de la force égale des choses et des raisons opposées d’abord à la retenue du jugement, puis à l’ataraxie ». Descartes suspend donc son jugement (épochè) mais à la différence du scepticisme pour rechercher la certitude.
Husserl aura une démarche semblable.
De son doute méthodique, hyperbolique, il met entre parenthèses le monde sensible, notre entendement et tout ce qu’ont légué nos prédécesseurs. De façon toute platonicienne, il existe pour lui un monde intelligible dont la langue est celle des mathématiques comme l’avait postulé Galilée. Il donnera aussi une méthode pour accéder à la Vérité en faisant l’apologie de la Raison dont les deux vecteurs principaux seront l’intuition et la déduction. Cette raison mathématico-scientifique qui ramène la nature à une étendue géométrique inerte sera pour Heidegger un appauvrissement de l’Être.
« La métaphysique moderne entière, Nietzsche y compris, se maintiendra dorénavant à l’interprétation de l’étant et de la vérité initiée par Descartes. » (Heidegger, Chemins qui ne mènent nulle part)
Le discours de la méthode
Ce livre est le plus connu de toute l’œuvre de Descartes. Il a été écrit en français, alors que le latin était le langage des clercs. Le philosophe a fait ce choix pour qu’il soit accessible au plus grand nombre (même les femmes). Il commence par cette phrase devenue célébrissime : « Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée : car chacun pense en être si bien pourvu que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose n’ont point coutume d’en désirer plus qu’ils n’en ont. »
Si chacun possède le bon sens, tous les hommes doivent donc penser par eux-mêmes.
Descartes se soumet à l’évidence. Le philosophe prônera l’unité de sciences.
« Il faut bien se convaincre que toutes les sciences sont tellement liées ensemble qu’il est plus facile de les apprendre toutes à la fois que d’en isoler une des autres. Si quelqu’un veut chercher sérieusement la vérité, il ne doit donc pas choisir l’étude de quelque science particulière ... »
On a là une attaque contre la scolastique inspirée d’Aristote. Descartes énonce les préceptes pour connaître la Vérité :
« Le premier était de ne recevoir jamais aucune chose pour vraie que je ne la connusse évidemment être telle ; … »
« Le second de diviser chacune des difficultés que j’examinerais en autant de parcelles qu’il se pourrait et qu ‘il serait requis pour les mieux résoudre. »
« Le troisième de conduire par ordre mes pensées, en commençant par les objets les plus simples et les plus aisés à connaître, pour monter peu à peu comme par degrés, jusqu ‘à la connaissance des plus composés ; …. »
« Et le dernier, de faire partout des dénombrements si entiers, et des revues si générales, que je fusse assuré de ne rien omettre. »
Si Descartes a écrit « larvatus prodeo » (j’avance masqué), phrase liée à un contexte de pensée réprimée par le pouvoir, son projet pratique sera de développer des « connaissances utiles à la vie » et nous rendre « comme maitres et possesseurs de la nature ».
Les méditations
Le titre du livre est quasiment religieux. Husserl reprendra ce terme pour écrire : « Méditations cartésiennes ».
Dans les méditations, le doute cartésien est porté au paroxysme. Descartes doute de tout pour arriver à la certitude. Le philosophe suppose qu’un être tout puissant chercherait à le tromper (le malin génie). « Il est de la prudence de ne se fier jamais entièrement à ceux qui nous ont une fois trompés. ».
Du doute, Descartes en déduit le cogito. « Je doute, je pense donc je suis » (Ego cogito, ergo sum).
« Mais il y a un je ne sais quel trompeur très puissant et très rusé qui emploie toute son industrie à me tromper toujours. Il n’y a donc point de doute que je suis, s’il me trompe ; et qu’il me trompe tant qu’il voudra, il ne saurait faire que je ne sois rien, tant que je penserai être quelque chose. De sorte qu’après y avoir bien pensé, et avoir soigneusement examiné toutes choses, enfin il faut conclure et tenir pour constant cette proposition : je suis, j’existe, est nécessairement vraie, toutes les fois que je le prononce, ou que je la conçois en mon esprit. » (Méditations)
Le morceau de cire
Ce passage très célèbre de Descartes dans les méditations a donné cours à de nombreux commentaires parfois très critiques. L’étendue constitue l’essence de tout corps.
« Prenons pour exemple ce morceau de cire qui vient d’être tiré de la ruche : il n’a pas encore perdu la douceur du miel qu’il contenait ; il retient encore quelque chose de l’odeur des fleurs dont il a été recueilli ; sa couleur, sa figure, sa grandeur sont apparentes ; …. Mais voici que, cependant que je parle, on l’approche du feu : ce qui y restait de saveur s’exhale, l’odeur s’évanouit, sa couleur se change, sa figure se perd… La même cire demeure-t-elle après ce changement ? Il faut avouer qu’elle demeure, et personne ne peut le nier. »
Les qualités sensibles ont disparu pour ne laisser place qu’à l’étendue (idée intellectuelle).
Cette séparation entre nature spatiale et qualités sensibles sera différemment interprétée. L’entendement dépasserait l’imagination et les sensations. La phénoménologie critiquera fortement cette vision cartésienne.
Le langage
Pour Descartes, le langage est le propre de l’homme. L’homme possède le langage car il pense et raisonne. Cela le distingue donc des autres animaux.
« Ainsi toutes les choses qu’on fait faire aux chiens, aux chevaux et aux singes, ne sont que des mouvements de leur crainte, de leur espérance, ou de leur joie, en sorte qu’ils les peuvent faire sans aucune pensée. Or il est, ce me semble fort remarquable que la parole étant ainsi définie, ne convient qu’à l’homme seul. » (Descartes)
De plus, les mots ne ressemblent pas aux choses.
« Vous savez bien que les paroles, n’ayant aucune ressemblance avec les choses qu’elles signifient, ne laissent pas de nous les faire concevoir, et souvent même sans que nous prenions garde au son des mots, ni à leurs syllabes, en sorte qu’il peut arriver qu’après avoir oui un discours, dont nous aurons fort bien compris le sens, nous ne pourrions pas dire en quelle langue il aura été prononcé. »
La morale
Si Descartes remet tout en question sur la connaissance de la nature, il sera très prudent sur la morale à la différence d’un Spinoza ou encore plus d’un Nietzsche qui n’hésitera pas à écrire « Je suis une dynamite ». Le philosophe français ne cherchait pas à réformer la société. S’attaquer à la morale, donc à la religion, n’était pas sans risque. Il s’en tiendra donc à une morale « par provision » semblable à celle de Montaigne.
« Je me formai une morale par provision qui ne consistait qu’en trois ou quatre maximes dont je veux bien vous faire part.
La première était d’obéir aux lois et aux coutumes de mon pays, retenant constamment la religion en laquelle Dieu m’a fait la grâce d’être instruit dès mon enfance…
Ma seconde maxime était d’être le plus ferme et le plus résolu en mes actions que je pouvais…
Ma troisième maxime était de tâcher toujours plutôt à me vaincre que la fortune, et à changer mes désirs que l’ordre du monde... »
Il y a presque un fatalisme social chez Descartes. Sur le plan politique et social, Descartes accepte l’ordre établi.
Au delà du cartésianisme
« Descartes inutile et incertain » a écrit Pascal. Contre la raison à laquelle on associe le qualitatif desséchante, Pascal a réintroduit le cœur.
« Le cartésianisme a été dans l’histoire moderne le péché français. » (J. Maritain)
Il est vrai que la philosophie moderne a versé dans l’anti cartésianisme. La croyance en l’objectivité semble de nos jours bien naïve. Tout jugement est lié à un contexte, des attentes, des intérêts plus ou moins masqués. La psychologie, l’historicité sont indissociables à toute compréhension du monde. D’une Vérité Unique on est passé à des vérités multiples jusqu’à même une méfiance envers l’idée de Vérité, surtout lorsqu’elle se veut politique ou religieuse. L’adéquation entre clarté et vérité s’appelle de nos jours simplisme. La domination de la nature par l’homme sera critiquée par des philosophes aussi différents que Heidegger ou Feyerabend et par toute une pensée écologiste.
Patrice GROS-SUAUDEAU



La philosophie orientale
4 juillet, 2013, 19:03
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Le terme pour certains philosophes occidentaux est une usurpation. Pour Hegel elle n’a représenté que les balbutiements de la philosophie qui ne s’est pleinement épanouie qu’en Occident. Chez Husserl la philosophie n’était qu’européenne, certes non au sens géographique du terme. Quant à Heidegger, pour lui la philosophie orientale n’existe pas. Cela n’a pas empêché certains philosophes comme Schelling (pour l’hindouisme) ou Schopenhauer (pour le bouddhisme) de s’en inspirer.
Cette critique de la philosophie orientale vient essentiellement de son syncrétisme de mythologie, de religiosité et de sagesses… La philosophie occidentale a voulu se couper des mythes et de la religion. Quant aux réflexions sur la sagesse mis à part les Stoïciens et les Épicuriens, ces thèmes seront quasiment absents ou considérés comme « légers » dans la plupart des œuvres philosophiques occidentales postérieures.
L’Orient pour Herder correspondait à la petite enfance, idée que reprendra Hegel.
De par sa diversité et son immensité la philosophie orientale est un gouffre dans lequel les occidentaux peuvent se dissoudre. Elle suscite tous les fantasmes de ceux qui sont en mal d’identité et qui vont s’y noyer comme les jeunes d’Occident dans les années soixante faisant le pèlerinage de Katmandou en confondant la spiritualité indienne et la fumette.
Plus sérieusement il existe des spécialistes de cette pensée comme François Jullien, Roger Pol Droit, Michel Hulin, Augustin Berque…
Le bouddhisme
Cette religion n’est pas la plus ancienne en Asie mais elle est née en Inde pour se répandre dans toute l’Asie avec des variantes. Le bouddhisme a même fait une percée en Occident au XXème siècle. Le bouddhisme est la quatrième religion du monde. Dans cette religion-philosophie le concept de Dieu (ou dieu) n’existe pas. Il n’y a pas non plus de révélation. Le nirvana est un état de sérénité. Il faut anéantir le désir source de souffrance. Le Moi est nié ; il n’est qu’une agrégation de phénomènes conditionnés. La notion de personne n’existe pas. Le bouddhisme enseigne l’impermanence. Tout change, il n’y a rien de permanent. On retrouve chez les Grecs la pensée d’Heraclite. Citons les quatre Nobles Vérités du Bouddhisme :
1- Toute vie est douleur
2- Cette douleur est le produit d’un désir insatisfait
3- Il est possible de mettre fin à la douleur et atteindre le nirvana
4- Il faut suivre la « noble Vérité de l’Octuple Sentier » qui comprend huit chemins. Celui de la pensée juste, du parler juste, de l’action juste, de la compréhension juste, des moyens d’existence justes, de la concentration juste, de l’effort juste, de l’attention juste.
Le bouddhisme est donc aussi une morale.
Lhindouisme
L’indouisme, plus vieille religion du monde, se vit par ses règles. Nous n’allons pas décrire tous les rituels avec notre vision occidentale. L’hindouisme comporte 330 millions de dieux. Les trois divinités principales sont Brahma, le créateur, Shiva le destructeur et Vishnou le conservateur. Une caractéristique de cette religion est la croyance en la réincarnation (la métempsychose).
La «philosophie-religion» hindoue est imprégnée par la tradition et la hiérarchie ; Cette dernière sociologiquement s’exprime par l’existence de castes : les brahmanes, les prêtres, les ksatriyas, les guerriers, les vaisya, les artisans ou commerçants, castes considérées comme pures. Après nous avons les shuda (impurs), les serviteurs. Les intouchables sont hors castes tant ils sont impurs.
La « philosophie » hindoue se trouve dans les Upanishad textes en prose ou en vers (Vllème siècle avant J.C) Les Upanishad dépassent le rite pour une connaissance. Pour un Occidental ces textes ressemblent à de la poésie et/ou une suite d’aphorismes :

« Qui fait confiance au Non-savoir
entre dans la ténèbre aveugle
et dans la ténèbre épaisse
celui-là qui fait confiance au savoir »

Confucius
Mao haïssait Confucius sans doute trop conservateur et parfait représentant de l’ordre ancien. Le confucianisme prône le recours à la tradition pour établir l’harmonie.
Il faut donc le respect du fils à son père, du sujet envers le maître, bref respecter l’ordre établi.
Dans le confucianisme existe une morale traditionnelle « l’honnête homme est exigeant envers soi, l’homme vulgaire est exigeant envers autrui ».
Le corps social dans le confucianisme est hiérarchisé. Il faut avoir une obéissance absolue aux devoirs familiaux quitte à violer la loi générale. Dans le Confucianisme, la réussite sociale exprime la récompense d’une conduite vertueuse. Comme dans le protestantisme le confucianisme ne s’oppose pas au capitalisme.
Mao avait donc de bonnes raisons de le haïr. « L’homme est la mesure de l’homme » selon Confucius. On retrouve Protagoras : « L’homme est la mesure de toute chose »
L’idéal chez le philosophe chinois du juste milieu rejoint celui d’Aristote. Les anciens Grecs sont bien sur postérieurs à Confucius.
Qu’est ce qu’un occidental peut retirer dans la philosophie orientale une fois dépassé l’attrait de l’exotisme ? La lire comme de la poésie emprunte de religiosité. La philosophie orientale est peu spéculative et peu conceptuelle comparée à la philosophie occidentale. Le respect de la parole du maître est omniprésent. C’est l’acceptation de l’ordre existant jusqu’au fatalisme qu’il soit celui de la nature ou de la société. Les sagesses de la Grèce antique comme celles de Stoïciens ou Épicuriens semblables à celles de l’Orient ne sont pas un summum de la philosophie occidentale. Elles peuvent toujours être étudiées par des érudits pour qui c’est le métier de valoriser leur sujet d’étude.
La pensée orientale, donc très liée aux religions, a été un rempart puissant mais pas totalement hermétique aux religions venues d’ailleurs comme le christianisme et surtout l’Islam qui s’est implanté en Inde et même en Chine (Les Ouïgours). L’Occident s’est surtout exporté avec son commerce, sa science, sa technique et même ses philosophes a-religieux (Nietzsche a eu du succès en Chine). Les Occidentaux en mal de spiritualité ne font que chercher des réponses dans un Orient fantasmé et construit par eux.
PATRICE GROS-SUAUDEAU



LA LOI DU 3 JANVIER 1973
4 juin, 2013, 10:57
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À travers cette loi on peut analyser ce qu’est la création monétaire. Globalement il y avait deux sortes de création monétaire : celle de la banque centrale, c’est à dire la Banque de France et celle des banques privées. Le prix Nobel d’économie Maurice Allais considérait que créer de la monnaie par les banques privées était du même ordre que celle des faux-monnayeurs ; la différence étant dans les bénéficiaires. L’État pouvait lorsqu’il le désirait emprunter directement à la banque centrale à taux 0% ou même bénéficier d’une création monétaire ex nihilo. Pendant les trente glorieuses grosso-modo cela s’est passé ainsi. Les budgets n’étaient pas déficitaires puisqu’il y avait toujours la possibilité du financement par la banque centrale. Cette création monétaire bénéficiait à l’ensemble de la collectivité, c’est à dire ni aux faux-monnayeurs, ni aux banques privées. Pendant une période de forte croissance on ne peut même pas dire que cette monnaie supplémentaire ait été inflationniste. Elle n’était que de l’huile supplémentaire pour faire fonctionner l’économie.
La loi du 3 janvier 1973 dite loi Pompidou-Giscard, ou plus sournoisement appelée loi Rothschild pour faire rappeler que Pompidou avait été directeur de la banque Rothschild et servait les intérêts des banques privées (ses anciens maîtres), a mis fin à tout ceci.
Elle a obligé l’État à emprunter auprès des banques privées et marchés financiers et non directement à la banque de France.
Ce qui avec des taux d’intérêt intéressants était avantageux pour les créanciers mais beaucoup moins pour l’État français. On a donc ainsi amorcé une dette qui n’en finira pas de gonfler.
Cette loi a bien sur considérablement rabaissé les prérogatives de l’État français et donc de la France qui s’est construite historiquement autour d’un État. Pour certains politiques et économistes, cette loi en plus d’un cadeau aux banques privées traduisait un esprit libéral, anti-national, pro-européen plus ou moins masqué. L’État n’avait plus ce rôle de réconciliateur des classes sociales au sens hégélien du terme, gestionnaire des contradictions de la société civile. Il avait l’outil surpuissant de la monnaie gratuite qui avait un rôle redistributif. La loi du « janvier 1973 a été retranscrite à l’article 104 du traité de Maastricht 1992.
Le traité de Lisbonne voté par le parlement et non par le peuple français écrit article 123 « Il est interdit à la banque centrale européenne et aux banques centrales des États membres, ci-après dénommées « banques centrales nationales » d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions, organismes de l’Union, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des États membres ; l’acquisition directe auprès d’eux par la banque centrale européenne ou les banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite ».
La France a déjà payé plus de 1400 milliards d’Euros d’intérêts qui auraient pu servir à d’autres choses. La dette de la France est devenue le tonneau des Danaïdes créé au départ par une loi imbécile. Pour certains comme Emmanuel Todd, la dette n’est pas légitime et doit être supprimée tout comme la loi du 3 janvier 1973 mais comme elle est inscrite au traité de Maastricht (article 104) puis au traité de Lisbonne (article 123) cela oblige à sortir de l’EURO.
PATRICE GROS-SUAUDEAU – Statisticien économiste



Le plaisir
14 mai, 2013, 10:46
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Ce mot pour certains est encore difficile à assumer après plus de deux mille ans de judéo-christianisme. Il est encore associé au péché. Des expressions populaires sont mêmes restées : « femme honnête n’a pas de plaisir ».
En dehors même du plaisir sexuel on éprouve une certaine pudeur a montrer trop de « contentement » en public que ce soit pour un plaisir dégustatif ou autre. La société, l’éducation nous ont appris la retenue. La chanson de Michel Sardou dans les années 70′ : « Mourir de plaisir » a choqué une France encore conservatrice sur le plan des mœurs ce qui était le but recherché. L’évolution dans ce domaine a été fulgurante si l’on s’en tient par exemple aux magazines féminins où le droit au plaisir est quasiment devenu un devoir. La pression sociale a changé. Une vie sexuelle « épanouie » est devenue une obligation. Le plaisir ne se limite pas bien sur à celui de la chair. Si l’on en donne une définition générale : le plaisir est une sensation agréable qu’un individu éprouve. On l’associe à son opposé la douleur. Si le désir présuppose la possession de quelque chose (aliment, bien, service, partenaire sexuel…) lorsque la douleur arrive, on cherche à s’en débarrasser (en dehors du cas de masochisme). Le plaisir peut être créé de façon artificielle par l’usage de drogues ou médicaments (morphine…).

Les Grecs
L’hédonisme est la philosophie pour laquelle la vie doit être orientée vers tous les plaisirs sans exclusion. Cela peut aller bien sur jusqu’à l’excès. Le plaisir peut être celui d’une conversation, plaisir de la chère ou de la chair, de boire ainsi que le plaisir plus raffiné de goûter des œuvres d’art. L’hédonisme peut donc aller jusqu’à l’enivrement ou l’oubli de soi dans une vie de plaisir. Il consiste aussi à éviter toute douleur physique ou morale, comme ne pas être rabaissé ou humilié, fuir les importuns. La recherche du plaisir s’accompagne donc d’une fuite de la douleur. Cette philosophie imprègne de nombreux Occidentaux actuellement.
L’épicurisme peut être envisagé comme une sorte d’hédonisme modéré. L’excès de plaisir pouvant être nuisible pour le corps il faut donc éviter une débauche de plaisir. Si une vie de plaisir doit durer il faut donc compter et mesurer ses plaisirs.
« Nous disons que le plaisir est le principe et la fin de la vie bienheureuse. Car c’est lui que nous avons reconnu comme le bien premier et connaturel, c’est en lui que nous trouvons le principe de tout choix et de tout refus, et c’est à lui que nous aboutissons en jugeant tout bien d’après l’affection comme critère… » (Epicure).
« Quand donc nous disons que le plaisir est la fin, nous ne parlons pas des plaisirs des gens dissolus et de ceux qui résident dans la jouissance, comme le croient certains qui ignorent la doctrine, ou ne lui donnent pas leur accord ou l’interprètent mal, mais de fait pour le corps, de ne pas souffrir, pour l’âme, de n’être pas troublée ».
-    Pour les stoïciens le plaisir n’est pas un bien « il y a des plaisirs honteux, et rien de ce qui est honteux n’est un bien ». Le seul bien
est d’avoir une vie morale.

Schopenhauer- le Bouddhisme
L’homme évolue entre la souffrance et l’ennui. Le plaisir est négatif car il fait simplement cesser une souffrance, celle liée au désir. Le plaisir libère d’une tension. Il y a chez le philosophe une vision pessimiste de la vie et une influence bouddhique. Dans le bouddhisme ce qui peut paraître agréable à nous peut-être la souffrance d’autrui. Un plaisir peut être lié à l’appauvrissement des autres ; On éprouve aussi l’angoisse de perdre un plaisir ; Les plaisirs sont souvent aussi accompagnés de désagréments. Quant aux plaisirs du corps, pour le bouddhisme ils sont vulgaires et dans l’instant. Cette philosophie-religion prône donc l’ascèse : refus des désirs, pauvreté, célibat, non violence, compassion, pitié…Il y a aussi dans le bouddhisme un mépris du corps et des sens. En plus d’enseigner de n’être rien, le bouddhisme n’enseigne donc pas la joie.

Le plaisir dans le christianisme
Le plaisir est péché. Saint Thomas d’Aquin dit explicitement que la sexualité n’est pas péché mais le devient si l’on éprouve du plaisir.
Cette pensée perdurera longtemps dans les pays christianisés. Nous en supportons quoi qu’on en dise encore le poids.
Néanmoins on ne trouve ni dans la Bible, ni dans l’Évangile une condamnation du plaisir. Cela vient des pères de l’Église en l’occurrence et tout d’abord Saint Augustin qui avait connu les plaisirs de la chair. Les relations sexuelles doivent exister uniquement dans le but de la procréation. Son inspiration plus que dans la bible et l’Évangile se trouvera chez les Stoïciens « ce qu’on refuse aux joies de la chair est autant de gagné pour les joies de l’esprit ». Chez Saint Augustin les femmes doivent être soumises aux hommes. L’on retrouve la peur et le mépris de la femme source de faute depuis Eve. Ceci a considérablement influencé la morale sexuelle de l’Église catholique devenue aussi la morale « bourgeoise ». On retrouve cette morale puritaine chez les protestants.

Sade
Chez le divin marquis, dans la recherche du plaisir il y a absence totale de tabous et de morale. Les limites du désir et du plaisir sont imposées par la société dont fait fi Sade. Dans ses livres, la bienséance, la morale, l’altruisme, et le respect de l’autre sont totalement absents. La philosophie de Sade peut se résumer ainsi : La vertu est triste et sans imagination, le vice est imaginatif et donne des jouissances infinies. Napoléon verra dans le livre « Justine » : « le livre le plus abominable qu’ait engendré l’imagination la plus dépravée ». Sade ira à Charenton chez les fous. Avec Sade, on a appris que le plaisir sexuel n’est pas fait que de bonté. Il y a aussi l’humiliation de l’autre, le sadisme, la destruction, le supplice, parfois même la mort. Eros et Thanatos parfois ne font qu’un.

Freud – Reich – Marcuse
Pour la psychanalyse la recherche du plaisir est le but de notre vie. On retrouve l’hédonisme. On a ici le principe de plaisir. Mais ce principe est contrarié par le principe de réalité. De la même façon il y a lutte entre le ça, c’est à dire les pulsions qui recherchent le plaisir à tout prix et le surmoi dans lequel l’homme a intériorisé tous les interdits qu’ils soient moraux ou institutionnels. L’éducation cherche à surmonter le principe de plaisir pour installer le principe de réalité. Ce qui caractérise Freud est la non politisation de son discours sur la sexualité même si fatalement son analyse a des prolongements politiques.
Reich et Marcuse politiseront la psychanalyse pour fonder ce qu’on a appelé le freudo-marxisme. Reich reliera les interdits de la morale sexuelle à la répression du système économique, capitaliste en particulier. Le patriarcat et la monogamie engendrent la répression sexuelle selon l’auteur. Pour Freud la répression des instincts, donc du plaisir était nécessaire pour aboutir à la civilisation. Marcuse veut sortir de la société répressive. Le principe de réalité ne doit plus étouffer le principe de plaisir. Si Reich analysait la répression, Marcuse veut établir une société non répressive. L’utilisation de la psychanalyse doit être faite dans une finalité libératoire. Cette libération est celle d’un mouvement collectif. Cette pensée se résume par le slogan certes réducteur : « Jouir sans entraves ».

Nietzsche
Le philosophe a analysé la jouissance ou le plaisir que procure la souffrance d’autrui. Plus l’homme est d’une extraction sociale basse, plus il jouit à faire souffrir car il s’octroie ainsi le droit des maîtres. La souffrance des autres dans l’Histoire a souvent été organisée comme une fête. L’Empire romain l’a illustrée. On peut penser que c’était la caractéristique de l’humanité d’avant mais pour Nietzsche la cruauté est essentielle à la vie. L’éducation nous a appris à avoir honte de ce sentiment, mais en période de guerre toutes nos soupapes morales peuvent sauter.
L’analyse du plaisir avec tous ses prolongements n’est pas sans risques. Quand on observe tous nos instincts les plus obscurs (selon la morale) cela peut faire frémir. Si Nietzsche n’a fait que des analyses de philosophe, Sade au cours de sa vie a laissé libre cours à ses pulsions. Le plaisir présenté comme un but à atteindre par un psychanalyste comme Reich ou un philosophe comme Marcuse peut avoir une toute autre signification.
Doit-il y avoir une norme dans le plaisir ? Notre société permissive accepte de plus en plus les déviances. La morale chrétienne ou la morale kantienne semblent mises à mal. Faire souffrir même avec consentement doit-il être prohibé ? En tous cas la libération totale
de nos pulsions restera un mythe. En temps de paix, le principe de réalité s’impose encore.
PATRICE GROS-SUAUDEAU



L’Opinion
30 avril, 2013, 17:28
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L’opinion, la doxa en grec, s’oppose aux deux autres façons de penser à celle de la science (epistemé) et celle de la philosophie. Elle est considérée comme un savoir malpropre donc méprisée. Elle peut passer pour être l’expression d’une subjectivité alors qu’elle ne fait souvent que répéter ce que dit un groupe social, la collectivité….L’opinion a pourtant son mode de fonctionnement venant de la tradition, des mythes, de la religion, d’une mentalité collective.
Elle est sociologiquement celle de la masse ou du peuple par opposition à « ceux qui savent », les experts, les diplômés, ceux qui ont fait des études. Elle exprime un rapport social.
Les élites ont donc le plus grand mépris pour ceux qui ne savent pas et ne font que répéter l’opinion du peuple, c’est à dire celle du café du commerce.
Dans les sondages ont met souvent en exergue la catégorie des diplômés et celle des non diplômés.
L « opinion » des non diplômés étant présentée de façon plus ou moins sournoise comme celle de la bêtise, des incultes. On trouve souvent l’expression « plus les personnes sont diplômées, plus elles pensent ceci », ce qui sous-entend que la pensée contraire (ou différente) est celle des imbéciles. Bref l’opinion serait à l’opposé d’un savoir « vrai ».
La destruction de l’opinion par la philosophie
La philosophie s’est construite contre l’opinion. Dans la République Platon s’attaque à l’homme de l’opinion qui est un aveugle, un prisonnier, un malade. Toute l’histoire de la philosophie est liée à une dévalorisation de l’opinion. Si pour certains toutes les opinions se valent Platon rétorque que si toute opinion est vraie alors on a aussi l’opinion que l’opinion est fausse.
On retrouvera cette condamnation chez Bachelard dans la formation de l’esprit scientifique : « la science, dans son besoin d’achèvement comme dans son principe, s’oppose absolument à l’opinion. S’il lui arrive, sur un point particulier, de légitimer l’opinion, c’est pour d’autres raisons que celles qui fondent l’opinion ; de sorte que l’opinion a en droit, toujours tort. L’opinion pense mal ; elle ne pense pas : elle traduit des besoins en connaissances. En désignant les objets par leur utilité, elle s’interdit de les connaître. On ne peut rien fonder sur l’opinion : il faut d’abord la détruire. Elle est le premier obstacle à surmonter ». On a là de façon presque caricaturale le point de vue de la Science qui rejoint celui de la philosophie avec Descartes dans le discours de la méthode lorsqu’il énonce les quatre principes de la méthode : « le premier étant de ne recevoir jamais aucune chose pour vraie, que je ne la connaisse évidemment être telle… ». Ce principe s’oppose bien sur à l’opinion comme à la tradition et l’autorité.
Husserl où la doxa réhabilitée
Face à la science, la doxa était honteuse. La doxa n’était qu’une somme de lieux communs (qui dort dîne…) ou de préjugés. Avec Socrate et son questionnement et l’élève Platon, la raison s’est construite jusqu’au système cartésien. L’opinion était fondée sur le quotidien de l’existence. Husserl a vu dans la doxa le monde de la vie premier. La doxa est donc réhabilité comme ce qui nous donne les premières explications de notre vécu. Le monde de la quotidienneté n’a en général que faire de la version scientifique du monde. Quand j’ai chaud je n’ai pas besoin de connaître la thermodynamique.
La doxa pour Husserl a fondé les constructions postérieures de la Science. Mais la science n’a fait que désenchanter le monde premier de la quotidienneté. Elle a substitué des constructions logiques faites d’idéalités au monde de la vie. On peut dire que la phénoménologie à la différence de la Science a redonné sa place à la doxa.
Heidegger
Pour le philosophe I’ « être-jeté » est l’affectivité du Dasein (être-là). Le Dasein est dans la quotidienneté c’est à dire qu’il se trouve dans un contexte historico-social. L’être-là est un « être-avec » donc il comprend le monde selon l’opinion de tous ce que Heidegger appelle le « on » anonyme. « On » se scandalise comme tout le monde. L’opinion du Dasein ne fait que partager l’opinion commune.
Le philosophe parlera de dictature du « on ». L’existence est à l’origine inauthentique. L’être-là ne peut jamais se soustraire à cette interprétation quotidienne dans laquelle il a d’abord grandi. C’est en elle, à partir d’elle et contre elle que s’accomplit toute compréhension authentique. Heidegger comme Husserl réhabilite la doxa comme compréhension originaire.
L’authenticité consiste à sortir de l’opinion commune. Le monde du « on » est une pré-compréhension.
L’opinion chez Heidegger s’appelle aussi bavardage qui parle de tout. Le Dasein pour être authentique doit se détacher du « on ».
À partir de l’opinion on retrouve la problématique de la vérité et de sa construction, L’homme a souvent la fatuité de croire que « son » opinion vient de lui alors qu’elle n’est que le produit de son milieu social, de l’école, de la société, des médias, des faiseurs d’opinion…
Notre société est ambivalente car elle se veut technico-scientifique donc ne donnant de valeur qu’à la science et dans le même temps par ses sondages incessants elle donne une valeur immense à l’opinion publique où toutes les opinions se valent de l’imbécile ou « savant », ce terme maintenant comprenant par exemple des prix Nobel ou autres.
Si l’opinion en mathématiques n’a guère de sens elle refait son apparition même dans des domaines comme la Science, la physique où il existe différentes interprétations et la biologie.
L’opinion politique étant une conviction elle paraît donc hors du vrai ou du faux. Cette « opinion » politique se retrouve pourtant dans ce qu’on appelle les « sciences humaines ».
L’opinion comme toute connaissance â sa part de métaphysique.
PATRICE GROS-SUAUDEAU



Le Chaos
16 avril, 2013, 16:01
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Le mot est grec à l’origine. Il signifie faille, béance. Le chaos précède l’origine du monde.
« Au commencement fut le chaos… ». Il était une matière sans forme avant la création de la Terre.
En politique, on l’associe au désordre. En mai 68, le général de Gaulle utilisait pour le mot chaos le terme chienlit. Kant dans sa vision de la morale définit le mal de façon universelle ainsi : « est mal ce qui crée le chaos si chacun agit de la même façon ».
De nos jours, on ne peut plus utiliser ce terme sans faire référence à la théorie du chaos.
•    La théorie du chaos
Née dans les années 70, elle a été une nouvelle composante de la physique après la relativité et la mécanique quantique.
À la fin du XIXème siècle, Poincaré avait déjà étudié ou plutôt abordé la question de la sensibilité aux conditions initiales avec son étude sur le problème à N corps (N> 3). Le problème à 3 corps consiste à l’étude du mouvement gravitationnel avec par exemple le système Soleil-Terre-Lune. Se pose alors la question de la stabilité. Un corps peut en percuter un autre ou une planète pourrait sortir du système solaire. On n’est plus dans la prévisibilité déterministe de Laplace. Le mouvement des planètes n’est plus réglé comme une horloge comme le laissait supposer la mécanique classique. On appelait Dieu le grand Horloger. Il fallait accepter l’idée d’indétermination. Trouver des lois de probabilités, c’est déjà mettre de l’ordre dans le désordre. Le chaos est sans lois de probabilités.
On introduit dans cette théorie du chaos le temps caractéristique : temps au bout duquel les écarts sont multipliés par dix dus à des modifications initiales.
Le mouvement des planètes de notre système suivant les calculs de Jacques Laskar est chaotique. La théorie du chaos enseigne aussi que la Terre sans la Lune pourrait même se trouver couchée sur sa trajectoire. Notre système est complet. Une autre planète le déstabiliserait.
•    La météorologie
La théorie du chaos avec comme application la météorologie a gagné en notoriété. Le nombre de facteurs intervenant est très grand. On relie toutes les variables par des équations connues et classiques comme les lois des gaz parfaits et les équations de Navier-Stokes (lois d’écoulement pour la mécanique des fluides). Edouard Lorenz a construit un modèle à douze variables. Il s’aperçut que les évolutions diffèrent avec des conditions initiales très proches. La météorologie est donc un système chaotique. Les conditions initiales variant parfois de façon infime donnent des évolutions très divergentes au bout d’un certain temps, ce qu’on a appelé plus communément l’effet papillon.
•    L’attracteur de Lorenz
C’est un système de trois variables soumises à trois équations différentielles. Le système est représenté par un point dans l’espace à trois dimensions. L’évolution du système en fonction des données initiales est déterminée par les équations de Lorenz.
La trajectoire s’enroule autour de deux anses, l’une puis l’autre de façon aléatoire sans que l’on puisse prévoir laquelle des deux anses.
Les trajectoires, quelles que soient les conditions initiales, vont vers une région limitée de l’espace.
Il y a donc à la fois hasard et nécessité.
•    Application de la théorie du chaos à un modèle de population
On utilise la notion de suite pour ceux qui connaissent un peu les mathématiques.
La population est donnée à un instant n en fonction de la population à l’instant n-1.
Un = 4a Un-1 (1- Un-1)
Pour des situations initiales très peu différentes, les évolutions divergent fortement. On a donc affaire à un système chaotique.
Pour des valeurs de a différentes, les courbes sont aussi très différentes.
La théorie du chaos, comme tout domaine de la physique, fait appel aux mathématiques. Elle s’est considérablement développée avec l’apparition des ordinateurs qui ont permis des simulations.
Elle rassemble une somme de résultats mathématiques.
En reprenant les modèles mathématiques de la physique établie, la théorie du chaos constate l’instabilité par rapport aux conditions initiales et l’existence d’attracteurs. On sort du pur déterminisme laplacien. Il y a de l’imprévisibilité. Ce déterminisme avait été appuyé par le théorème de Cauchy-Lipchitz qui énonçait une trajectoire bien établie une fois les conditions initiales données. Il existe de plus un temps T aux bornes de prévision. Au-delà de ce temps, on ne peut plus rien prévoir. Ce temps s’appelle temps caractéristique ou horizon de Lyapaunov. Cette théorie s’est développée grâce bien sûr à des modèles qu’on a pu faire tourner sur des ordinateurs de plus en plus puissants.
Le Chaos en dehors de la théorie du chaos
La théorie du chaos a imposé sa conception du chaos, mais nous allons voir chez Nietzsche une version du chaos hors de la physique.
« Il faut encore avoir du chaos en soi pour pouvoir enfanter une étoile qui danse » (FN).
Le chaos est propice à la création artistique. Le bouillonnement intérieur est la condition d’une gestation. C’est la genèse d’une œuvre. Le petit employé de bureau « bien ordonné » ne produira jamais rien.
« Le préjugé foncier est de croire que l’ordre, la clarté, la méthode doivent tenir à l’être vrai des choses, alors qu’au contraire, le désordre, le chaos, l’imprévu n’apparaissent que dans un monde faux ou insuffisamment connu, bref, sont une erreur ; c’est là un préjugé moral, qui vient de ce que l’homme sincère, digne de confiance, est un homme d’ordre, de principes et a coutume d’être somme toute, un être prévisible et pédantesque. Mais il est tout à fait impossible de démonter que « l’en soi » des choses se comporte selon cette définition du fonctionnaire modèle ».
Il est certain que parfois l’éducation des enfants est un étouffoir de l’imagination et de la créativité. Une réflexion souvent entendue de la part des parents et professeurs : « Il faut les cadrer ».
Ce n’est que la mise en place de l’ordre qui stérilise. Trop d’interdits non seulement créent des névroses, mais empêchent toute création.
Patrice GROS-SUAUDEAU


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