La politique en textes !

Les grands inquisiteurs de la pensée (Écrits de Paris)
12 avril, 2010, 19:07
Classé dans : politico-historique

La parole et la liberté d’expression sont désormais réservées dans nos media à quelques individus seulement. Or, Le Figaro a abordé récemment le thème de la liberté de débattre. Mais ce sont toujours les mêmes, à quelques exceptions près, qui peuvent s’exprimer dans ses colonnes. Et naturellement, on ne peut y échapper, les lecteurs ont eu droit à un article de Bernard-Henri Lévy. On peut se demander pourquoi ce « distingué philosophe » jouit plus que jamais d’une telle publicité dans la presse écrite et parlée.

Je vois à cela deux raisons : BHL vient d’un milieu familial fortuné et il est apparu à l’époque des nouveaux philosophes et d’une gauche qui acceptait le libéralisme. C’est ainsi qu’il est devenu un des représentants attitrés d’une idéologie libérale de gauche droit de l’hommiste. Il fait donc partie des grands inquisiteurs qui censurent tout débat en France. Dès que quelqu’un aborde les questions sur l’immigration, le souverainisme, de façon différente, il est aussitôt étiqueté comme fasciste, raciste, nationaliste, c’est-à-dire un salaud.

La dernière insulte trouvée est «maurassien». Chevènement est donc maurassien selon BHL. On se doute que ce n’est sûrement pas un compliment. Il utilise ce mot à défaut de ne pouvoir (encore) traiter Chevènement de fasciste ou de nazi.

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Un domaine qu’il faut particulièrement observer est l’attribution des prix littéraires. C’est un indicateur du degré de pourriture de la pensée qu’atteint en général un pays.

Le dernier Goncourt a donc été décerné à un livre qui célèbre une bonne Allemande puisqu’elle a honte d’être Allemande. Quelle négation de l’autre puisqu’on l’accepte uniquement lorsqu’il a honte d’être. Cette jeune femme allemande, donc née coupable, doit porter sa honte toute sa vie, et va jusqu’à expier sa faute en vivant avec un juif. Toute cette idéologie masochiste est véhiculée par quelques malades qui occupent le haut du pavé de la littérature et de la vie intellectuelle parisienne.

François Nourissier avait déclaré un jour qu’il portait la barbe parce qu’il n’aimait pas son visage et son corps. Avec une telle mentalité, il ne pouvait qu’avoir une brillante carrière dans la littérature d’aujourd’hui. Il préside même le jury Goncourt et peut donc récompenser d’autres malades comme lui.

Tous ces haineux de la vie et d’eux-mêmes ont parfois le culot de se référer à Nietzsche comme Philippe Sollers. Pourtant nous ne trouvons heureusement chez le philosophe allemand aucun des thèmes qui infectent la pensée française de nos jours.

Nietzsche célébrait la vie, la fête, la beauté, la musique, la danse, l’affirmation joyeuse de soi… Les tordus de la pensée qui monopolisent la vie intellectuelle en France feraient mieux de le relire. Ont-ils le sentiment de dominer les Français en les culpabilisant comme le fit Jacques Chirac animé par la haine du gouvernement de Vichy ?

Si on passe en revue les écrivains qui ont influencé la pensée en France, on ne peut être qu’effrayés: Sartre, Foucault, Jean Genet et tant d’autres faiseurs d’opinions destructrices de nos valeurs traditionnelles. Voilà de quel bois sont faits nos grands inquisiteurs de la pensée qui, à longueur de temps, nous enseignent la «vérité» et la morale, au sens socratique du terme sans doute.

Au milieu de ce débat d’idées grandioses, le parti communiste, c’est-à-dire le parti dirigé par un ancien infirmier psychiatrique, fait signer une pétition pour condamner la torture en Algérie. Pourquoi ne pas avoir fait signer une pétition qui condamne les croisades sous saint Louis ? C’est sans doute une diversion dans un jeu de billard à trois bandes pour empêcher la haine des jeunes Arabes de banlieue envers les juifs. Les Français de souche redeviennent les méchants. Quelle belle orchestration faite par quelques vieillards résistants qui ressassent leur jeunesse! Il y a aussi le fait que les « témoins coupables » de la Seconde Guerre mondiale comme Papon sont âgés et souffrent de la maladie d’Alzheimer. Il est difficile de les utiliser pour un travail de mémoire. Il reste donc à se mettre sous la dent les anciens combattants d’Algérie encore verts et bons pour le service de la culpabilité et de la repentance. Avec cette manœuvre grotesque, le parti communiste espère-t-il gagner les voix des ouvriers français ou mise-t-il sur les immigrés ?

A une époque où tout s’accélère, on a déjà oublié la guerre en Serbie et « la cruauté éternelle des Serbes » ; on ressort un vieux rossignol pour culpabiliser à jamais ce peuple par essence mauvais : les Français. Nos pseudo-intellectuels ne trouvent vraiment leur jouissance que dans le dénigrement de ce que fut notre pays.

par Patrice Gros Suaudeau



Europe et mondialisation
12 avril, 2010, 18:56
Classé dans : concernant l'Europe

On a là deux mots qui font peur, surtout accolés l’un à l’autre. Les Européens sentent confusément tout ce qu’ils contiennent d’explosif. Le vote irlandais a exprimé cette inquiétude. Le cadre institutionnel qu’a créé la construction européenne n’est pas du tout adapté à la mondialisation. Il l’a même aggravée. Dans un cadre de mondialisation, il fallait aux différents pays plus de souplesse et de réactivité comme cela se passe dans les pays d’Asie. La construction européenne n’a apporté que de la rigidité et a anéanti toute politique budgétaire et monétaire, bref la plupart des pouvoirs étatiques nationaux.

Les Etats-Unis ont créé avec la mondialisation et le consensus de Washington une véritable machine de guerre à désindustrialiser l’Occident. Les Européens ont créé avec l’Union Européenne une machine de guerre à désindustrialiser Ia zone EURO et surtout les pays membres fondateurs.

Pendant des années, avant la mise en place de l’Euro, la France a été contributrice, c’est-à-dire qu’elle a payé pour que les entreprises aillent s’installer ailleurs que chez elle (Irlande, Espagne, Portugal, Grèce, maintenant l’Europe de l’Est). Maintenant, l’Euro fort a comme effet d’accélérer la désindustrialisation de la France, ce qui est particulièrement inquiétant car les secteurs non délocalisables (agriculture, services) ont de faibles gains de productivité, donc génèrent peu de croissance.

Tout ceci explique les faibles taux de croissance de la France depuis des années. Pour un pays, garder une industrie forte est une garantie pour l’avenir et de contrôle des secteurs innovants. En 2007, la France a perdu 50.000 emplois dans l’industrie.

L’Euro pour l’Italie a été une catastrophe.

Il faut aussi relativiser le « miracle » allemand actuel avec son excédent commercial. L’Allemagne a externalisé sa production, c’est à dire qu’une grande partie de sa production est réalisée à l’étranger par des sous-traitants, l’emballage se faisant « made in Germany ». L’excédent commercial a été fondé aussi sur une politique de désinflation compétitive (compression pendant vingt ans des salaires allemands). Les excédents commerciaux officiels n’ont donc pas amélioré le sort de l’ensemble du peuple allemand. L’image de l’ouvrier allemand se rendant à son usine en grosse Mercédès, un gros cigare aux lèvres appartient au passé.

L’Allemagne a joué son intérêt personnel contre les intérêts de la France et de l’Italie dans le cadre de l’Europe.

Europe et mondialisation ont été un mélange explosif pour la France. Il faut noter que les gagnants de la mondialisation sont maintenant en fin de compte très peu nombreux (financiers, industriels qui délocalisent sans état d’âme, ceux qui contrôlent la distribution, gros actionnaires, … ). Une partie de la population, sans être gagnante, n’est guère touchée (fonctionnaires, professions libérales, salariés de secteurs protégés). La majorité est directement atteinte (baisse de salaires, précarité, chômage, pouvoir de négociation réduit à néant, … ) Avec la construction européenne et le traité de Maastricht on avait promis aux Européens « des lendemains qui chantent ». Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, beaucoup d’Européens pensent que demain sera pire qu’aujourd’hui. Pendant cinquante ans on a fait rêver les Français avec l’Europe. Beaucoup d’hommes politiques ont bâti leur carrière sur ce thème. Maintenant que nos concitoyens n’y croient plus, on a inventé un nouveau gadget sarkoziste : l’Union pour la Méditerranée, invention qui ne traduit que la faillite du projet européen.

Que faire ?

Pierre Bourdieu écrivait : « La néo-libéralisme annonce un fatalisme économique contre lequel toute résistance paraît vaine. Le néo-libéralisme est pareil au SIDA : il détruit le système immunitaire de ses victimes ». Alain Minc disait plus crûment : « il ne sert à rien de pisser contre le vent ». Il est vrai que lorsqu’on interroge certains « experts » ou spécialistes en économie ils répondent la plupart du temps à la question « Que faire ? » – Rien.

Ceux qui s’enhardissent répondent : « il faut s’adapter », formule très creuse qui voudrait transformer les Français en vendeurs de saucisses et de merguez. Comme nous l’avons vu, la construction européenne a enlevé à la France ses pouvoirs de décision. Jean-Claude Trichet, grand maître de la politique monétaire avait déclaré avec toute l’arrogance et la grossièreté de ceux qui étant arrivés à des postes de responsabilité internationaux et pour qui renier son pays est un plus : « Je ne me considère pas comme Français ». Il est vrai qu’avec son salaire en euros (kolossal), la situation de la France lui importe peu.

En 2002, le candidat aux présidentielles Le Pen avait proposé de sortir de l’Euro ; on a crié « au fou » mais cette proposition pouvait se justifier, même s’il est toujours très difficile de revenir en arrière. Le Front National a aussi commis l’erreur de ne pas avoir créé un cercle d’économistes composé de libéraux pragmatiques et de keynésiens de haute Volée pour être crédible. Il est de bon ton de moquer et même haïr l’idée de frontières, mais elles protégeaient sur le plan économique. (1)

Une politique cynique consiste à faire baisser les salaires en Europe. On a donc inventé le NAIRU (Non Accelerating Inflation Ratio of Unemployment), taux de chômage qui stabilise l’inflation. On crée donc un taux de chômage important pour comprimer les salaires et l’inflation (tout en faisant croire qu’on le combat) par différents procédés, dont l’immigration.

Un état peut difficilement agir sur le plan économique puisque l’on privatise tout ce qui peut l’être. L’économie est devenue transnationale et même transeuropéenne. Le pouvoir politique ne contrôle plus grand-chose. Comme le déclarait aux politiques Hans Teitmeier, ancien président de la Bundesbank allemande : « Désormais, vous êtes sous le contrôle des marchés financiers ». L’idéologie néo-libérale qui avait pour but de liquider toute instance régulatrice étatique ou non a gagné. En tout cas, il ne faut pas demander aux peuples d’entériner des traités pour une construction européenne à laquelle ils ne croient plus. Certains en ont conclu, que comme le peuple votait NON, il ne fallait pas demander son avis au peuple.

(1) – La gauche française n’a aucune solution à apporter non pas, parce qu’elle est stupide mais parce qu’elle est empêtrée dans des schémas idéologiques archaïques et dogmatiques (Europe, universalité, bienfaits de l’immigration, lutte des classes pour la gauche radicale) mais ce qui ne sont plus du tout adaptés à la situation actuelle.

Patrice GROS-SUAUDEAU Statisticien-économiste pour le Réveil de l’Anjou, bulletin du FN 49



Le paradoxe Strauss-Kahn
12 avril, 2010, 18:42
Classé dans : politique politicienne

Strauss-Kahn, parait-il, serait le meilleur candidat de la gauche pour battre Sarkozy.

Les électeurs de gauche ont vraiment la mémoire courte puisque Strauss-Kahn n’a été que l’exécutant de la mise en place du néolibéralisme en France sous la gauche. Il n’a pris que des mesures qui ont renforcé le capitalisme financier, la mondialisation et la désindustrialisation de notre pays. Faut-il que les Français soient à ce point nuls en économie pour ne pas faire le lien. Il n’a été à gauche que l’incarnation du capitalisme débridé qui s’est mis en place ces vingt dernières années, résultat de ce qu’on a appelé le consensus de Washington, avec tout son cortège de délocalisations, de chômage, de misère et d’inégalités accrues et inouïes. Il a été l’homme de la défiscalisation des stock-options, idée qui venait de Mac Kinsey (bureau d’études), ce qui a mis un peu plus les dirigeants aux ordres des actionnaires, leurs intérêts convergeant. Européiste fanatique de cette Europe qui n’a fait qu’accélérer la mondialisation et la perte de notre industrie, il a passé son temps à célébrer les vertus de l’euro alors que cette devise nous faisait perdre notre compétitivité. On ressent chez lui une haine sournoise de la France charnelle et des cathédrales qui selon lui n’est que celle de Pétain. Ministre de l’Economie, il a permis la vente aux Anglais d’un fleuron de notre système bancaire en se dédouanant avec bonne conscience, qu’il ne fallait pas faire preuve d’un nationalisme frileux. Il a été à gauche plus que tout autre, l’homme de ce système économique qui s’est effondré avec la Crise.

Sa nomination de Président du F.M.I. n’a été que la confirmation de son attachement au néolibéralisme et de sa soumission au nouvel ordre économique mondial et au libre-échange. Faut-il pour autant avoir peur qu’il devienne président si l’on s’en tient aux sondages ?

Il aura sûrement énormément de mal à se faire élire au parti socialiste constitué essentiellement de petits profs et de fonctionnaires retraités plus ou moins gâteux qui en sont encore à radoter sur Jaurès ou Louise Michel. Ils préféreront sans doute une Ségolène Royal et sa fra-ter-ni-té ou une Martine Aubry aux allures de maîtresse d’école qui donne des coups de règle, des références qui parlent bien à tous ces petits profs de gauche militants et influents au sein de leur parti. Pour eux, Strauss-Kahn n’est en rien une diva. Ils sont en cela cohérents avec eux-mêmes.

Strauss-Kahn est avant tout un ancien élève d’HEC formaté à être un bon baratineur, aimant l’argent de façon aussi grossière qu’un Sarkozy. Il est de plus soutenu à mort par sa communauté et la finance. Il avait fait un jour cette déclaration remplie de haine : « Le Pen a physiquement peur de Tapie. », en fin de compte, Strauss-Kahn parlait de Tapie comme une femelle qui mouille. Certes sa haine l’avait emporté…

En tout cas, à deux ans des élections, il est difficile de prédire. On a tellement vu de futurs présidents ne jamais devenir présidents de Chaban à Barre et Balladur ou Jospin. Ils ne pouvaient pourtant mathématiquement que gagner. La politique n’est jamais écrite d’avance.

Ce qui interviendra le plus dans le débat politique sera le déclin économique et industriel de notre pays que les Français vont ressentir de plus en plus dans leur chair. Les slogans du genre « Travailler plus pour gagner plus » ne pourront être répétés deux fois, plus personne n’y croit et cela ne fera rire personne. Les apologistes de la mondialisation heureuse comme Alain Minc, Guy Sorman ou Nicolas Baverez seront obligés de se taire ou de manger leur chapeau. Toutes leurs prédictions se sont révélées fausses. La réalité économique n’est pas devenue de plus en plus dure, elle est déjà effroyable. En deux ans, la France a perdu presque un million d’emplois dont 270.000 dans l’industrie. La France avant la crise perdait déjà 50.000 emplois par an dans le secteur industriel. Depuis des années le prix Nobel Maurice Allais mettait en garde les Français contre la destruction systématique de notre industrie qui a été complètement acceptée et parfois encouragée par la classe politique au pouvoir, de gauche comme de droite, l’Europe de Bruxelles et le néolibéralisme s’épaulant pour détruire l’économie de notre pays.

Patrice GROS-SUAUDEAU Statisticien-économiste 18 février 2010



Bilan d’une année de Sarkozysme
12 avril, 2010, 18:31
Classé dans : politique politicienne

En 2007, c’était donc la première fois qu’un vieux peuple comme le nôtre confiait son destin à quelqu’un qui n’était pas issu de ses entrailles, ni même de son élitisme républicain.

Le nouveau chef d’état n’est ni un intellectuel, ni un technocrate, ni un artiste créatif genre Barrès, ni même quelqu’un arrivé dans des circonstances exceptionnelles comme de Gaulle. Il a de plus un physique limité…

De nombreux français de souche doivent éprouver le sentiment bizarre d’avoir un chef d’état qui dans le fond ne leur est en rien « supérieur » et se poser la question en quoi peut-il être considéré comme un Français en plus beau pour nous représenter ? Tout ceci est sans doute le résultat d’un peuple qui ne croit plus en lui, en son école, qui ne croit en rien si ce n’est en l’argent et son culte qu’incarne parfaitement Sarkozy (bling-bling). Avec lui, c’est le cynisme absolu érigé en mode de vie.

Sa seule légitimité et son ressort furent une ambition démesurée due à des complexes liés à l’enfance. Point n’est besoin d’avoir fait dix ans d’études en psychologie pour le ressentir.

La réussite politique est parfois hélas une application de tous les instincts les plus bas : la flagornerie qui consiste dans son cas à faire la courbette là où il faut : les milliardaires du » CAC40, les puissants du moment,… Certains appellent cela « être brillant» ou « être un génie de la politique ».

Avec retard, les Français qui en politique font souvent preuve de naïveté et de niaiserie découvrent la personnalité de l’homme qu’ils ont élu : un pervers narcissique selon certains psychiatres, jugement qui pour une fois rejoint celui des non-psychiatres. Ceci bien sûr explique sa chute dans les sondages.

Pur produit de la « com », il a été élu en fin de compte sur un travail fait par ses conseillers en communication: faire vendre un produit guère extraordinaire mais qui ferait augmenter le pouvoir d’achat et faire passer Sarkozy pour un matamore de la sécurité et de l’immigration pour le peuple et un matamore du libéralisme pour les bourgeois.

Dans le système du capitalisme financier, pratiquement tout va aux actionnaires, le pouvoir d’achat des salariés ne peut donc augmenter et lorsqu’il augmente cela donne envie aux entreprises de délocaliser. Sarkozy le savait parfaitement mais la démocratie plus que jamais montre ce qu’elle est : « Faire des promesses, des promesses, et une fois élu, on explique aux électeurs pourquoi on ne peut tenir ses promesses ». Dans le cas présent cela se dit : « les caisses sont vides ».

Chez Sarkozy, tout est faux. Il appartient à l’espèce somme toute prolifique des politiques qui tel un vil Chirac ne font que lire des textes écrits par d’autres : « les lecteurs de prompteur » ou qui embauchent des « nègres » pour faire croire qu’ils écrivent des livres.

Lorsqu’il fustige mai 68, comme l’a justement et finement remarqué Cohn-Bendit, sa vie n’est en fin de compte que l’application du slogan soixante-huitard « jouir sans entrave » et même bruyamment en ameutant la presse.

On se demande parfois si le fait d’être président lui a surtout servi à retrouver une nouvelle femme. Ce nouveau couple de la mort (les Kennedy des pauvres) où chacun ridiculise l’autre tout en croyant que l’autre sert de faire-valoir, couple asymétrique guère esthétique à regarder et qui fait penser au couple grec Papandréou et sa Mimie.

Carla Bruni, femme de gauche qui se dit féministe, ne fait guère honneur à la condition féminine en reprenant l’image éculée de la femme qui se jette aux pieds de l’homme qui détient un pouvoir. Quant à Sarkozy, c’était bien la peine de choisir des ministres de petite taille comme Kouchner, Fillon ou Rachida Dati pour ne pas souffrir de la comparaison pour ensuite s’afficher en permanence aux bras d’une girafe aussi jolie soit-elle !

Quand ils s’affichent ensemble, on ne voit plus qu’elle,ce qui est un véritable défi à l’ego surdimensionné de Sarko.

Les Français n’ont d’ailleurs guère été gâtés par « leur » première dame de France. Cécilia Sarkozy avait déclaré qu’elle était fière de ne pas avoir une goutte de sang français dans les veines. Quant à Carla Bruni, elle a déclaré que les Français étaient des minables.

On a donc ici le stade ultime de la démocratie. Avant les élus étaient censés nous représenter et nous défendre. Maintenant on les élit pour se faire cracher dessus après.

La France n’appartient plus aux Français.

P. G-S Pour le Réveil de l’Anjou National 49 bulletin du FN 49



L’Occident entre l’Être et le Néant.
11 avril, 2010, 23:38
Classé dans : plus ou moins philo

La question de l’être a toujours taraudé l’Occident. Shakespeare fait dire à Hamlet « To be or not ta be » phrase que les lycéens récitent de façon mécanique mais qui ne peut vraiment être comprise dans toute sa plénitude et sa densité qu’après avoir lu Être et Temps de Martin Heidegger.

Ce philosophe allemand à interrogé et souvent choqué beaucoup d’Européens par son engagement politique qui ne peut sans doute être compris que dans une perception du nazisme, expression de l’Être de l’homme blanc dans toute sa radicalité. La fameuse phrase ; « la grandeur et la vérité interne du national-socialisme » a fait beaucoup réagir Jürgen Habermas.

Le corollaire de l’Être est le Néant et il a toujours obsédé l’homme blanc. Spengler le prophétisait déjà dans « le déclin de l’Occident ».

Le Néant aujourd’hui est représenté par la néantisation de la pensée que l’on décèle par la place accordée à l’anti-pensée, la parole donnée de façon presque exclusive à tout ce qui ne pense pas ( hommes et femmes de télé, du spectacle, top-models, chanteurs, hommes politiques qui ne recherchent que le consensuel et les voix … ).

La culture occidentale est fondamentalement une culture de l’Être à la différence des cultures africaines qui sont celles du groupe ou asiatiques qui nient le « Moi» ou l’étouffent.

Les philosophes comme Schopenhauer ou Nietzsche ont été les chantres de l’individualisme, de l’individu comme idéal : « faire de sa vie une œuvre d’art ».

On a dans le livre « aphorismes sur la sagesse dans la vie » une véritable apologie de la solitude inhérente selon l’auteur à l’épanouissement du «moi» ou de l’individu.

Après avoir imposé son être au reste du monde, l’Occident est actuellement dans une période de culpabilité qui tient à deux facteurs :

- la période post-coloniale où l’homme blanc a été accusé d’avoir exploité les indigènes et détruit leurs cultures

- le rappel incessant de la période nazie qui implique que toute exaltation de l’homme blanc et de ses représentations doit être bannie.

L’Occident doit même accueillir sur son sol tous les peuples du tiers-monde pour expier on ne sait quelles fautes passées, ce qui a comme conséquence fatale une néantisation de lui-même. Cette culpabilité a été développée par certains penseurs comme Sartre qui avait des raisons plus ou moins troubles de ne pas être fier de son statut de Français ou d’Européen.

Son engagement politique a sans doute été très lié à son corps disgracieux.

Tant ce qui vient d’ailleurs est surévalué comme par exemple les musiques africaines qui inondent l’Occident et peuvent provoquer de façon insidieuse une destruction de l’être de l’homme occidental. Ces expressions culturelles privilégient le groupe et nient l’individu. Les jeunes dont l’individualité n’est pas encore structurée sont les plus réceptifs à ce phénomène. Les religions et les philosophies à la mode sont celles qui viennent d’Asie, comme le bouddhisme car elles prônent le néant et offrent la jouissance de ne pas avoir à assumer son existence.

Tout est dilué dans tout. Elles sont bien sur de façon ridicule vantées par tout ce qui ne pense pas dans notre société ( acteur de cinéma, individus desséchés par une formation trop scientifique ou technique on).

Avoir de l’être, de la personnalité devient presque obscène à notre époque. On ne peut qu’être écolo, humaniste, pro-immigrés, s’auto-flageller en permanence …

La France et sa culture néantisante des droits de l’homme, son passé colonial et sa culpabilité liée à la seconde guerre mondiale pour avoir été une puissance vaincue et soi-disante collaboratrice, est sans doute le pays en Europe le plus au cœur de cette dialectique de l’Etre et du néant.

Les choix deviennent radicaux. Prôner l’être devient une position fasciste ou fascisante pour certains.

Dans cette course au néant, l’école ou l’éducation nationale y ont leur part puisqu’elles donnent aux jeunes Français une vision négative de leur identité. Ceci pose la question de la provenance du corps enseignant et pourquoi cette vision du monde est dominante (statut ou prestige de l’enseignant faible aux yeux de la société ? ).

Le combat de certains révisionnistes peut aussi s’expliquer par la volonté de déculpabiliser l’homme blanc qui puisse ainsi renouer avec son être.

La critique la plus fréquente faite à l’Occident est celle d’être trop matérialiste mais la matérialité n’est pas incompatible avec la spiritualité. Que veut-elle d’ailleurs dire lorsqu’on meurt de faim ? Les moines d’Occident et d’Orient vivent dans un cadre matériel architectural d’une grande beauté qui est propice au développement de leur spiritualité.

L’Occident ne retrouvera son être qu’en se déculpabilisant et en donnant la parole à ceux qui pensent l’être de l’Occident et non son néant.

PATRICE GROS-SUAUDEAU STATISTICIEN-ECONOMISTE



Qu’est-ce que l’ÊTRE de l’Occident ?
11 avril, 2010, 17:57
Classé dans : plus ou moins philo

Avec la controverse sur l’entrée de la Turquie dans l’union européenne, se pose plus que jamais la question de l’être de l’Occident.

Traditionnellement, on définit l’Occident comme la synthèse de la Grèce, de Rome et de Jérusalem. Cette définition omet¹ le monde celtogermanique qui, historiquement, a formé l’essentiel des peuples de cette civilisation. Les Celtes et les Germains, par leur esprit inventif, ont beaucoup apporté à l’Occident.

En tout cas, les trois pôles ne sont pas de poids égal. Le pôle le plus important est incontestablement² la Grèce, berceau de cet enseignement classique, qui visait à développer l’intelligence de la personne, tout en lui faisant prendre conscience de son identité, selon l’adage « Connais-toi toi-même ».

La «raison» est née dans ce pays. Elle s’exerce dans deux domaines : la Philosophie, amour de la connaissance (abstraite) qui comprend aussi bien les mathématiques que la métaphysique, et la Physique, étude du monde concret, qui exclut l’explication par le mythe et la religion. Ce que Max Weber appellera aussi plus tard le désenchantement du monde.

Quant à la métaphysique, elle est le questionnement perpétuel, ce qui la différencie de la démarche religieuse qui se fonde sur la vérité révélée, c’est-à-dire la réponse permanente.

Aristote et son école (le Lycée) donnèrent la première étude encyclopédique des connaissances et des activités humaines. Par définition, elle ne faisait aucune référence³ aux dieux. L’usage des mathématiques, où les Grecs excellèrent, commença pour la physique bien avant Galilée pour qui la langue de la nature est celle des mathématiques, ce qui est un postulat métaphysique.

Cet apport essentiel a fait dire à Paul Valéry : « Nous sommes tous Grecs ».

L’apport de Rome fut, bien sûr, celui du droit romain qui donna corps à la notion de personne. Individu et Occident sont intimement liés. Les philosophies qui exaltent l’individu ont été particulièrement développées chez des penseurs comme Kierkegaard (l’absoluité de ma subjectivité) ou Nietzsche. Il y a une construction et une valorisation du «MOI» en Occident. Chez les Américains d’aujourd’hui, l’importance donnée au droit dans la société en fait⁴ les successeurs des Romains. Le christianisme, bien sûr, donnera beaucoup d’importance à la notion de personne avec, entre autres, la notion de libre-arbitre que l’on trouve dans la doctrine catholique. La pensée occidentale fut essentiellement une pensée de l’être.

Le troisième pôle fut Jérusalem. Le judaïsme, comme chacun sait, est la racine du christianisme. Dans le décalogue se trouve l’essentiel⁵ de la conduite morale. Le génie du christianisme fut de réaliser la synthèse du message chrétien et de la philosophie grecque dans la doctrine chrétienne, ce qui fut fait par les Pères de l’Eglise comme, par exemple, Saint Augustin ou Saint Thomas d’Aquin. Mais il ne faut pas oublier que l’Europe chrétienne s’est constituée à partir de la conversion de l’Empire Romain, et que toutes les essais de fonder une Europe politiquement unie y font référence : Charlemagne se fait couronner empereur en l’an 800 ; souvenez vous du Saint Empire Romain Germanique auquel Bonaparte mit fin, après s’être couronné lui-même empereur.

Cette définition de l’Occident amène quelques questions. Le nazisme était-il d’essence occidentale? Les nazis ont voulu remplacer le pôle Jérusalem par la germanité qui est niée dans la définition donnée plus haut. Même si l’adéquation Nietzsche-nazisme est trouble, le penseur de Leipzig, par son œuvre, a voulu détruire la composante judéo-chrétienne de l’Occident.

L’Europe monarchique⁶ qui réunissait les trois pôles a constitué l’Occident, même si⁷ elle n’avait pas la forme démocratique actuelle. La forme politique que peut avoir l’Occident peut avoir varié au cours de l’Histoire, les fondamentaux ont toujours été les mêmes.

L’amour entre deux êtres, comme l’a écrit Denis de Rougemont, ne pouvait naître qu’en Occident. Il fallait que la femme fût considérée comme une personne. Les plus beaux écrits sur l’amour⁸ viennent des contes celtiques comme Tristan et Yseult. L’amour sera sublimé dans le romantisme avec comme point d’orgue, des chefs-d’œuvre comme le Grand Meaulnes d’Alain Fournier. « Le romantisme est une maladie », écrivait Gœthe qui s’y connaissait pour l’avoir éprouvé.

L’Occident subit actuellement des menaces de toutes parts, la menace la plus importante venant de l’islam (cf. Huntington). On dit souvent que l’islam est incompatible avec les notions de république ou de démocratie. L’incompatibilité est encore plus fondamentale puisque l’islam s’oppose à la raison aussi bien scientifique que philosophique. « L’islam est l’ennemi de la raison » (Diderot). La science ne s’est pas durablement enracinée dans la civilisation musulmane. La seule connaissance absolue est celle du Coran. L’islam s’oppose aussi à la notion de personne comme le rappelait le poète libanais Adûnîs. L’islam est collectiviste. La personne est étouffée, et même niée. L’apostasie est interdite, ce qui est la négation de la liberté. Le multiculturalisme prôné comme un gadget par le politiquement correct n’a donc aucun sens puisque cela revient à mélanger l’eau et le feu.

L’Occident est la seule civilisation qui donne autant d’importance à la notion de personne, si on le compare aux autres «civilisations» (africaine, asiatique, musulmane), le bouddhisme ne relevant que du non-être.

L’importante communauté musulmane qui existe en Europe ne peut qu’engendrer des problèmes qui iront croissant. L’installation de nombreux lieux de culte prônée par certains fera que l’Occident ne sera plus tout à fait lui-même. La liberté d’expression est déjà remise en question, comme le montrent, en Hollande l’assassinat de Théo Van Gogh, et tout récemment le vacarme médiatique au sujet des caricatures de Mahomet.

L’Occident a aussi ses ennemis de l’intérieur. La gauche a historiquement eu un rôle anti-occidental, comme le soulignait Oriana Fallaci, pourtant antifasciste aux idées de gauche. On peut donner comme première explication l’expression d’un ressentiment des classes dominées, mais la gauche a toujours eu un fond de collectivisme⁹ ce qui la rend proche par certains côtés de l’islam. La conversion à l’islam de Roger Garaudy, homme qui venait du communisme, est donc explicable.

République et démocratie ne sont que des expressions temporaires de l’Occident. Il faut aller au delà et défendre les valeurs mêmes de notre civilisation et ceci sans la moindre concession.

Nous conclurons en disant que cette analyse pose aussi la question de savoir si un grand pays musulman comme la Turquie a vraiment sa place dans un ensemble européen et avant tout occidental. Pour ouvrir un dialogue de civilisations, faut-il encore que chacun reste soi-même et ne se dissolve pas en un magma innommable.

PATRICE GROS-SUAUDEAU¹⁰  pour Vendée-Fidélité, février 2006

Notes

¹ Omission relative, dans la mesure où Rome transmet les valeurs essentielles de la société indo-européenne.
² Pour ma part, je donnerais la première place à Rome, fondatrice du Droit international.

³ Aristote étudie le monde sensible, sans poser la question métaphysique qui, pour lui, est hors du sujet.
⁴ Ce n’est qu’une apparence, car ils s’attachent à la lettre au détriment de l’esprit, ce qui est contraire à la tradition romaine.

⁵ Les prescriptions du Décalogue concordent avec la Loi divine, Fas, qui, pour les Romains, prévalait toujours sur la Loi humaine, Jus.
⁶ C’est-à-dire l’Europe chrétienne.

⁷ Je dirais plutôt «parce que… »
⁸ La littérature latine nous offre des textes sublimes qui traitent de l’amour, chez Catulle, Virgile, Properce, Tibulle et évidemment Ovide, qui connut une grande vogue au Moyen Âge.

⁹ Toute la «pédagogie» qui sévit sur l’enseignement officiel a pour but de réduire la personne à un individu isolé et désarmé, sans racines, sans famille, sans mémoire, sans pensée.

¹⁰ Les notes sont de Youri Kouskoff.



La religion de la tolérance
9 avril, 2010, 16:43
Classé dans : plus ou moins philo

La religion officielle d’État est actuellement celle de la tolérance. Qu’est-elle vraiment ? On ne sait pas trop la définir, ce qu’elle contient mais tout doit être soumis à ce nouvel impératif catégorique : « il faut être tolérant ». Celui qui ne l’est pas ou considéré comme tel est donc taxé d’anti-démocrate, antirépublicain, ennemi de la cité, voire fasciste ou raciste (c’est-à-dire la lèpre).

De façon pragmatique on peut définir la tolérance comme un ensemble de valeurs partagées par un groupe d’individus (la plupart du temps dominant les média) et déclarant comme intolérables les idées de ceux qui ne partagent pas les valeurs ou idées de ce groupe.

En allant au-delà de cette vision empirique, la tolérance se veut comme une attitude foncièrement égalitaire et non conflictuelle, ce qui s’oppose à tout ce qui a construit l’homme jusqu’à nos jours : le conflit et la hiérarchie. Tout se vaut : les opinions, les êtres, les choses …

On n’a d’ailleurs plus la force d’affirmer ou refuser : « J’accepte tout puisque je ne suis maître de rien ».

On peut à ce sujet distinguer la tolérance sur les idées, encore facile à pratiquer puisque la diversité des idées est la base même de toute discussion avec comme objectif idéal pour chaque interlocuteur de parvenir à amener l’autre à ses propres opinions. On peut aussi arriver à un accord d’opinions selon un schéma dialectique semblable à celui qui existe dans le beau dialogue se trouvant dans le neveu de Rameau de Diderot. La tolérance sur les êtres est plus forte et profonde car on ne peut changer les personnes (l’homosexualité, la race sont des états irréversibles).

Pour notre société, la tolérance est l’idéal absolu à atteindre et il ne saurait en être autrement.

Et pourtant, toute la culture occidentale fondée depuis les Grecs sur le développement de la philosophie et des sciences est liée à une démarche intellectuelle non tolérante.

La recherche de la vérité consiste à sans cesse détruire (ne serait-ce que dans sa tête) ce qu’on considère comme faux et avancer ainsi. Tout n’est pas égal et on ne donne pas la même importance à l’épistémé (la science) et à la doxa (opinion commune).

Certains philosophes des sciences comme FEYERABEND l’ont compris et ont voulu tout relativiser puisque pour eux « tout est bon » et la science n’est pas un discours supérieur.

Si on s’en tient à une définition nietzschéenne et même moderne de la vérité, celle-ci ne traduit que les rapports de force actuels et on s’aperçoit que cette définition n’a pas grand chose à voir avec l’idée de tolérance.

Dans le fameux passage de Hegel sur la dialectique du maître et de l’esclave, l’homme combat pour obtenir sa reconnaissance. Or dans une société où «baigne» l’idéologie de la tolérance, il n’a plus à lutter puisque celle-ci lui est a priori donnée même de façon sommaire. Pour la consolider, on crée sans cesse « une nouvelle loi ».

François Léotard a proposé qu’on légifère pour combattre les propos sur les homosexuels comme sont combattus les propos contre les juifs, les noirs, les arabes … On en viendra à légiférer contre les propos sur les immigrés, les pompiers, les policiers, les fonctionnaires «inutiles», les mongoliens …

Tout homme choisit sa façon d’être et tout choix est hiérarchisant. Comme le fait de décider ce qui est laid ou beau. Certains ont même dit que la beauté est fascisante et ils n’ont pas tout à fait tort. Une femme très belle dit implicitement aux autres qu’elles sont laides.

Notre société ambivalente, qui appelle sans cesse à la tolérance et au respect de l’autre, n’a jamais créé autant d’exclus économiques. Fondée sur l’ordre marchand, elle hiérarchise tout par le biais monétaire : la beauté, les aptitudes, la compétence …

La tolérance ne serait en fin de compte qu’une invention créée par certains hommes pour en exclure d’autres, ceux qui sont frappés par l’étiquette infamante d’extrémistes.

PATRICE GROS-SUAUDEAU



ERNST JÜNGER : HOMMAGE AU VIEUX SOLDAT
9 avril, 2010, 16:37
Classé dans : plus ou moins philo,politico-historique

 

Dans sa cent troisième année, l’ancien combattant de la guerre 14-18 est mort. L’écrivain allemand au beau visage distingué avait presque traversé dans sa totalité le XXe siècle (il était né en 1895 dans la ville célébrissime de Heilejberg).

Son oeuvre et son engagement politique d’avant la seconde guerre furent controversés et il a du subir la bave haineuse de la gauche allemande, même si l’écrivain devait en rire avec morgue en pensant que François Mitterrand l’admirait beaucoup, qui n’avait sans doute pas compris dans toute sa profondeur la portée politique et idéologique de l’oeuvre.

L’ancien soldat de retour du front avait écrit « Orages d’acier », livre qui exaltait la guerre. Elle permettait à l’ homme de se réaliser, de se métamorphoser et de se confronter au plus grand des » défis. Elle est en quelque sorte la mère de l’ homme (« la guerre notre mère »). Cela nous rappelle Mussolini lorsqu’il en vantait aussi les vertus curatives : « elle guérit de la tremblote ». L’idéal guerrier et chevaleresque, sa spiritualité inhérente étaient loués au plus haut point. Jünger dans son livre « La mobilisation totale » avait même inversé Clausewitz, la politique devenant la continuation de la guerre.

À notre époque, où la guerre peut devenir une guerre presse-bouton, l’idéal guerrier n’est pourtant pas mort. Nous devons être des guerriers politiques, culturels et idéologiques. De nos jours il n’ y a plus de front. Le combat est partout dans nos villes, nos banlieues, nos quartiers, nos rues, nos immeubles, à l’école et au travail…

Jünger était avant tout un écrivain mais avait un peu étudié la philosophie. On ne peut parler de lui sans faire référence aux deux philosophes assez proches sur le plan politique (avec bien sûr des nuances) Nietzsche et Heidegger. On trouve des thèmes récurrents aux uns et aux autres assez proches. Jünger avait, bien sûr, lu Nietzsche et avait personnellement connu Martin Heidegger (ils habitaient la même région : le Bade-Wurtemberg en pays Souabe).

L’idéal guerrier s’accompagne, bien évidemment du mépris pour le bourgeois : peureux, couard, grelotteux, sans spiritualité, politiquement libéral-démocrate, dont le seul but dans la vie est la recherche de la sécurité, du confort, et du bien-être matériel. Tout ceci s’oppose aux valeurs héroïques du soldat : le courage, l’audace, l’acceptation du risque et de la hiérarchie. Le guerrier possède et domine cette violence parfois nécessaire pour accoucher de l’être, ceci s’appelle l’impératif ontologique de la violence.

Le bourgeois incarne socialement le nihilisme européen, terme clé que nous allons expliciter. La peste spirituelle de l’Europe est le nihilisme. La France et sa culture drouadelhomesque, avec ses idéaux de gauche qui ont même empoisonné la Droite en est le plus bel exemple et sans doute le pays le plus avancé dans ce domaine de décomposition spirituelle.

Les idéaux français ou européens des «lumières» : droits de l’homme, raison, idéal scientiste, universalisme, économisme, moralité kantienne, conception abstraite de l’homme auquel on nie tout aspect charnel, égalitarisme qui implique la suspicion haineuse envers tout ce qui est créateur et libre. Bref, tout ce qui globalement recouvre le terme consacré : « les valeurs républicaines ». Idéaux qui aboutissent de façon inexorable vers la haine de soi, le masochisme, un goût morbide pour tout ce qui est mortifère et l’apologie de tout ce qui détruit notre culture, notre pays, notre peuple.

Les symptômes actuels de ce nihilisme sont une partie de la jeunesse blanche qui renie son pays, sa culture et se réfugie dans la drogue, le sexe, la débauche.

Nietzsche avait parfaitement vu que ces valeurs elles-mêmes étaient, conformément à leur essence, intrinsèquement nihilistes, que leur état actuel de décomposition (voir la France actuelle) reflète leur potentiel de départ (et que cela ne vient pas comme le croit encore certains idéologues de gauche d’une baisse de l’idéal initial). Jünger et Heidegger par leur engagement politique de départ, même s’ils ont un peu divergé après, ont donc voulu dépasser le nihilisme européen : « là où croit le danger, croît aussi ce qui sauve ». Cette phrase résolument optimiste d’ Höderlin redonnait espoir à Jünger et à Heidegger.

L’engagement nationaliste était une façon de s’opposer sous une forme authentique au nihilisme européen qui obsédait tant les penseurs de génie européens. Pour eux, seule l’Allemagne pouvait avoir cette mission de renouveau spirituel. La défaite momentanée des mouvements nationalistes des années trente ne doit pas faire oublier leur origine intellectuelle, spirituelle et philosophique, le problème étant loin d’être réglé. Le nihilisme européen a atteint en France et en Europe le paroxysme. Et seul un mouvement nationaliste et spirituel fort pourra répondre à cette menace persistante pour l’avenir de la France, de l’Europe et de l’Occident.

par Patrice GROS – SUAUDEAU   mai – juin 1998 dans le GLAIVE



KEYNÉSIENS ET MONÉTARISTES
9 avril, 2010, 16:30
Classé dans : économie et finance

Il semble de plus en plus insupportable à une majorité de Français qu’un pays comme le nôtre avec son niveau économique, scientifique, technologique, ainsi qu’agricole, connaisse le marasme et le chômage comme actuellement.

Les raisons en sont une immigration qui continue et s’aggrave ainsi que la construction européenne due au traité de Maastricht. L’INSEE prévoit encore une forte augmentation du chômage en : 2008. Il faut savoir aussi que derrière cette construction européenne toute possibilité de politique économique nationale a été abandonnée.

Le principal débat entre les différentes théories ou visions économiques du monde a été celui qui a opposé keynésiens ou néo-keynésiens et monétaristes. Dans ce débat théorique les keynésiens semblent avoir abdiqué mais les faits et résultats sont pourtant là pour démontrer la validité de leur vision du monde.

Même lorsque cela est caché, on applique en fin de compte une politique de relance keynésienne. Ainsi la reprise américaine en 1982 a-t-elle été obtenue par un déficit budgétaire financé par création monétaire.

Le monétarisme, lui, est une version infantile du scientisme pour qui le réel se trouve dans des équations mathématiques ou une théorie, le budget de l’État se gérant comme un porte-monnaie individuel. On a, là, le raisonnement le plus naïf pour ne pas dire niais que l’on puisse avoir.

Ce n’est sans doute pas un hasard si le Ministre de l’Économie actuelle qui s’est rallié aux thèses monétaristes a une formation de comptable (un sou est un sou), toute idée de déficit budgétaire ne pouvant que le traumatiser.

Soulignons au passage la mesure la plus grave et la plus dramatique prise par son prédécesseur Edmond Alphandery, c’est-à-dire la fin du lien entre la Banque de France et le gouvernement. Pour la première fois dans son histoire, la France perdait sa souveraineté économique qui dans un deuxième temps se trouvera à Frankfort. En «bon» monétariste Edmond Alphandery a pris cette mesure car c’est écrit ainsi dans les livres d’économie qui se réfèrent à ce courant.

La pensée keynésienne ne se prétend pas être le réel mais un modèle opératoire pragmatique où l’économie est analysée en termes de circuit et où sont intégrés tous les phénomènes psychologiques, humains, sociaux et même affectifs (confiance, audace d’entreprendre ou d’investir, projection dans le futur… ) propres à toute activité économique faite par des hommes. Pour Keynes les agents économiques ne sont pas tous égaux puisque l’activité économique dépend avant tout des entrepreneurs et de leurs états d’âme (qui ont comme conséquence leur anticipation dans les projets escomptés d’où vient la décision d’investir).

Toujours est-il que, sous la pression de l’Allemagne, la théorie monétariste avec comme conséquence l’aggravation du chômage a été adoptée avec un intégrisme stupéfiant. On donne plusieurs explications, plus psychologiques que rationnelles, à la préférence des Allemands pour la théorie monétariste. Ils ont, en effet, connu l’inflation de la République de Weimar, et sans doute aussi, même si on réveille un tabou, la seule politique keynésienne parfaitement réussie que l’on connaisse a été effectuée par les nazis au début du 3e Reich, alors que le livre majeur de Keynes, « La théorie générale de l’emploi de l’intérêt et de la monnaie » n’avait même pas été publié, ce qui d’ailleurs laisse à penser que les idées suivent plus souvent la pratique que l’inverse.  

Cette politique keynésienne sous l’impulsion de Schacht, ministre de l’économie sous Hitler, s’est faite avec un programme de grands travaux et une injection monétaire massive dans l’économie, grâce à un système de traites (MEFO) garanties par l’État, remises par les industriels à leurs fournisseurs et qui circulèrent comme une véritable monnaie.

Les résultats ont été foudroyants. En quelques années l’Allemagne est passée de 6 millions de chômeurs à un nombre négligeable. Ceci a été réalisé grâce â un contrôle des changes et une économie fondée sur l’AUTARCIE. Cette autarcie ne s’est pas faite sans mal puisque l’agriculture n’était pas très développée en Allemagne. L’industrie chimique a fabriqué de l’essence synthétique pour obtenir une indépendance énergétique. Pour ce qui est du domaine commercial, on a eu recours au clearing : à toute importation de l’étranger doit correspondre une exportation de même valeur dans le pays intéressé. L’Allemagne, en plus de son chômage résorbé, est devenue la deuxième puissance industrielle du monde. Le réarmement n’est surtout intervenu qu’après, de façon importante, une fois la machine économique remise en route.

La question fondamentale qui se pose est la suivante : pourquoi l’économiste Schacht sous le 3e Reich a si bien réussi et que les socialistes français lorsqu’ils sont arrivés au pouvoir en 1982 ont échoué ? Pour la raison très simple que la contrainte extérieure n’existait pas au temps de l’Allemagne n…, à cause du rétablissement du contrôle des changes et d’une économie tendant à l’autarcie.

Si la France veut de nouveau créer les conditions d’une politique keynésienne réussie, il faudra le maintien d’une monnaie nationale et le contrôle par l’État de la Banque de France afin de pouvoir donner les impulsions économiques nécessaires. Le rétablissement de la notion de frontière sera une priorité. Une frontière au sens moderne n’est pas une muraille de Chine mais une membrane vivante qui permet de réguler (vis à vis de cet organisme qu’est la nation) le plus intelligemment possible, en fonction des intérêts du pays et du moment, les flux des biens et des personnes. Un protectionnisme éclairé permettra d’obtenir cet objectif d’une balance commerciale équilibrée auquel devra s’ajouter un contrôle strict des flux migratoires.

Un député UDF avait écrit qu’il fallait accepter la dure loi du libre échange et de la concurrence totale car autrement la France retournerait au Moyen âge ou serait dans la même situation que l’Albanie. Il faut comprendre tout ce qu’il y a de mensonger et d’hypocrite dans cette affirmation lorsque l’on sait que les deux pays capitalistes actuels les plus puissants et les plus modernes au monde (États-Unis et Japon) sont dans la pratique dans une situation économique de quasi autarcie vu le très faible pourcentage de leurs importations du à un système de protectionnisme déguisé.

Toutes ces mesures dans le fond relativement simples permettraient à notre pays de résorber son chômage dans un délai assez court. Lorsque l’emploi sera de nouveau suffisant, le protectionnisme pourra être allégé au fur et à mesure de la situation. La construction européenne maastrichienne actuelle, basée sur le monétarisme et la non intervention de l’État, est d’autant plus traumatisante et déstabilisante pour la France, vu son passé et sa tradition en ce domaine. C’est par une politique résolument nationale qui sorte de la spirale mortifère de Maastricht que la France résoudra la plus grande tragédie qui se pose à elle actuellement.

par Patrice GROS-SUAUDEAU (remis à jour en 2007)



Sortir de l’Euro
7 avril, 2010, 23:36
Classé dans : concernant l'Europe,économie et finance

L’Euro, monnaie aux dessins franc-maçonniques, a surtout été pensé par une technocratie française nourrie d’abstractions, qu’elle soit de gauche ou de droite, si ces deux mots ont encore un sens.

L’Europe étant le sens de l’Histoire, la nation un concept ringard pour nostalgiques, toute réalisation qui allait dans un sens européiste ne pouvait être définie que comme bonne.

La monnaie unique a été fanatiquement défendue par des hommes politiques de différents partis comme Balladur, Delors, Giscard, Strauss-Kahn, Bayrou ou Mitterrand… la liste étant trop longue. L’idéologie post-nationale a fait ses ravages.

Sur le plan économique (on en revient toujours aux fondamentaux), à qui rapporte l’Euro ? A pas grand monde, si ce n’est quelques rentiers et financiers et les grands patrons allemands qui profitent de la politique de désinflation compétitive mise en place par le gouvernement allemand. Un euro fort permet pour eux d’externaliser et d’acheter aussi à bas coût.

Hormis cette minorité, il faut reconnaître que l’Euro a eu un effet très nuisible sur l’économie de la France, de l’Italie, et même pour le peuple allemand. Ceci est bien sûr un tabou de le dire et surtout d’insister. L’Euro tient encore pour plusieurs raisons. Il bénéficie de de la tyrannie du statu quo et de la difficulté technique à remettre les monnaies nationales. Revenir aux monnaies nationales reviendrait aussi à dire que les technocrates qui nous gouvernent se sont trompés, eux qui ont toujours considéré qu’ils appartenaient à « ceux qui savent » par opposition au peuple ignare. La construction européenne donne aussi aux dirigeants politiques le sentiment d’avoir quelque chose à faire et de jouer un spectacle aux yeux de l’opinion qui les légitime, même si cela finit par lasser depuis le temps qu’il dure.

Il y a donc un véritable blocage psychologique lorsqu’on aborde la question de l’Euro de reconnaître que les «élites» ont inventé une usine à gaz qui a asphyxié les économies de la France et de l’Italie et qui continue à détruire leur industrie. Ce n’est pas du populisme, terme méprisant venant de la classe politique, de dire cela. Cela se compte en chômage, drames humains, délocalisations, croissance atone… L’Euro a été le symbole de l’Europe néo-libérale qui aussi s’est effondrée avec la crise, ce néo-libéralisme ayant été voté par le traité de Maastricht.

De nombreux économistes comme Friedmann ou Mundell avaient pourtant prévu que l’Euro était une mauvaise idée, étant données les différences énormes entre les économies des différents pays appelés à faire partie de la zone Euro. On a mis cela sur le compte d’une vision pro-américaine anti-européenne. Pour qu’une zone monétaire soit viable, Mundell définissait quatre critères: homogénéité des pays, flexibilité des salaires, mobilité des personnes, et budget commun conséquent. Si ces critères étaient vérifiés par les Etats-Unis d’Amérique, ils ne l’étaient évidemment pas pour l’Europe, en plus de la diversité des langues. La mise en place de l’Euro a curieusement exacerbé les différences et antagonismes économiques des différents pays.

L’Allemagne a utilisé l’Euro à des fins personnelles, au détriment de la France et de l’Italie et même des autres pays de la zone Euro. Cela a détruit massivement les industries françaises et italiennes. Avec la crise grecque, l’Allemagne est plus dominatrice que jamais en donnant des leçons aux Grecs qui avaient caché leurs déficits. A ces méchancetés allemandes, Papandréou avait répond finement : « Les Grecs n’ont pas la corruption dans leurs gènes, tout comme les Allemands n’ont pas le nazisme dans les leurs ». Toutes ces petites phrases assassines montrent que loin de faire taire les nationalismes, la construction européenne les a exacerbés. On fait grand cas des pays baItes qui frappent à la porte de la zone Euro, comme si cela était un signe de la bonne santé de l’Euro, mais cela ne se traduira pour la France et l’Italie au final qu’en délocalisations et perte d’emplois, en concurrence avec des pays aux salaires plus bas, d’où une nouvelle spirale mortifère pour ces deux pays.

En conclusion, nous dirons que la crise économique n’a fait qu’accélérer la déconfiture de l’Euro et que tout manque de décision se paiera tôt ou tard très cher pour la classe politique, gauche comprise, qui a accepté l’essentiel des règles économiques actuelles. Le capitalisme financier et sa monnaie symbolique sur notre continent, l’Euro, sont à l’agonie. La seule politique économique qui est offerte aux Français est : « Aujourd’hui est moins bien qu’hier et demain sera pire qu’aujourd’hui ». Le soi-disant volontarisme sarkoziste n’y changera rien, la cote actuelle de Fillon venant du fait que ne faisant rien, il n’est responsable de rien.

Patrice GROS-SUAUDEAU Statisticien-économiste


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