La politique en textes !

Être de droite ou la haine de l’autre ou plutôt être de gauche ou la haine de soi.
5 mai, 2010, 23:16
Classé dans : plus ou moins philo

Le besoin d’ennemi ou le besoin de haine chez l’homme est aussi nécessaire que le besoin d’amour et d’amitié. L’homme pour définir son action a besoin d’ennemi. Hegel l’avait compris. Dans le débat politique actuel on présente actuellement (souvent de façon inconsciente) deux alternatives. Pour la gauche, l’image de l’homme blanc exploiteur, oppresseur, triste, perverti intellectuellement par sa propre culture, inférieur physiquement, sexuellement, dansant moins bien que le noir qui lui a le sens de la fête, coupable de tous les maux existant sur la planète.

De l’homme blanc tout en acceptant sa culpabilité on nie jusqu’à son existence. Le mieux qu’il puisse lui arriver étant son anéantissement dans le grand métissage. D’ailleurs s’il n’existe pas pourquoi vouloir à tout prix l’anéantir. La pensée de gauche se vautre dans un masochisme qui est l’aboutissement ultime de son humanisme et de son égalitarisme. Quand il n’y a plus rien à haïr ou à mépriser, haïssons nous nous mêmes ou méprisons nous nous mêmes.

Le paroxysme est atteint dans cette phrase de Sartre qui fut à la fois le chantre de la gauche française et l’incarnation physique de la haine de soi « Quand un noir tue un blanc, il fait d’une pierre deux coups, il tue un oppresseur et libère un opprimé ».

A l’inverse, le schéma de la droite (ou extrême droite) le blanc étant le summum de l’évolution humaine, esthétiquement plus beau, intellectuellement supérieur, plus créatif, alliage harmonieux du corps et de l’esprit.

Ayant développé au cours de l’Histoire (son Histoire) une culture extraordinaire qui s’est répandue sur la terre entière. Fierté de soi, exaltation de soi. Sentiment qui s’est développé jusqu’à l’hystérie nazie.

L’autre, au passage étant qualifie de termes gracieux «nègre», «métèque» «guenille levantine» (dixit Beraud). Les formes de danse de l’autre étant assimilées à des contorsions animales.

Lorsque la gauche était dans l’opposition, les schémas fonctionnaient aussi de cette façon. Elle offrait de la haine sociale. Le patron méprisait l’ouvrier, l’ouvrier haïssait le patron. La gauche au pouvoir n’a maintenant plus rien à offrir sinon la haine de soi. Refusons tout sentiment de fierté. L’autre (le noir, l’arabe), devient omniprésent dans les médias. Sa louange perpétuelle devient une obligation morale. Or, comme Goethe l’expliquait, louer l’autre (est aussi s’abaisser soi-même.

On ne peut sortir de ce débat. Quel courant dominera l’autre ? La vérité historique naît dans l’affrontement. Les hommes ne peuvent que choisir (souvent de façon instinctive) entre des schémas qui deviennent actuellement de plus en plus radicaux. La France, après avoir été une ou la grande puissance dominante en Europe, ensuite le centre d’un empire colonial se trouve maintenant confrontée à une dialectique morbide : haine de soi: amour de soi ; amour de l’autre; haine de l’autre. Le pouvoir politique actuel ne fait qu’exacerber ces tensions en créant une véritable poudrière ethnico-religio-culturelle qui ne se résoudront hélas et comme toujours que dans la violence à moyen ou long terme.

Patrice Gros-Suaudeau



LA RAGE ET L’ORGUEIL D’ORIANA FALLACI (Le Glaive)
5 mai, 2010, 10:41
Classé dans : immigration,politico-historique

Une fois de plus, certains ont voulu décider ce que les Français avaient le droit de lire ou de ne pas lire. En attendant la décision de la justice, on peut toujours acheter ce livre qui est le cri d’une Italienne, d’une femme (pas forcément féministe).

Lorsqu’on arrive à la fin, on ne trouve dans le fond que ce que dit le Front national depuis des années, avec même plus de véhémence de la part de la journaliste. Comme Oriana Fallaci est de gauche, antifasciste, cela passe mieux, enfin presque.

Ce livre rappelle à sa façon le choc des civilisations ! de Samuel Huntington mais ici les choses sont dites de façon instinctive, passionnelle alors que le livre de l’Américain était l’œuvre d’un professeur, d’un universitaire. Le livre « La rage et l’orgueil » traite du choc Islam-Occident. En tant que correspondant de guerre, elle a vu les fils d’Allah au travail. « Je les ai vus détruire les églises, je les ai vus brûler les crucifix, je les ai vus souiller les statues de la Vierge, je les ai vus pisser sur les autels, transformer les autels en chiottes, je les ai vus à Beyrouth … » Si elle reconnaît être athée, elle est culturellement très catholique. Lorsqu’elle va dans un temple, elle trouve cela bien froid. Son rapport avec l’argent est aussi très catholique Elle ne renie en rien l’héritage chrétien sur le plan intellectuel et esthétique. « La musique des cloches me plaît tellement. Elle me caresse le cœur ».

« D’ailleurs, soyons honnêtes les cathédrales que le catholicisme nous a laissées sont belles. A mon avis, plus belles que les mosquées et les synagogues. Elles sont belles aussi les petites églises de campagne. Plus belles que les temples protestants »..

Si Oriana Fallaci adore son pays l’Italie et même toute la culture occidentale, elle n’aime pas l’islam, ce qui pour certains n’est pas correct Elle le dit, elle l’écrit, elle le crie. En tant que femme, elle ressent de toutes ses tripes que cette religion n’apporte rien de bon pour les femmes et même pour les Occidentaux.

Pour elle, les musulmans qui vivent en Italie ne sont que des envahisseurs. Chaque construction d’une mosquée dans son pays fait saigner son cœur. L’adjectif « raciste-raciste » pour qualifier ce qu’elle pense ne la terrorise pas. Cela est dit parfois en des termes un peu crus mais ce n’est quand même pas « Bagatelles pour un massacre » de Louis-Ferdinand Céline. Ce livre a déjà été vendu à plus d’un million d’exemplaires en Italie et commence déjà à bien se vendre en France. Pour Oriana Fallaci, ceux qui bêlent dans le politiquement correct sont des « sans couilles ». En tout cas, elle en a. Elle le dit d’ailleurs. L’italienne a de la personnalité, du caractère, certains diront même de la mégalomanie. Elle a même un humour grinçant sur elle-même lorsqu’elle rapporte que certains disent qu’il est facile d’avoir du courage lorsqu’on a déjà un pied dans la tombe. Selon la journaliste, les musulmans jaloux de l’Occident et de ses réussites ne cherchent qu’à s’étendre et s’imposer en Europe et ailleurs.

« Vous ne comprenez pas, vous ne voulez pas comprendre, qu’une Croisade à l’envers est en marche. Une guerre de religion qu’ils appellent Djihad, guerre Sainte. Vous ne comprenez pas, vous ne voulez pas comprendre que l’Occident est pour eux un monde à conquérir. A châtier, soumettre à l’Islam ».

Elle enrage que nos hommes politiques, des eunuques selon elle, se couchent devant n’importe quel immigré ou sans-papiers par commodité ou lâcheté.

A propos, cela fait penser au maire vert de Saumur qui, six mois après les attentats de New-York, organise une exposition sur l’Islam-religion-de-paix-et-d’amour. Ceci avait quelque chose d’indécent et d’obscène En conclusion, nous dirons que si certains refusent la mise en garde de l’Italienne, les événements lui donneront néanmoins raison.

par Patrice GROS-SUAUDEAU (2002)



L’Europe est-elle possible ? LE MESSAGE UNIVERSEL DE LA FRANCE ET CELUI NON-UNIVERSEL DE L’ALLEMAGNE
4 mai, 2010, 8:55
Classé dans : concernant l'Europe,immigration

Deux pays en Europe ont, à travers leurs histoires respectives, produit deux messages très différents destinés au reste du monde : la France et l’Allemagne. Quels sont-ils ?

En effet, un pays ou un peuple représente une idée au sens hégélien du terme, donc aussi un message.

Celui de la France se veut universel : « nous sommes tous égaux », issu de la Révolution, basé en reprenant le vocabulaire nietzschéen sur le ressentiment de celui qui a été considéré comme inférieur par une noblesse française qui fut l’incarnation même de la morgue, du mépris, de la distance et de la différenciation ; noblesse qui par son mode de, vie, son raffinement donna le ton au reste de l’Europe. Le Tiers-État français décréta de façon juridique l’égalité entre les hommes, comme le peuple juif pendant sa période d’esclavage avait créé une religion où les hommes étaient égaux devant un Dieu miséricordieux. Les Français y crurent d’autant plus qu’en France on considère ce qui est défini juridiquement comme le vrai. Ce message, au départ fondé sur une égalité sociale dans un même pays ou une même nation, se prolongea pour aboutir à une égalité universelle entre les hommes. Après la parenthèse de la période coloniale (temps pendant lequel la France avait cessé de se penser en Europe après la défaite des armées de Napoléon 1er et celle de Sedan en 1870), où l’idée de la supériorité de l’homme blanc sur l’indigène semblait aller de soi, on assista à un renforcement du discours égalitaire sur l’homme, fondé en grande partie sur un complexe de culpabilité issu d’une décolonisation mal vécue.

Comme le Tiers-État français, pour des raisons évidentes fut réceptif à ce discours, les peuples du tiers-monde considérés comme inférieurs pour des raisons diverses, ne purent qu’accueillir avec enthousiasme cette idée qui existait déjà dans certaines religions faites pour les malheureux, mais formulée ici de façon laïque. La force du nombre, qui est celle des masses, a donc donné à la France ce rayonnement à bon compte, qui ne pouvait d’ailleurs que réussir par sa démagogie.

Comme corollaire, l’aboutissement de ce message universel est la destruction du peuple français, puisqu’il rejette en lui-même toute différenciation entre les hommes.

Pour la gauche française qui se veut la plus porteuse de cette idéologie, la finalité de la France est sa propre destruction (illustrée artistiquement par le défilé de J.C. Goude sur les Champs-Elysées pendant le bicentenaire de la Révolution). Nous avons là un raisonnement purement ethnocentrique puisque, si le peuple français est détruit, rien n’implique la destruction des autres peuples, ceci en dépit d’un nombrilisme inhérent à certains Français de gauche, pour qui l’Histoire du monde se fait à Paris.

Cette destruction de nos jours s’opère à deux niveaux. Par le haut : l’intégration européenne, donc la perte de souveraineté nationale sur le plan institutionnel et par le bas : une immigration massive de populations allogènes.

A l’inverse, le message qu’a produit l’histoire et la culture allemande est tout autre : « nous sommes les meilleurs ». Ce discours est celui de l’aristocratie. Il s’est mué au niveau d’un peuple. Il est, par nature, non démagogique et ne peut que déplaire au reste du monde. Le National-Socialisme a représenté sa forme la plus extrême puisqu’un simple ouvrier allemand pouvait se considérer supérieur en s’identifiant intégralement à son peuple par essence supérieure aux autres. Cette idéologie de la différenciation conduit à une sur protection de son peuple vis-à-vis de l’inférieur et l’Allemagne même aujourd’hui, possède une véritable forteresse institutionnelle de préservation.

La France, par sa politique auto-destructrice, peut devenir un danger, non seulement pour l’Allemagne, mais aussi pour l’Europe toute entière. Elle risque d’être un îlot d’Afrique, de l’Islam ou du tiers-monde sur le continent européen. Ces questions actuellement non abordées, encore moins élucidées, vont un jour être au coeur des problèmes entre pays européens.

En France, on n’a jamais autant parlé d’Europe, au fur et à mesure qu’elle se peuple de non-Européens à la différence d’autres pays et surtout de ceux de l’Europe de l’Est avec une population et un nationalisme intacts.

La plupart des autres pays d’Europe, sans passé colonial, n’ont aucune raison objective d’accepter le comportement suicidaire qui est celui de la France.

Il ne pourra en résulter qu’une fausse union européenne ou alors on reviendra à l’Europe des Nations du XIXème siècle où les pays européens (en dehors de la France) chercheront leur préservation et leur intérêt national avant tout.

Patrice Gros-Suaudeau



HEIDEGGER ET LE NAZISME (SUITE SANS FIN) (Le Glaive)
3 mai, 2010, 20:33
Classé dans : plus ou moins philo,politico-historique

Sur cette question souvent abordée ces derniers temps, chaque commentateur y met sa vision du monde et de la philosophie, toute interprétation étant infinie. Soit on démontre que le philosophe était un nazi pour le discréditer avec toutes les variantes possibles, sa philosophie l’étant en partie ou non. Soit on affirme qu’il ne l’a pas été (ou que cela a été une erreur très passagère sans conséquence). Pour l’instant, il semble que cet engagement a été bien plus fort qu’on a bien voulu le dire. Cette affaire procure à certains une joie maligne de pouvoir ainsi juger négativement le grand philosophe et de se trouver ainsi mieux que lui. L’attitude parfois ambiguë d’Heidegger par la suite a surtout été celle d’un homme qui a cherché à assurer sa survie philosophique et même économique après la guerre.

Nous allons donc poser la question :

Y-a-t-il des points communs entre la pensée de Heidegger et un courant de la pensée allemande antidémocratique, anti-judéochrétien, anti-rationaliste que l’on retrouve aussi chez Nietzsche, interlocuteur posthume du grand philosophe d’origine catholique, ces thèmes pouvant se retrouver dans le nazisme ?

Heidegger était profondément Allemand. Cette évidence a de l’importance. Il a très peu quitté son pays et a eu comme lieu de réflexion la Forêt Noire, au sud de ce pays qui est la vraie et belle Allemagne qu’imaginent par exemple les Français. Il fut imprégné de ces thèmes récurrents à la culture allemande : la dureté et la pureté. L’être authentique dans toute sa dureté d’acier et sa pureté de cristal pouvait-il avoir une âme de démocrate ? La démocratie ne peut que fabriquer des individus tièdes, soumis, atomisés par le consensuel. On comprend tout par lassitude. Société démocratique qui met en avant des individus à la morpho-psychologie insignifiante, société qui refuse le conflit, l’affrontement, alors que « l’homme libre est guerrier ». On ne peut plus nier ou affirmer. Règne de la médiocrité, des médiocres, de l’insignifiant, du «modeste» qui rassure, triomphe des mots pompeux et creux, de la «tolérance», puisqu’il n’y a plus rien à refuser ou affirmer. Société où n’existent, comme l’écrivait le poète italien Marinetti, ni tragique ni émotion et qui évolue inexorablement vers le vide spirituel. Pour ce courant de pensée, le démocrate est fondamentalement inauthentique puisqu’il est le produit de l’opinion commune, du «on». Chez Heidegger on trouve aussi une apologie de l’origine avec, entre autres, celle des Allemands qui ont gardé leur langue originelle qui est devenue un bel instrument chez ce peuple de penseurs, poètes et musiciens.

Pour le philosophe de Freibourg, la philosophie parle allemand comme elle a parlé grec.

On trouve aussi l’éloge de l’enracinement, du sol natal, sol de l’enfance, des ancêtres. L’être enraciné s’oppose à l’errance, critique donc de la modernité, de l’américanisme opposé à l’esprit germano-européen. Philosophe de l’Etre, il avait sans doute ressenti plus qu’un autre la néantisation de l’Occident et la menace du nihilisme qui pesait sur celui-ci La pensée de gauche voit dans l’appartenance à un sol, un pays ou une nation le produit du hasard, ce qui est dépréciatif.. Dans la pensée heideggérienne, les notions de facticité, d’être jeté, d’être au monde donnent à cette appartenance une signification des plus profondes. Heidegger appartient au courant anti-rationaliste qui est aussi un prolongement de la phénoménologie husserlienne où toutes les certitudes scientistes, la mathématisation du monde, l’idée de raison, le réalisme naïf ont été mis à bas. On peut d’ailleurs noter que Husserl a été très étudié par les catholiques et même les ecclésiastiques. Car c’était sans doute la première fois qu’un courant de pensée majeur et puissant, non religieux, (la phénoménologie) remettait la science, vieille et grande rivale de l’Eglise et de la religion à sa place. La science a cru et croit encore être la vérité ou le réel alors qu’elle n’est qu’une construction axiomatique de l’esprit qui se surajoute au monde perçu qui est premier et dans lequel baignent tous les individus depuis leur naissance. La science même si elle nie, a comme fondements ultimes des postulats métaphysiques. Puisque n’existent que le subjectif et l’affectif, les mythes et la poésie ont droit de cité à la constitution de toute vérité au même titre que les modes de connaissance qui ont cru pendant longtemps depuis Descartes à l’objectivité de leurs méthodes.

La question dans la question est : Heidegger était-il raciste ? Certains n’ont pas hésité à la poser avec toute la dose de culpabilité que ce qualificatif peut engendrer de nos jours. Le philosophe avait connu une amourette avec une étudiante juive Hannah Arendt dont la jeunesse, le beau visage à l’époque et la maturité philosophique avaient attiré l’homme de trente cinq ans qu’était à ce moment là Heidegger. Mais ceci en général ne prouve pas grand chose. Plus fondamentalement Heidegger croyait au destin exceptionnel du peuple allemand et à i sa mission spirituelle pour combattre la décadence. Il fallait protéger «racialement» ce peuple allemand et ses points de vue rejoignaient parfois ceux d’Eugen Fischer, hygiéniste de la race qui, entre autres, était très inquiet de l’africanisation de la France dans les années trente, due à ses colonies. Que dirait-il de nos jours ? Heidegger ne croyait sans doute pas au racisme biologique puisqu’il avait lui-même déconstruit l’idée de science de façon encore plus radicale que Husserl, mais pour lui c’était le « peuple qui devait décider » de sa santé et de sa préservation.

par Patrice GROS-SUAUDEAU  nov . déc 2002



LA CHASSE AUX SORCIÈRES DANS L’ÉDUCATION NATIONALE (Le Glaive)
3 mai, 2010, 13:36
Classé dans : éducation et enseignement

Une idée couramment admise est que, pour être professeur de Lycée-Collège, il suffit de passer son CAPES ou l’Agrégation et qu’ensuite, après une année de stage, un stagiaire est titularisé de façon quasi automatique.

Ceci est évidemment très théorique, puisque dans la pratique les enseignants aux idées nationales ou nationalistes sont traqués impitoyablement sous couvert de rapports soi-disant objectifs; « pas aptes pour l’enseignement ».

Au delà des idées politiques, les professeurs possédant une personnalité seront broyés par une infantilisation due aussi bien aux élèves (il est perpétuellement demandé aux enseignants de se mettre au niveau de leur classe, et à la longue, leur niveau intellectuel et psychologique peut subir une régression) qu’à une hiérarchie étouffante et oppressante dont la légitimité n’est pas fondée sur le niveau intellectuel ou culturel. Les Proviseurs de Lycée et les Principaux de Collège sont d’anciens profs « bien notés », ce qui veut dire dans la pratique des personnes totalement soumises à l’institution et à l’idéologie officielle. Individus ternes, s’étant écrasés durant toute leur carrière pour monter dans les indices, ils deviennent aigris et haineux (avec un potentiel de haine souvent inimaginable derrière un paravent d’humanisme) vis à vis de tout professeur qui n’est pas conforme au moule prôné par l’éducation nationale et a conservé en lui-même un peu d’«être». Ils utilisent leur fonction de façon très politique, parfois comme de véritables commissaires politiques. Ce  comportement se retrouve aussi chez les inspecteurs qui cherchent à éliminer les « brebis galeuses ».

On a donc droit à l’affichage des Droits de l’Homme et à des affiches favorables à l’Europe de Maastricht dans les salles de classes ….

Dans la salle des Professeurs sur les panneaux syndicaux, placardage intensif d’affiches «contre» le racisme, la montée du fascisme et «pour» la tolérance …

Il existe au sein de cette même salle d’attente pour profs (au décor souvent digne de celui qui existe lorsque l’on attend à la Sécurité Sociale) une ambiance cucul, humanitariste, où la banalité, l’insignifiance dans l’expression sont les bienvenues, ce qui s’appelle une « collaboration avec l’équipe enseignante des plus fructueuse ».

Tout ceci se traduit même au niveau vestimentaire où il est de bon ton de s’habiller comme un minable, la seule personne portant parfois encore une cravate (et une veste) est le Proviseur ou le Principal, qui se sentent peut-être ainsi légitimés dans leur pouvoir et reconnus en tant que tels.

Quant aux autres le mot d’ordre est « n’être rien et n’avoir l’air de rien ». Formule qui peut être une définition de l’humanisme. L’Homme étant défini comme néant, les Droits de l’Homme étant une néantisation des particularismes, l’immigration une néantisation de l’homme blanc, Maastricht une néantisation des nations …

On comprend ainsi pourquoi la religion bouddhique est à la mode puisque qu’elle est la religion-philosophie du néant.

Ce pseudo-égalitarisme ridicule montre à quel point l’enseignement actuel baigne dans une atmosphère humanitariste infantile. Les enseignants qui ont gardé un peu de fierté d’eux mêmes et qui ne partagent pas cette vision du monde doivent se méfier des autres, car tout propos peut-être rapporté à la direction quand il n’est pas conforme aux normes idéologiques. Ceci finit par dépersonnaliser les individus car ils doivent perpétuellement cacher leurs idées, ne pouvant jamais vraiment dire ce qu’ils pensent à la différence des petits profs de gauche pourrisseurs qui se vautrent dans un misérabilisme, bruyamment et avec jouissance, s’imposant par leur nombre.

Être un Français de souche peut être un handicap, puisqu’on peut à tout moment être accusé par un élève de « racisme envers nos frères de couleur » (les profs étrangers ne sont pas persécutés dans ce domaine) , le racisme antifrançais ou antiblanc n’étant pas reconnu !

Le professeur français et blanc finira par avoir une image négative de lui-même. Cela se répercutera au niveau des élèves, car leur propre identité est systématiquement dénigrée et dévalorisée. Le professeur «néant» devant s’écraser devant «l’être» des élèves appartenant à « d’autres cultures ». Les lycéens et collégiens se réfugieront donc dans la drogue et épouseront d’autres cultures et religions plus valorisantes à leurs yeux.

Nous pouvons aussi souligner l’autodafé systématique qui est fait par certains enseignants de gauche dans les bibliothèques, vis à vis des revues et livres qui ne dénigrent pas la culture nationale.

Les professeurs qui, malgré tout ont conservé une image positive d’eux-mêmes, des valeurs de leur pays, la fierté de soi seront mal notés par leur hiérarchie et on leur demandera de changer de personnalité. Ceux qui ne peuvent le faire ou ne sont pas encore titularisés seront éliminés ou mis à la retraite, et on soulignera leur manque de faculté d’adaptation.

Cette véritable chasse aux sorcières a parfois des formes sournoises mais des conséquences dramatiques pour certains individus avec perte d’emploi et donc de ressources. Notre société totalitaire veut à tout prix fabriquer un moule d’homme universel : « celui qui n’est rien, défini à la naissance comme néant et rejoignant le néant ».

par Patrice GROS-SUAUDEAU Statisticien – Économiste



Les vraies raisons de la crise et ses conséquences
2 mai, 2010, 19:26
Classé dans : économie et finance

Les économistes comparent souvent la crise actuelle avec celle de 1929. Il y a certes des points communs et on en a tiré des enseignements monétaires pour un peu mieux gérer celle-ci.

Mais il reste une différence fondamentale entre les deux crises. En 1929 et les années qui suivent, les usines et les entreprises ne sortaient pas des Etats-Unis et de l’Europe ce qui peut bien sûr avoir une importance sur les politiques menées.

Les Occidentaux ne font que payer la politique de désindustrialisation forcenée qu’ils pratiquent depuis plus de vingt ans. Les classes dirigeantes économiques avec un cynisme absolu ont complètement marché sur les intérêts des classes populaires et moyennes de leur pays. Cette baisse de revenu et de consommation pour beaucoup vient de là. La crise des subprimes vient d’Américains qui se sont retrouvés au chômage.

En France, tous les dirigeants depuis Mitterrand jusqu’à Sarkozy (et ses gesticulations), n’ont fait qu’organiser la destruction économique de leur pays en acceptant les diktats du Capitalisme financier mis en place par les multinationales via l’OMC, le FMI et la banque mondiale. La défiscalisation des stock-options a été faite par Dominique Strauss-Kahn.

Il est très politiquement correct d’être béat d’admiration devant « l’euro qui nous protège» et vénérer sa stabilité. Or de façon objective, l’euro n’a fait que participer activement à la désindustrialisation de l’Europe en empêchant des dévaluations qui nous auraient « protégés» face à la mondialisation.

On a vendu l’euro en disant que Madame Duchemol pourrait aller en vacances en Italie sans changer sa monnaie !

Le prix Nobel d’économie Maurice Allais estime à 40 % la perte de PIB due aux politiques économiques des dirigeants successifs depuis vingt ans. La politique mise en place a toujours été au nom d’une idéologie européiste, libre-échangiste et mondialiste. En acceptant le libre-échange mondialisé, les classes dirigeantes ont créé un chômage massif dans leur pays au profit de quelques-uns.

Il est de même stupéfiant que les électeurs continuent à voter depuis des années pour des partis qui ne défendent en rien leurs intérêts. Les dirigeants cyniquement mettent cela sur le compte de la puissance du « sentiment» démocratique en France. Il faut surtout y voir la main mise des médias par les financiers.

La seule réponse est le protectionnisme, certes non hystérique. Il faut faire comme les Chinois qui prennent dans le commerce international ce qui les arrangent et rejettent ce qui n’est pas dans leur intérêt. Le protectionnisme n’est pas une fin en soi. Aux Etats-Unis, temple jusqu’à maintenant du libéralisme, il existe aussi puisque tout secteur considéré comme stratégique doit rester américain. Un pays doit assurer sa cohésion sociale et donc chercher le plein emploi.

La mondialisation est la cause principale du chômage auquel on a ajouté une immigration extra-européenne d’autant plus inutile que les usines s’en vont ou s’automatisent. Il ne suffit pas de dire « maintenant tous keynésiens» pour résoudre la crise économique.

Toute la mondialisation est fondée sur un résultat poussiéreux du à Ricardo sur les avantages comparatifs.

Ce théorème fonde la justification du libre-échange. Toutes les hypothèses de ce théorème sont obsolètes : immobilité des facteurs de production, travail et capital. La version de ce théorème due à Heckscher et Ohlin est tout aussi obsolète. « Le pays qui dispose relativement de plus de capital (respectivement de travail) aura intérêt à produire et exporter le bien qui utilise davantage de capital (respectivement de travail) » Les Chinois ont tout en plus.

On arrive soi-disant à « l’OPTIMUM », mais qu’est-ce qu’un optimum ? Pour quels pays, quels groupes sociaux ? Doit-on raisonner dans le court terme ou long terme? La seule chose qui soit mathématiquement certaine est que la mondialisation rapporte aux actionnaires et aux distributeurs actuellement ainsi qu’aux multinationales.

Il faut redéfinir une politique industrielle. Quand le cadre institutionnel nous est par trop défavorable, il ne suffit pas de dire il faut s’adapter, il faut changer le cadre institutionnel. Tant que les dirigeants ne s’attaqueront pas à la règle du jeu qui est mauvaise pour nous, toutes leurs mesures seront inopérantes ou de peu d’effet.

Patrice GROS-SUAUDEAU Statisticien-Economiste



LE REVISIONNISME OU LA FIN DE LA DERNIERE CERTITUDE (Le Glaive 2001)
1 mai, 2010, 16:32
Classé dans : plus ou moins philo,politico-historique

L’époque actuellement refuse toute certitude dans la connaissance. On est arrivé de différentes manières à l’écroulement de la confiance que l’on pouvait avoir dans le démarche scientifique et dans ses fondements. En résumant nous pouvons dire qu’il a été démontré avec Gödel que les mathématiques elles-mêmes ne pouvaient être fondées. Ce résultat était d’une importance extrême puisqu’on avait postulé depuis Galilée que le langage de la science était celui des mathématiques. La physique, en plus de cette critique sur son propre langage, a reçu les coups de butoir les plus divers avec, entre autres, la critique phénoménologique de Husserl. Du statut de savoir quasi absolu ou de modèle pour les autres savoirs selon Kant, elle devient un simple mode d’emploi pratique.

La Science qui croyait être la vérité ou le réel n’est donc qu’une construction axiomatique de l’esprit qui se surajoute au monde perçu qui est premier et dans lequel baignent tous les individus depuis leur naissance.

Auparavant au firmament de la croyance en la science, l’Histoire paraissait, à côté, comme un divertissement pour dilettante puisque les fondements «scientifiques» de celle-ci semblaient bien incertains. Avec la remise en cause donc de l’idée de Science, l’Histoire a changé de statut par contrecoup. Elle est même devenue pour certains comme la référence morale et politique, toute remise en question de celle-ci devenant parfois insupportable.

Le phénomène révisionniste qui, actuellement, prend de l’ampleur a au moins le mérite de poser la question : Qu’est-ce que l’Histoire ?

De nombreuses définitions ont été données dont une de Heidegger semble particulièrement pertinente : « l’Histoire est une projection dans le passé de l’avenir que s’est choisi l’homme ». L’Histoire est avant tout aussi une conscience historique personnelle, chaque individu étant son propre historien, sa vision de l’Histoire comme sa représentation du monde évoluant au cours de la vie. Il n’y a donc pas d’objectivité, il n’y a que de l’intersubjectivité ou ce qu’on appelle objectivité n’est qu’un accord sur les consciences ; cet accord se faisant par toutes sortes de moyens médiatiques et même par l’intervention lourde d’un arsenal juridique qui aiderait ainsi à «mieux» agir sur les consciences.

L’Histoire, à la différence des autres moyens de connaissance «scientifique» traditionnelle, est fondamentalement basée sur l’autorité et la croyance, l’autorité de certains historiens jugés  comme «compétents» ou à défaut de la loi. Saint Augustin avait déjà remarqué que la foi n’est pas limitée au religieux.

Tout individu qui ne partage pas certaines versions officielles est donc exposé au pire à une condamnation pénale, au mieux à être traité de salaud ou de fou. Cette pénalisation assez nouvelle associée à l’Histoire et à sa recherche semble singulière puisque le questionnement historique est par essence révisionniste. La société dans sa logique nouvelle devrait, pourquoi pas, procéder à l’internement ou à la psychiatrisation des individus sur qui «l’accord» sur les consciences ne s’est pas fait, la loi Gayssot ne faisant que confirmer le ridicule de la situation.

Dans tout ce contexte de doute généralisé, il ne devait donc rester qu’une seule certitude attestée par loi, l’extermination massive et volontaire de tout un groupe humain pendant la seconde guerre mondiale.

Les révisionnistes, au-delà de leur démarche perverse ou non, posent aussi la question : pourquoi la société a ainsi défini de façon métaphysique cette période de l’Histoire comme étant le mal absolu avec ce que cela comporte non seulement pour les Juifs mais aussi pour les Allemands.

Il semble compréhensible qu’un groupe humain (la communauté juive) ait sacralisé son martyrologe mais celui-ci a aussi été récupéré par la société libérale qui ainsi se définit en comparaison comme étant la meilleure.

Pour des individus vivant dans des HLM de banlieues déshumanisées à côté de supermarchés sordides, il existerait donc pire que leur existence puisqu’un univers concentrationnaire leur est perpétuellement rappelé. Tous les massacres et toutes les guerres comme celle de la première guerre mondiale où des millions d’hommes sont allés à l’abattoir, tous les autres génocides ayant existé avant et après, et à fortiori les conditions économiques et sociales très difficiles de certains actuellement, tout cela est donc bien «léger» vis à vis de l’horreur posée par définition comme absolue. Ceci servirait aussi la cause antiraciste, ciment et socle bien pauvre d’une société en pleine désagrégation. L’extrême droite voit dans le rappel incessant de cette partie de l’Histoire la preuve même d’un lobby juif ou sioniste surpuissant. L’extrême gauche quant à elle, a bien compris son utilisation par notre société capitaliste ou libérale. Ce sont, pour toutes ces raisons que les révisionnistes viennent de ces deux camps.

par Patrice GROS SUAUDEAU



Immigration et écologie (National Hebdo)
30 avril, 2010, 12:39
Classé dans : immigration

Une politique d’immigration a des effets néfastes sur l’équilibre écologique, la surconsommation, la démographie mondiale et l’environnement.

De nombreux aspects qui, par aveuglement humanitaire ou idéologique, ne sont pas abordés, sont les conséquences, sur l’écologie, d’une politique d’immigration des habitants du tiers monde vers les pays développés.

Un des plus grands défis qui se pose à l’humanité est la réduction de la natalité globale (on a chaque année 90 millions d’individus supplémentaires). La population mondiale atteindra 12 milliards d’individus dans cinquante ans. Les ressources alimentaires et énergétiques ne suivront pas cette croissance démographique et il est à craindre que l’humanité n’arrive plus à satisfaire ses nouveaux besoins.

Or, toute politique d’immigration favorise la natalité des habitants des pays émigrants. En effet, les immigrés bénéficient dans les pays d’accueil d’allocations familiales et de logement qui favorisent les naissances et peuvent être même leur unique source de revenus (ces familles se retrouvant dans l’obligation d’avoir perpétuellement de nombreux enfants, leur raison sociale et économique d’exister, le prestige d’un père de famille pouvant être le fait de posséder une nombreuses progéniture, plus que le travail).

En acceptant les excédents de population de ces pays, les Occidentaux n’incitent pas ceux-ci à réduire leur natalité puisqu’ils envoient l’excès de leur population en Europe ou en Amérique du Nord.

On a heureusement l’exemple de la Chine qui a fait de gros efforts pour réduire sa natalité et n’a pas, jusqu’à maintenant, cherché à exporter vers l’extérieur une démographie qui aurait pu être galopante.

L’immigration réduit à néant cet équilibre des naissances qui s’était passé sans coercition dans les pays européens (avec deux enfants au moins par famille).

Les habitants d’Europe, avec l’arrivée d’immigrés, se sentant menacés démographiquement dans leur propre pays, peuvent même par réaction augmenter leur natalité.

L’immigration favorise la consommation puisque les immigrants épousent très vite les habitudes de consommation des pays développés, ce qui a pour effet de polluer un peu plus la planète, alors que les habitudes de consommation occidentale ne devraient plus être un modèle pour le reste de l’humanité. Quand ils retournent chez eux durant leurs vacances, ils propagent ce mode de vie à grande consommation. L’immigration implique aussi un effet d’entassement et de surpopulation dans des mégapoles déjà saturées avec tous les effets néfastes de pollution supplémentaire aggravante et même dangereuse sur la nature et l’esthétique des banlieues autour de ces grandes villes. A ceci s’ajoutent tous les phénomènes inévitables de drogue, violence, délinquance, affrontements entre populations d’origines diverses en plus de nouvelles émissions de produits polluants, actuellement très nocives pour les citadins des grandes villes.

Après avoir constaté toutes ces nuisances écologiques: natalité mondiale favorisée, surconsommation aggravée, destruction de l’environnement des pays d’accueil, les pays occidentaux doivent stopper leur politique d’immigration (et pourquoi pas favoriser l’aide au retour), inciter au contrôle des naissances des pays émigrants tout en les aidant à subvenir à leurs besoins alimentaires locaux. Cette politique mondiale concourra à limiter les effets dévastateurs d’une démographie galopante et d’une surconsommation généralisée. Les pays occidentaux qui ont de façon naturelle déjà contrôlé leur natalité, quant à eux, doivent faire l’effort d’une consommation moins néfaste pour l’environnement.

La vision et la pensée nationales non seulement ne s’opposent pas, mais au contraire sont complémentaires d’une politique écologique mondiale, les intérêts nationaux pouvant être en phase avec ceux de l’espèce humaine.

Il ne faudrait pas ainsi que l’on se trouve dans une situation perverse, où les pays européens paient pour une politique d’immigration qui détruise leurs pays et participe à la destruction de la planète.

Patrice Gros-Suaudeau



FAUT-IL AIMER L’ALLEMAGNE ? (Le Glaive)
28 avril, 2010, 19:56
Classé dans : concernant l'Europe,politico-historique

Le rapport avec l’Allemagne est toujours trouble et maintenant on peut même dire qu’il est politisé : aimer l’Allemagne (ou ne pas l’aimer) devient une opinion politique.

Cette relation est toujours individuelle. Et nous allons partir de là pour généraliser après.

J’avais un oncle qui avait épousé celle qui allait devenir ma tante par alliance dont les parents résistants étaient morts en déportation. Son père, directeur de la prison de Tours, était chef d’un réseau de résistance. Ma tante par alliance avait aussi été déportée pendant deux ans et parfois elle nous montrait à mes frères et à moi encore enfants ses mains déformées par les coups que lui avaient donnés les gardiens S.S.

Lorsqu’elle nous parlait des « boches », c’était pour nous dire : « Si un jour je vois un « boche » me demander à boire, je le laisserai crever dans le caniveau ». Tout ceci pour dire que je n’ai pas été éduqué dans l’admiration de l’Allemagne ou ne serait-ce que dans un esprit de réconciliation.

Ma tante m’avait prêté des kilos de livres et de documentation sur les camps et encore très jeune je n’avais plus grand chose à apprendre sur ces questions. Je lui disais que les officiers S.S. avaient fière allure dans leur uniforme noir. Cela ne la choquait pas trop car elle disait souvent que les femmes S.S. étaient encore plus sadiques que les hommes.

Mon opinion sur l’Allemagne a commencé à changer lorsque j’ai vu le film et lu le livre Koenigsmark de Pierre Benoît. Je découvrais une Allemagne sans camps de concentration mais peuplée de châteaux et de belles princesses aux longs cheveux blonds qui leur recouvraient tout le dos.

Par la suite, étudiant à Paris, connaissant beaucoup de jeunes allemandes, j’ai pratiqué la réconciliation, j’ai beaucoup pardonné même si personnellement je n’avais rien à pardonner.

Toutes les opinions familiales ne m’empêchaient pas d’aller m’enquérir des avis des uns et des autres. Les aléas de la vie m’avaient fait connaître un ancien Waffen S.S. français qui avait donc accepté de risquer de se faire trouer la peau pour l’Allemagne, ce pays représentant l’Europe selon lui. Il avait appartenu non à la division Charlemagne mais à la Brandebourg, s’y trouvant le seul Français. Dans les commandos il avait fini aspirant S.S. à vingt ans (en 45). Il avait appris à ramper sous tous les chars et l’entraînement ne se faisait qu’à balles réelles. Il s’est retrouvé à combattre sur le front de l’Est les pieds gelés dans la neige ; blessé, en sortant de l’hôpital, il fut envoyé dans les commandos de Skorzeny pour participer à la contre-offensive des Ardennes contre les Anglais et les Américains. La guerre se termina pour lui en allant tirer ses dernières cartouches sur les Yougos en Italie du nord en donnant un coup de mains aux Italiens. Condamné à mort, bien qu’il n’ait pas fait couler le sang français, il s’engagea dans la Légion étrangère pour crapahuter dans les rizières durant toute la guerre d’Indochine. Il participa bien sûr à l’expédition de Suez pour ensuite faire toute la guerre d’Algérie comme commando ou paracommando dans les Aurès. Bref, un chien de guerre, vingt-cinq ans à vivre sous la guitoune, la mitraillette à portée de main. Il avait la réputation d’avoir fait pas mal de dégâts dans le camp adverse.

Doté d’un physique de chéri-bibi, on entendait parfois de sa bouche les propos racistes les plus durs pour ensuite défendre mordicus que les soldats de couleur qui avaient servi dans l’armée française étaient Français par le sang versé. Ce n’était pas les propos d’un nazi pur sucre pour qui l’armée française débarquant en Provence n’était qu’un amas « d’arabes et de nègres venus combattre l’homme blanc représenté par l’Allemagne ». Il avait terminé sa carrière comme officier supérieur de l’armée française.

Se trouvant en Allemagne à Ulm au moment des bombardements, toute la campagne alentour tremblait sous le déluge de bombes des forteresses volantes américaines. Cette ville qui a été un joyau médiéval est devenue un ensemble d’H.L.M. digne des banlieues nord de Paris.

Son engagement m’a « interpellé » pour écrire comme un vulgaire intellectuel d’arrière-cuisine de la rive gauche. L’Allemagne était plus que l’Allemagne et d’ailleurs toute l’Europe a été peuplée démographiquement en partie par les Germains. Les Anglais (Angles, Saxons, Jutes … ) sont un sous-produit de la Germanie de même que les États Unis dans leur majorité. La diaspora germanique se trouve aussi en Amérique du Sud.

Être contre un pays qui a tant apporté au reste du monde sur le plan intellectuel et artistique me semblait être un contresens même s’il nous a fait momentanément souffrir. Vouloir le diminuer est se diminuer soi-même.

Un slogan soixante-huitard était éructé sur les pavés de Paris : « Nous sommes tous des juifs allemands » formule que je n’ai jamais vraiment ressentie au fond de moi-même.

Ce qui me semble maintenant une évidence, c’est que nous Français et Gaulois nous sommes tous un peu Germains.

Patrice GROS-SUAUDEAU sept  2003



Shoah : Et si derrière la rhétorique raciale s’était cachée une extermination religieuse ; le génocide juif n’ayant été qu’une Saint-Barthélémy à une échelle gigantesque.
27 avril, 2010, 11:32
Classé dans : politico-historique

L’Histoire officielle ratiocine que l’extermination juive a été faite sur une base raciale, on en conclut donc le danger que véhiculent la notion de race et a fortiori le racisme. Cette version officielle est pourtant contredite par la pratique de cette persécution. Tout montre que le seul facteur qui a joué fut le critère religieux. Y a-t-il des juifs qui au cours d’une rafle ont été arrêtés en leur mesurant le crâne ou l’angle facial ? On arrêtait un israélite parce qu’on savait son nom (à résonance juive), qu’il pratiquait cette religion, lui ou ses ancêtres. Les nazis qui faisaient dénuder les petits enfants juifs prouvaient paradoxalement qu’on ne pouvait le savoir que comme «cela». L’étoile jaune en était aussi la preuve. Etait considéré comme «racialement» juif celui qui était de religion juive. Si on avait pris uniquement des critères raciaux ou physiques identifiables, l’immense majorité des juifs n’aurait pas été inquiétée (certains sont devenus SS évidemment en cachant leur religion d’origine) ; on peut même ajouter que de nombreux non juifs auraient pu être inquiétés dans ces pays de l’Europe de l’Est ou la France, véritables sacs de nœuds de tous les types physiques européens.

Hitler dans « Mein Kampf » insiste pour dénommer les Juifs comme une race : « Les Juifs sont une race ». En disant cela il fait des Juifs l’UN. Il est en cela très Allemand, même d’Autriche, dans cette utilisation abusive du mot race. Les Français n’ont jamais très bien compris la culture et les catégories allemandes. On pourrait sans doute en dire autant des Tziganes exterminés sans doute plus pour leur mode de vie différent que pour des critères raciaux. Un Tzigane habillé en «bourgeois» dans un salon «bourgeois» aurait-il été identifiable ? Ruse de la raison ou de la déraison, cette extermination s’est faite par un état païen, mais Hitler n’a jamais persécuté les Chrétiens en tant que tels, seulement les opposants. Beaucoup de Chrétiens ont été nazis sans doute plus par un nationalisme exacerbé (ou le goût de l’ordre) que par racisme. Les nazis ont ressuscité toute la vieille rhétorique et pratique religieuses anti-juive. Ils n’ont presque rien inventé. L’étoile jaune est une réminiscence moyenâgeuse. Quant au concept de sang pur et impur, il vient tout droit de l’Inquisition espagnole. La rhétorique raciale a beaucoup emprunté à la rhétorique religieuse.

Cette insistance sur l’idée d’extermination raciale est perpétuée par les Eglises qui ont tout intérêt à dire et à continuer à faire croire que les hommes se sont entre-tués à cause de la race en ne respectant pas l’enseignement des religions. Mgr Lustiger n’avait-il pas déclaré avec suffisance à propos de la polémique sur l’inégalité des races provoquée par Jean-Marie Le Pen : « On sait maintenant que le terme «race» a conduit aux horreurs de la seconde guerre mondiale », alors que comme on vient de le montrer, elle est très peu intervenue dans la pratique exterminatrice. Il existe en France une véritable hystérie franco-française dès que le terme race est utilisé et a fortiori lorsqu’on commence à analyser des différences et des inégalités qui pourraient en résulter. Il ne s’agit pas pourtant ici de nier l’existence des races au sens intuitif qui vient simplement de la perception que les hommes peuvent avoir des autres. La réalité est tout autre et dure à admettre pour les Français. La «race» a sans doute infiniment moins tué que les mots justice, liberté et égalité.

Patrice GROS-SUAUDEAU juin 2009


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